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La planification successorale au Canada: ce que c'est, comment elle fonctionne, son importance, ses coûts

La planification successorale est le processus consistant à organiser la préservation, la gestion et la distribution des biens au décès ou en cas d'inaptitude. Au Canada, elle repose sur la disposition réputée au décès, sur des règles d'homologation provinciales qui diffèrent nettement entre le Québec et les provinces de common law, et sur des désignations de bénéficiaire qui passent entièrement à l'extérieur de la succession.

La planification successorale est un processus essentiel qui dépasse largement la rédaction d'un simple testament. Ce guide couvre les aspects essentiels de la planification successorale au Canada, de la compréhension de ce qu'elle est et de son fonctionnement jusqu'au moment de commencer et à ce qu'elle coûte. Il examine pourquoi la planification successorale importe pour que vos volontés soient respectées, pour réduire les charges fiscales, et pour assurer une transmission ordonnée à vos héritiers.

Vous y trouverez les documents qu'exige un plan successoral complet, y compris les testaments, les procurations et les directives médicales anticipées, ainsi que des considérations pratiques comme le moment de mettre un plan à jour, la façon de trouver un professionnel qualifié, et ce que les familles recomposées doivent traiter différemment.

Qu'est-ce que la planification successorale?

La planification successorale est le processus consistant à organiser la préservation, la gestion et la distribution de vos actifs financiers et de vos biens immobiliers après votre décès ou en cas d'inaptitude. Elle suppose de créer des documents juridiques énonçant vos volontés quant à vos biens, à vos décisions en matière de soins de santé et à la garde d'enfants mineurs, tout en tenant compte des conséquences fiscales du transfert des actifs.

Selon un sondage Angus Reid de 2023, seulement 51 % des Canadiens ont un testament, ce qui laisse 49 % des adultes sans plan successoral formel malgré un patrimoine moyen de 329 000 $ par ménage, en date de 2023. Comme l'a formulé Elena Hoffstein, associée chez Miller Thomson LLP, la planification successorale n'est pas réservée aux gens fortunés. C'est une protection essentielle pour quiconque veut maîtriser ce qu'il adviendra de ses biens et de ses proches lorsqu'il ne sera plus en mesure de prendre ces décisions.

Une distinction gouverne tout ce qui suit, et la plupart des guides l'enfouissent. Certains biens passent par votre succession et sont régis par votre testament. D'autres passent à l'extérieur de celle-ci, par désignation ou par survie, et votre testament n'y touche pas. Un capital-décès assorti d'un bénéficiaire désigné appartient à la seconde catégorie. Il en va de même d'un régime enregistré comportant un bénéficiaire désigné, à l'extérieur du Québec. Il en va de même d'un bien détenu en tenance conjointe, encore une fois à l'extérieur du Québec.

Cela signifie qu'une personne peut avoir un testament soigneusement rédigé et voir tout de même l'essentiel de son patrimoine distribué par des documents signés des années plus tôt et jamais révisés.

Comment fonctionne la planification successorale?

La planification successorale fonctionne par la création et la tenue à jour de documents qui dirigent la gestion et la distribution de vos biens conformément à vos volontés. Le processus commence habituellement par un inventaire des actifs, qui s'élèvent en moyenne à 682 900 $ par ménage canadien en date de 2024, suivi de la détermination des bénéficiaires, du choix d'une personne détenant le contrôle juridique, et de la rédaction des documents nécessaires avec un juriste en successions dont les honoraires se situent en moyenne entre 1 800 $ et 3 500 $ pour un plan de base.

Comme l'a observé Margaret O'Sullivan, associée directrice chez O'Sullivan Estate Lawyers et spécialiste agréée en droit des successions et des fiducies, une planification successorale efficace est un processus continu exigeant une révision régulière à mesure que la situation familiale, la situation financière et les exigences légales évoluent.

La personne détenant le contrôle juridique porte des noms différents selon l'endroit. Dans les provinces de common law, il s'agit d'un exécuteur testamentaire, ou dans certaines provinces d'un fiduciaire successoral. Au Québec, il s'agit d'un liquidateur, nommé en vertu du Code civil, et ses pouvoirs et obligations sont énoncés au Code plutôt que tirés du seul testament. La distinction n'est pas cosmétique: les devoirs du liquidateur, les délais et les exigences de reddition de compte diffèrent.

L'ordre dans lequel les choses se produisent compte également. La disposition réputée, la demande d'homologation lorsqu'elle est requise, le paiement des dettes et des impôts, et alors seulement la distribution aux bénéficiaires. Une succession manquant de liquidités à la deuxième ou à la troisième de ces étapes vendra des biens pour s'en procurer, fréquemment au mauvais moment et fréquemment le bien que la famille tenait le plus à garder.

Pourquoi la planification successorale est-elle importante?

La planification successorale importe parce qu'elle fait en sorte que vos biens soient distribués conformément à vos volontés tout en réduisant les complications fiscales et juridiques pour ceux que vous laissez derrière. Elle évite le processus d'homologation, qui prend de 12 à 18 mois au Canada et coûte entre 5 % et 7 % de la valeur totale de la succession, ce qui peut faire économiser des sommes importantes aux familles sur des successions de 500 000 $ ou plus grâce à des désignations de bénéficiaire appropriées.

Comme l'a dit Jordan Atin, juriste en planification successorale et auteur de The Family War: Winning the Inheritance Battle, sans planification successorale appropriée, vous laissez essentiellement les lois provinciales et les tribunaux d'homologation décider de ce qu'il adviendra de tout ce pour quoi vous avez travaillé, ce qui correspond rarement à ce que la plupart des gens auraient voulu.

Faire respecter vos volontés

La planification successorale fait respecter vos volontés funéraires et vos décisions en matière de soins de santé en créant des documents juridiquement contraignants qui expriment clairement vos intentions quant au transfert de vos biens, aux soins personnels et à la tutelle des enfants mineurs. Un plan successoral correctement établi empêche que vos biens soient distribués selon les règles provinciales de succession ab intestat, qui diffèrent d'une province et d'un territoire à l'autre et peuvent n'attribuer que de 30 % à 50 % des biens au conjoint survivant, le reste allant aux enfants ou à d'autres proches sans égard à la structure réelle de votre famille.

L'absence de testament n'est pas un choix par défaut neutre. C'est une formule écrite pour le cas moyen, appliquée au vôtre. Elle ne prévoit rien pour un conjoint de fait dans plusieurs provinces, rien pour un enfant du conjoint que vous avez élevé, et rien pour la personne que vous auriez choisie pour administrer la succession.

Réduire les charges fiscales

La planification successorale réduit les charges fiscales en mettant en œuvre des stratégies qui minimisent les frais d'homologation, les gains en capital et l'impôt sur le revenu qui pourraient autrement diminuer la valeur des biens transmis aux bénéficiaires. Une planification stratégique peut aider les bénéficiaires à atténuer les effets de la disposition réputée au décès, qui déclenche l'impôt sur les gains en capital à l'égard de la plus-value des biens, avec des taux combinés variant selon la province de résidence.

La disposition réputée est le mécanisme qu'il vaut la peine de bien comprendre. Le droit fiscal canadien traite la plupart des biens en immobilisation comme ayant été vendus à la juste valeur marchande immédiatement avant le décès. Un chalet acheté il y a des décennies, un portefeuille de titres, des actions d'une société privée: tous sont réputés vendus, et le gain est imposable dans la déclaration finale.

Rien n'a réellement été vendu. Aucun argent n'est entré. L'impôt est dû quand même.

C'est pourquoi la liquidité, plutôt que la croissance, est la question successorale à laquelle l'assurance répond réellement. Un capital-décès arrive au moment où la dette arrive, et c'est la raison pour laquelle une famille peut conserver un bien au lieu de le vendre pour payer une facture fiscale déclenchée par un décès.

Un roulement au conjoint reporte, il ne remet pas. Les biens transmis à un conjoint ou à une fiducie exclusive au conjoint admissible sont généralement transférés au coût, de sorte qu'aucun gain ne survient au premier décès. Il survient au second. Les plans bâtis autour du premier décès ignorent fréquemment ce qui attend au second.

Assurer une transmission ordonnée

La planification successorale assure une transmission ordonnée en établissant des directives claires pour la gestion des biens, les affaires de l'entreprise et les décisions de soins anticipées avant qu'elles ne soient nécessaires. Un plan de relève complet peut réduire sensiblement le processus d'homologation et prévenir les différends familiaux, qui touchent 46 % des successions et mènent à des litiges dans 18 % des cas, selon un sondage de Canadian Legal Wills mené en 2023.

La plupart des différends ne portent pas sur l'argent. Ils portent sur une décision que personne n'a expliquée. Un enfant qui reçoit moins qu'un frère ou une sœur pour une raison qui avait du sens et qui n'a jamais été consignée. Un bien promis verbalement et légué ailleurs dans un testament. La planification successorale la moins coûteuse qui soit est une lettre, conservée avec le testament, expliquant pourquoi le plan est ce qu'il est.

De quels documents ai-je besoin pour la planification successorale?

La planification successorale exige plusieurs documents essentiels, dont un testament, des procurations, un plan de soins anticipés, et possiblement une fiducie selon votre situation. Les documents fondamentaux comprennent un testament, utilisé par 72 % des Canadiens ayant un plan successoral, des directives médicales anticipées, mises en place par seulement 38 % des adultes, une procuration perpétuelle, utilisée par 35 % des Canadiens, et des fiducies testamentaires, établies par 26 % des personnes détenant des actifs de plus de 300 000 $.

Comme l'a souligné Barry Fish, cofondateur de Fish & Associates, les quatre documents fondamentaux dont chaque adulte canadien a besoin sont un testament, une procuration pour les soins personnels, une procuration pour les biens, et un testament de vie. Ceux-ci offrent la protection minimale que toute personne requiert, quel que soit son niveau d'actifs.

Un cinquième document appartient à cette liste et y figure rarement: vos désignations de bénéficiaire. Elles ne font pas partie de votre testament, elles prévalent sur lui pour les biens qu'elles visent, et elles ont fréquemment des décennies. Contrats d'assurance, régimes enregistrés, régimes de retraite. Une désignation nommant un ancien conjoint demeure effective jusqu'à ce qu'elle soit modifiée, et le contrat ignore que votre situation a changé.

Le Québec diffère sur le testament lui-même. Un testament notarié, préparé et conservé par un notaire, n'exige aucune homologation. Cette seule différence élimine un délai et un coût qui dominent l'administration successorale ailleurs au pays, et c'est une raison pour laquelle les résidents du Québec ne devraient pas présumer que des conseils rédigés pour l'Ontario s'appliquent à eux.

Le Canada n'a pas d'impôt successoral. Quelqu'un a-t-il chiffré la vôtre? Bouton : Réserver une conversation.

Quand devrais-je commencer la planification successorale?

Les adultes devraient commencer la planification successorale dès qu'ils acquièrent des biens, se marient, ont des enfants mineurs, ou atteignent l'âge de la majorité, quelle que soit leur fortune. Le moment optimal se situe entre la fin de la vingtaine et le début de la trentaine, et pourtant 82 % des milléniaux au Canada n'ont pas de documents successoraux de base, alors que 59 % d'entre eux possèdent une résidence d'une valeur moyenne de 472 000 $, en date de mars 2024.

Comme l'a observé Suzana Popovic-Montag, associée directrice chez Hull & Hull LLP et spécialiste agréée en droit des successions et des fiducies, il n'y a aucun avantage à attendre. Attendre d'être plus âgé, plus fortuné ou confronté à des problèmes de santé augmente sensiblement le risque de manquer de protection juridique lorsque la situation change de façon imprévue.

L'assurance comporte une considération temporelle supplémentaire que le conseil général omet. La protection est tarifée à l'émission selon l'état de santé à l'émission. Une personne qui reporte la décision jusqu'à ce qu'un plan successoral paraisse urgent peut constater que la protection dont le plan dépend est plus coûteuse, restreinte, ou indisponible. Ce n'est pas un argument pour se hâter. C'est un argument pour prendre la décision pendant qu'elle est encore une décision.

Combien coûte la planification successorale?

Les coûts de la planification successorale varient largement selon la complexité, l'endroit et les documents requis, allant d'environ 400 $ pour des testaments de base à 12 000 $ ou plus pour des plans complets. En date de 2024, le coût moyen national au Canada pour un plan successoral de base couvrant un testament, des procurations et des directives médicales est de 2 250 $, tandis que les plans plus complexes comportant des fiducies exclusives au conjoint et de la protection d'actifs se situent en moyenne entre 5 500 $ et 7 800 $, l'administration continue d'une fiducie coûtant de 2 500 $ à 3 800 $ annuellement pour les successions plus importantes.

Comme l'a dit Ed Olkovich, spécialiste agréé en droit des successions et des fiducies, bien que des options à faire soi-même existent à moindre coût, les plans successoraux préparés par des professionnels rapportent typiquement plusieurs fois leur coût en économies d'impôt, en protection d'actifs et en évitement de l'homologation.

Le coût qui éclipse tous les autres est celui que personne ne cite: l'impôt. Les frais d'homologation se mesurent en fractions de un pour cent jusqu'à un peu moins de deux pour cent selon la province. La disposition réputée peut se mesurer en dizaines de pour cent de la plus-value d'un bien. Un plan qui optimise l'homologation et ignore la conséquence fiscale a optimisé le plus petit nombre.

Ces chiffres datent de 2024 et plusieurs sont sans attribution dans la page dont ils proviennent. Traitez-les comme indicatifs plutôt que comme des citations, et confirmez les coûts actuels auprès du professionnel que vous retiendrez.

À quelle fréquence devrais-je mettre à jour mon plan successoral?

Les plans successoraux devraient être mis à jour après les événements de vie importants et révisés au moins tous les trois à cinq ans afin qu'ils demeurent conformes aux volontés actuelles et au droit applicable. Les événements importants déclenchant des mises à jour comprennent le mariage ou le divorce, qui représentent 43 % des révisions de plans successoraux, les naissances et les décès, à l'origine de 38 % des mises à jour, l'acquisition de biens, cause de 31 % des modifications, et les changements fiscaux majeurs.

Comme l'a souligné Corina Weigl, les plans successoraux ne devraient jamais être des documents statiques. Ils exigent un entretien régulier, avec des révisions plus fréquentes pendant les périodes de changement personnel, financier ou commercial important.

La séparation est l'événement qui cause le plus de dommages et qui reçoit le moins d'attention. Une séparation n'est pas un divorce, l'effet juridique diffère selon la province, et dans l'intervalle une désignation nommant un ancien conjoint demeure effective. C'est l'erreur évitable la plus courante de tout ce domaine, et la vérifier ne coûte rien.

L'autre déclencheur fréquemment oublié est une réorganisation de société. Lorsque la société est propriétaire d'une police et que la société est restructurée, les dispositions relatives à la propriété et au bénéficiaire peuvent cesser de correspondre à la structure pour laquelle elles ont été établies. Cela se découvre lors d'un décès ou d'une vente, qui sont les deux pires moments pour découvrir quoi que ce soit.

Que sont les fiducies en planification successorale?

Les fiducies sont des arrangements juridiques permettant à un fiduciaire de détenir et de gérer des biens jusqu'à ce que les bénéficiaires atteignent des jalons précis. Elles prennent diverses formes, dont les fiducies en faveur de soi-même, utilisées par 21 % des Canadiens ayant un plan successoral, les fiducies familiales, mises en place par 14 % des particuliers à valeur nette élevée, et les fiducies Henson, établies pour les Canadiens vivant avec un handicap.

Comme l'a dit Tim Cestnick, les fiducies ne sont pas seulement des véhicules d'économie fiscale mais des outils pour protéger les biens contre les créanciers, pourvoir aux besoins de proches ayant des besoins particuliers, et faire en sorte qu'un patrimoine soit géré comme prévu à travers les générations.

La plupart des gens n'en ont pas besoin, et le dire fait partie d'un conseil honnête. Une fiducie ajoute des coûts, de l'administration, et une déclaration de revenus chaque année. Elle mérite sa place lorsqu'il y a un problème précis à résoudre: un bénéficiaire qui ne devrait pas recevoir de capital directement, une famille recomposée exigeant un partage défini, une relève d'entreprise, un handicap où la préservation du droit aux prestations importe.

La règle des vingt et un ans rattrape les gens. La plupart des fiducies font face à une disposition réputée de leurs biens tous les vingt et un ans, ce qui peut déclencher de l'impôt à l'intérieur de la fiducie longtemps après le décès de la personne qui l'a créée. Une fiducie établie sans plan pour cette date a reporté un problème plutôt que de l'avoir résolu.

Des héritiers qui manquent de liquidités vendent sous pression. Votre famille aura-t-elle le choix? Bouton : Réserver une conversation.

Comment trouver un bon juriste ou notaire en planification successorale?

Les particuliers devraient trouver un bon professionnel en planification successorale en demandant des références à des conseillers autorisés, à des ordres professionnels et aux barreaux provinciaux, et en rencontrant plusieurs candidats possédant une expertise précise en successions.

Les juristes en successions expérimentés au Canada facturent entre 400 $ et 650 $ de l'heure, ou des honoraires forfaitaires allant de 1 800 $ à 6 000 $ pour des plans complets, 68 % des clients déclarant en avoir rencontré au moins trois avant d'en choisir un, selon un sondage de l'Association du Barreau canadien mené en 2023.

Comme l'a souligné Rachel Blumenfeld, associée chez Aird & Berlis LLP, le bon juriste possédera non seulement une expertise technique mais aussi la capacité d'expliquer simplement des notions complexes, une expérience pertinente auprès de situations semblables, et une volonté de collaborer avec votre comptable et vos autres conseillers.

Une note sur le mot lui-même. Le Canada a des avocats, et au Québec des notaires. Il n'a pas d'estate planning attorneys, et un Canadien qui cherche ce terme est renvoyé vers une profession qui n'existe pas ici. Au Québec, un notaire s'occupe des testaments, et un testament notarié évite entièrement l'homologation, ce qui fait du choix du professionnel une décision de fond plutôt qu'une préférence.

Comment les familles recomposées devraient-elles aborder la planification successorale?

Les familles recomposées devraient créer une documentation claire équilibrant les besoins des conjoints actuels et des enfants issus de relations antérieures, en prévenant les exhérédations involontaires par une cartographie soignée des biens et des désignations de bénéficiaire.

Environ 42 % des mariages canadiens comportant au moins un conjoint déjà marié auparavant et 68 % des remariages comportant des enfants issus de relations antérieures, des outils comme les fiducies exclusives au conjoint, l'assurance vie et des désignations de bénéficiaire subsidiaire clairement définies sont essentiels.

Comme l'a dit Lynne Butler, juriste en successions et autrice de Estate Planning Through Family Meetings, la règle cardinale pour les familles recomposées est la précision. Des dispositions vagues mènent presque invariablement au conflit, de sorte que les droits de chaque personne doivent être explicitement définis.

L'assurance est utilisée dans les familles recomposées pour une raison structurelle. Elle permet de pourvoir aux besoins d'un groupe sans diviser un bien qu'un autre groupe a besoin de garder entier. Une entreprise, une propriété familiale, une ferme. Le capital-décès va d'un côté et le bien passe intact de l'autre, ce qui est une réponse plus nette que de demander à un liquidateur de diviser quelque chose d'indivisible.

La désignation subsidiaire compte davantage ici que partout ailleurs. Si le bénéficiaire principal décède en premier et qu'aucun bénéficiaire subsidiaire n'est désigné, les sommes tombent dans la succession, deviennent assujetties au testament, et finissent distribuées exactement par le mécanisme que la désignation devait contourner.

Quelles lois en planification successorale dois-je connaître?

Plusieurs corpus de règles s'appliquent, et ils varient selon la juridiction. Les cadres clés comprennent les règles de disposition réputée au décès, les frais d'homologation provinciaux, qui vont de nuls au Québec à un peu moins de deux pour cent en Nouvelle-Écosse en date de 2024, la législation successorale avec ses variations provinciales, et la législation provinciale sur les fiducies.

Comme l'a dit Kim Moody, directeur des services-conseils en fiscalité canadienne chez Moodys Tax Law, comprendre l'interaction entre le droit fédéral et le droit provincial est crucial. Beaucoup de clients se concentrent exclusivement sur les frais d'homologation tout en négligeant les conséquences en matière d'impôt sur le revenu, lesquelles ont souvent une incidence bien plus grande.

Trois règles supplémentaires appartiennent à toute discussion successorale canadienne et sont absentes de la plupart.

Le test d'exonération. La croissance à l'intérieur d'un contrat d'assurance vie n'est pas imposée annuellement pourvu que le contrat demeure exonéré en vertu du l'article 306 du Règlement de l'impôt sur le revenu. Ce traitement est conditionnel plutôt qu'automatique, et il sous-tend toute affirmation faite au sujet de l'assurance dans un contexte successoral.

Le compte de dividendes en capital. Lorsqu'une société privée reçoit un capital-décès, le montant excédant le coût de base rajusté de la police est porté à un compte notionnel en vertu du compte de dividendes en capital, à partir duquel la société peut verser un dividende en capital aux actionnaires libre d'impôt. Cela n'a aucun équivalent aux États-Unis, ce qui explique que la documentation américaine sur l'assurance vie détenue par une société ne se transpose pas, et c'est l'argument proprement canadien le plus solide de tout ce sujet.

Assuris. Les garanties d'un contrat d'assurance sont les obligations contractuelles de l'assureur et dépendent de sa solvabilité. Elles ne sont pas garanties par un gouvernement. Assuris offre une protection aux titulaires de police canadiens à l'intérieur de limites publiées, ce qui est significatif et n'est pas la même chose que la protection des dépôts.

La place de l'assurance vie entière avec participation dans un plan successoral

L'approche que les praticiens appellent « infinite banking », d'après l'expression de Nelson Nash et marque d'Infinite Banking Concepts, LLC, peut s'intégrer à un plan successoral par l'usage délibéré de l'assurance vie entière avec participation comme véhicule de transfert de patrimoine. La stratégie utilise un contrat comportant une valeur de rachat accumulée pour créer des transferts aux bénéficiaires tout en conservant un accès au capital du vivant du titulaire.

Un capital-décès correctement structuré est généralement reçu libre d'impôt sur le revenu par un bénéficiaire désigné, sous réserve du maintien du caractère exonéré du contrat selon les règles canadiennes. Environ 58 % des personnes fortunées utilisent une forme d'assurance vie dans leur planification successorale, selon un sondage de mars 2023 du Lincoln Financial Group, qui est un sondage américain et devrait être lu comme indicatif plutôt que comme un chiffre canadien.

Selon Nelson Nash, fondateur de The Infinite Banking Concept® et auteur de Becoming Your Own Banker®, le placement délibéré d'une assurance vie entière avec participation à l'intérieur d'un plan successoral complet peut servir une famille à travers les générations.

Trois nuances vont avec cela, et elles font la différence entre un argument et un argumentaire.

L'assurance vie entière avec participation est un produit d'assurance et ce n'est pas un placement. Jugée par rapport à un portefeuille de marché comme moyen de faire croître de l'argent, elle se compare habituellement mal. Jugée comme une liquidité qui arrive exactement au moment où une dette fiscale arrive, elle répond à une question différente, et c'est la question qui mérite d'être évaluée dans un contexte successoral.

Les participations ne sont pas garanties. Elles sont déclarées annuellement à la discrétion du conseil d'administration de l'assureur, et un plan bâti sur un barème présumé est un plan bâti sur une hypothèse.

Cela ne convient pas à tout le monde. Il faut un excédent de liquidités durable, un horizon qui se mesure en décennies, et des droits de cotisation enregistrés déjà considérés. Les arguments contraires, y compris ceux qui sont justes, sont exposés en détail dans les objections et les risques, qui est l'endroit honnête où un lecteur devrait commencer.

Un arrangement que personne ne connaît est un arrangement inutilisé. Quelqu'un sait-il où se trouve le vôtre? Bouton : Réserver une conversation.

Où l'analyse pour une société diffère

Lorsqu'une société est propriétaire du contrat, la question successorale change plutôt qu'elle ne change d'échelle.

La prime est payée avec des dollars de société imposés aux taux des sociétés. La valeur de rachat figure au bilan de la société et peut influer sur une évaluation. Le capital-décès est reçu par la société, porté au compte de dividendes en capital pour l'excédent sur le coût de base rajusté, et versé aux actionnaires sous forme de dividende en capital. Chacune de ces étapes comporte ses propres conséquences et ses propres façons de mal tourner.

Les erreurs de structuration ici comptent parmi les plus coûteuses possibles et elles apparaissent lors d'un décès ou d'une vente. Cela est traité séparément avec les propriétaires d'entreprise.

Ce qu'une succession coûte réellement à une famille en temps

Le coût financier est cité partout. L'autre coût ne l'est pas.

L'homologation prend des mois. Pendant cette période, l'exécuteur ou le liquidateur peut avoir une autorité limitée pour disposer des biens, les banques peuvent geler les comptes en attendant la nomination, et les biens ne peuvent généralement pas être vendus. Une famille ayant des obligations qui se poursuivent pendant cette période doit y faire face à même autre chose.

La déclaration finale a une échéance. L'impôt découlant de la disposition réputée est payable que la succession soit réglée ou non et qu'un bien ait été vendu ou non. Des intérêts courent sur ce qui demeure impayé.

Les biens qui passent à l'extérieur de la succession circulent rapidement. Un capital-décès assorti d'un bénéficiaire désigné est versé sur preuve de décès plutôt qu'à l'achèvement d'une administration successorale. Cette différence de délai, plutôt qu'une différence de montant, est la raison pour laquelle la planification des liquidités et la planification successorale sont une seule et même conversation.

Le coût émotionnel d'un plan flou est porté par celui qui l'administre. Habituellement un conjoint ou un enfant adulte, au pire moment de sa vie, lisant des documents qu'il n'a jamais vus et prenant des décisions sur lesquelles il n'a jamais été renseigné. Un plan complet et expliqué est une bonté envers une personne précise, et il vaut la peine de nommer cette personne au moment de le rédiger.

Six questions à apporter à une première rencontre successorale

Y répondre avant la rencontre rend la rencontre plus courte et meilleure.

Qu'est-ce qui passe à l'extérieur de ma succession aujourd'hui? Chaque contrat d'assurance, régime enregistré et régime de retraite, et qui est désigné sur chacun.

Quelle serait la disposition réputée si je décédais aujourd'hui? Votre comptable peut l'estimer. Elle est fréquemment plus élevée qu'on ne le pense.

Ma succession devrait-elle vendre quelque chose pour la payer? Si oui, quel bien, et la famille voudrait-elle le garder.

Qui administrerait ceci, et le sait-il? Nommer quelqu'un qui n'en a jamais été informé est courant et peu délicat.

Qu'ai-je promis verbalement qui n'est pas consigné? La plupart des différends remontent exactement à cela.

Qu'est-ce qui a changé depuis la dernière fois que j'ai regardé? Une séparation, une naissance, un décès, une réorganisation de société, un déménagement dans une autre province.

Que faire ensuite

Trois choses, dans l'ordre, et aucune ne consiste à acheter quoi que ce soit.

Découvrez ce qui passe à l'extérieur de votre succession. Dressez la liste de chaque contrat d'assurance, régime enregistré et régime de retraite, et vérifiez qui y est désigné. Ce seul exercice règle plus de problèmes successoraux que toute autre mesure à votre disposition.

Chiffrez la disposition réputée. Demandez à votre comptable ce qui serait dû si vous décédiez aujourd'hui. Le chiffre est fréquemment plus élevé qu'on ne le pense, et le connaître est utile que vous fassiez quelque chose à ce sujet ou non.

Puis décidez si la liquidité est le problème. Si la réponse est que votre succession dispose de liquidités amples, l'assurance répond à une question que vous n'avez pas. Si la réponse est qu'elle devrait vendre quelque chose, c'est alors que la conversation mérite d'avoir lieu.

La façon dont le patrimoine circule réellement entre les générations, ce qui passe à l'extérieur de la succession, et pourquoi c'est la liquidité plutôt que la taille qui détermine s'il survit au transfert, sont traitées dans la page consacrée à la constitution d'un patrimoine générationnel.

Pour plus de renseignements sur la planification successorale, le centre d'apprentissage indexe l'ensemble de ce site par sujet.

Les chiffres de cette page sont en date de 2024 sauf indication contraire d'une source. Plusieurs statistiques citées ici figuraient sans attribution dans la version d'origine et devraient être confirmées auprès du professionnel que vous retiendrez avant d'être invoquées.

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Divulgation importante

Tout le contenu de la section Planification successorale

  • Bâtir un patrimoine générationnelComment le patrimoine se transmet d'une génération à l'autre au Canada: ce qui passe hors succession, la disposition réputée et les liquidités.
  • L'impôt sur les prestations de décèsComment les prestations de décès sont imposées au Canada: le capital-décès d'assurance vie, la prestation du RPC et celle d'un employeur.
  • La protection des actifsCe que signifie la protection des actifs au Canada, quelles protections existent par la loi, et ce que les structures accomplissent ou non.

Questions fréquentes

Un capital-décès passe-t-il par l'homologation?

Non, lorsqu'un bénéficiaire vivant est désigné au contrat. Le capital-décès est versé directement à cette personne par l'effet du contrat, hors succession, et il n'entre donc pas dans la valeur sur laquelle des frais de vérification sont calculés dans les provinces de common law. Il est payé sur preuve du décès plutôt qu'à la fin du règlement. Au Québec, il échappe de la même façon à la liquidation de la succession. Là où la succession elle-même est désignée bénéficiaire, tous ces avantages disparaissent, et c'est une désignation qui se fait plus souvent par inadvertance que par choix.

Qu'est-ce que la disposition réputée au décès?

La législation fiscale canadienne traite la plupart des biens en immobilisation comme ayant été vendus à leur juste valeur marchande immédiatement avant le décès, et le gain qui en résulte est déclaré dans la déclaration finale. Rien n'est réellement vendu et aucune somme n'entre, mais l'impôt est exigible quand même. Une résidence principale, ou un roulement admissible au conjoint ou à une fiducie au profit du conjoint, peut reporter le moment. Ce qui frappe les familles est le calendrier: la facture arrive avant que les biens puissent être vendus, ce qui fait de la liquidité une question distincte de la valeur.

Pourquoi les règles successorales québécoises diffèrent-elles?

Parce que le Québec est une juridiction de droit civil et que le reste du pays ne l'est pas. La succession est régie par le Code civil plutôt que par des lois provinciales de succession, la personne qui administre est un liquidateur et non un exécuteur testamentaire, et un testament notarié, reçu et conservé par un notaire, n'a pas à être vérifié. Les règles de désignation de bénéficiaire diffèrent également, notamment pour le conjoint marié ou uni civilement. Un plan bâti à partir de documentation ontarienne ou américaine se trompe donc sur presque chaque étape de la mécanique.

Ai-je besoin d'une fiducie dans mon plan successoral?

La plupart des gens n'en ont pas besoin, et une réponse honnête commence par là. Une fiducie ajoute des frais juridiques à la constitution, une administration continue et une déclaration de revenus chaque année, de sorte qu'elle mérite sa place seulement lorsqu'elle règle un problème précis: un bénéficiaire qui ne devrait pas recevoir de capital directement, une famille recomposée qui exige un partage défini, une entreprise dont la propriété doit être encadrée, ou un enfant handicapé dont les prestations doivent être préservées. Ces situations existent réellement. Le reste du temps, un testament clair et des désignations à jour font le même travail.

Quelle place l'assurance vie occupe-t-elle dans un plan successoral?

Surtout celle de la liquidité, ce qui est une fonction différente de la croissance. Une dette fiscale naît au décès que la succession dispose de comptant ou non, et un capital-décès versé à un bénéficiaire désigné est payé sur preuve du décès plutôt qu'à la fin d'un règlement qui peut durer de longs mois. Ce calendrier, plus encore que le montant, est ce que l'assurance apporte. Elle permet d'acquitter la facture sans vendre l'immeuble, l'entreprise ou le portefeuille au mauvais moment. Elle ne remplace pas un testament et ne corrige aucune désignation périmée.

Que se passe-t-il si je meurs sans testament au Québec?

Le Code civil décide qui hérite, dans des parts fixes, et la succession est liquidée selon ces règles. Le conjoint marié ou uni civilement et les descendants se partagent selon une formule légale; un conjoint de fait, lui, ne reçoit rien, quelle que soit la durée de la vie commune. C'est la conséquence qui surprend le plus de ménages québécois, et elle ne se corrige que par un testament. Dans les provinces de common law, une loi provinciale sur les successions joue le même rôle avec d'autres parts. Aucune de ces formules ne ressemble à ce que la personne aurait choisi.

Combien coûte un plan successoral au Canada?

Cela dépend des documents, de la complexité et de la province, de sorte que la réponse honnête est une fourchette plutôt qu'un prix. Un ensemble de base comprenant un testament, un mandat de protection et des directives se situe pour la plupart des gens dans les milliers de dollars inférieurs, tandis qu'un plan comportant des fiducies, une société ou des biens dans plus d'un pays coûte plusieurs fois cela. Au Québec, un testament notarié coûte davantage à la signature et évite la vérification plus tard, ce qui déplace le coût. Demandez un devis écrit avant de mandater qui que ce soit.

Quand devrais-je commencer à planifier ma succession?

Dès que vous possédez des biens, que vous vous mariez ou vous unissez civilement, que vous avez un enfant, ou que vous atteignez la majorité, selon ce qui survient en premier. Les documents coûtent peu par rapport à ce qu'ils gouvernent, et le coût de leur absence retombe entièrement sur d'autres personnes. Un point de calendrier propre à l'assurance échappe aux guides généraux: la protection permanente se tarifie sur l'âge et sur l'état de santé au moment de la proposition, et la santé est le seul élément que personne ne contrôle. Attendre coûte donc quelque chose de mesurable.

À quelle fréquence faut-il réviser un plan successoral?

Tous les trois à cinq ans par défaut, et immédiatement après tout événement qui change qui devrait recevoir quoi: un mariage, une séparation, un divorce, une naissance, un décès, un déménagement dans une autre province, ou une réorganisation de société. La séparation cause le plus de dégâts et reçoit le moins d'attention, parce qu'une séparation n'est pas un divorce et qu'une désignation de bénéficiaire ne se modifie pas d'elle-même. Un déménagement compte davantage qu'on ne le croit, puisque passer du Québec à une province de common law change le régime applicable en entier.

Quelle différence y a-t-il entre un liquidateur et un exécuteur testamentaire?

C'est le même rôle sous deux systèmes juridiques. Dans les provinces de common law, la personne qui administre votre succession est un exécuteur testamentaire, appelé fiduciaire testamentaire dans certaines provinces, et ses pouvoirs découlent largement du testament. Au Québec, le rôle est celui de liquidateur, et les pouvoirs, les devoirs, les délais et les obligations de reddition de compte sont énoncés par le Code civil. Nommer la bonne personne compte davantage que le titre: il s'agit d'un travail administratif de longue haleine, souvent ingrat, et la personne la plus proche affectivement n'est pas toujours la bonne.

Devrais-je désigner ma succession comme bénéficiaire de ma police?

Habituellement non, sauf raison délibérée. Désigner une personne fait en sorte que le capital-décès contourne la succession, échappe à la valeur sur laquelle des frais de vérification sont calculés là où ils s'appliquent, se trouve généralement hors de portée des créanciers de la succession, et est versé sans attendre la fin de la liquidation. Désigner la succession renonce aux quatre avantages d'un seul coup. Il existe des raisons valables de le faire, par exemple financer une dette fiscale ou un partage précis prévu au testament, mais ce sont des décisions prises avec un notaire ou un avocat plutôt que par défaut.

Un testament notarié évite-t-il la vérification au Québec?

Oui. Un testament reçu devant notaire n'a pas à être vérifié, parce que le notaire en constate la validité au moment de la signature et en conserve l'original. Un testament olographe ou devant témoins doit être vérifié par le tribunal ou par un notaire avant que le liquidateur puisse agir, ce qui ajoute des semaines et des frais au règlement. C'est une différence propre au Québec, et la documentation rédigée pour les autres provinces la manque presque toujours. Le choix entre les formes relève d'un notaire, sur vos propres faits, et non d'un guide général.

Dernière révision: 2026-08-21. Par José Salloum, conseiller en sécurité financière.

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