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Le multiplicateur monétaire

Le multiplicateur monétaire

Le multiplicateur monétaire est le rapport entre la masse monétaire et la base monétaire, conventionnellement exprimé comme l'inverse du coefficient de réserve. Il décrit la façon dont les dépôts et les prêts font croître la masse monétaire dans un système comportant des réserves obligatoires. Le Canada a aboli les réserves obligatoires en 1992, de sorte que la version des manuels ne décrit pas le système canadien d'aujourd'hui.

Le multiplicateur monétaire est un concept d'économie monétaire. Il concerne les banques centrales, les banques commerciales et la masse monétaire d'un pays.

Il figure sur ce site pour une seule raison: le vocabulaire de la création monétaire est emprunté par la commercialisation financière destinée aux particuliers, fréquemment par des gens qui n'ont pas vérifié ce qu'il signifie. Un lecteur qui comprend le mécanisme réel est plus difficile à induire en erreur avec une version empruntée de celui-ci.

Qu'est-ce que le multiplicateur monétaire?

Le rapport entre la masse monétaire et la base monétaire.

Conventionnellement, il s'exprime comme l'inverse du coefficient de réserve, c'est-à-dire la fraction des dépôts qu'une banque est tenue de détenir sous forme liquide plutôt que de prêter. Un coefficient de réserve de dix pour cent donne un multiplicateur de dix.

L'idée est que l'argent détenu en réserve est de l'argent non prêté, et que l'argent prêté revient dans le système sous forme d'un nouveau dépôt, lequel soutient de nouveaux prêts, et ainsi de suite jusqu'à ce que le processus s'épuise.

Comment fonctionne le multiplicateur monétaire?

La séquence des manuels comporte quatre étapes.

Un dépôt initial. Quelqu'un dépose des fonds auprès d'une banque commerciale.

La banque en retient une fraction et prête le reste. La fraction retenue est régie par le coefficient de réserve.

L'emprunteur dépense, et le destinataire dépose. Les fonds prêtés reviennent dans le système sous forme d'un nouveau dépôt dans une banque.

Le cycle se répète, chaque fois avec un montant plus petit, puisqu'une fraction est retenue à chaque étape. La somme de la série converge, et son total est le multiplicateur appliqué au dépôt d'origine.

Selon Akhilesh Ganti, dans Investopedia, les banques prêtent un moins le coefficient de réserve des dépôts, ce qui est le mécanisme par lequel l'expansion se produit.

Comment calculer le multiplicateur monétaire

La formule est 1 divisé par le coefficient de réserve.

Un coefficient de réserve de 10 % donne un multiplicateur de 10. Un coefficient de 20 % donne 5. Un coefficient de 5 % donne 20.

Le multiplicateur se mesure par rapport à différentes définitions de la monnaie, ce qui explique que le terme apparaisse avec des qualificatifs.

M1 couvre la monnaie en circulation et les dépôts les plus liquides. Le multiplicateur M1 est le rapport entre M1 et la base monétaire.

M2 ajoute les dépôts moins liquides, y compris les dépôts à préavis et à terme. Comme M2 est une quantité plus grande, le multiplicateur M2 est plus grand.

Un calculateur pour ces chiffres figurait dans la version antérieure de cette page. Il n'est pas reproduit ici, en attendant une décision sur les outils interactifs en général, qui exigent un examen avant publication sur ce site. La formule ci-dessus constitue tout le calcul.

Quel est le lien avec le coefficient de réserve?

Inverse, et directement. Un coefficient de réserve plus élevé signifie que chaque banque retient davantage et prête moins, ce qui raccourcit la chaîne et réduit le multiplicateur. Un coefficient plus bas l'allonge.

Cette relation inverse est la raison pour laquelle les réserves obligatoires ont historiquement été traitées comme un instrument de politique monétaire. Hausser le coefficient était une façon de contenir la création monétaire sans hausser directement les taux d'intérêt.

Le Canada n'impose plus de réserves obligatoires depuis des décennies. Était-ce facile à vérifier? Bouton : Réserver une conversation.

Pourquoi cela ne décrit pas le système canadien

Le Canada a aboli les réserves obligatoires prévues par la loi en 1992.

Il n'existe pas de coefficient de réserve dans le système canadien, ce qui signifie qu'il n'y a pas de dénominateur pour la formule des manuels et aucune contrainte de réserve sur les prêts. Le mécanisme que le multiplicateur décrit n'opère pas ici sous la forme enseignée.

Ce que la Banque du Canada fait réellement est de fixer une cible pour le taux du financement à un jour et de mener des opérations pour maintenir le taux du marché près de cette cible. La politique monétaire opère par le prix de la monnaie plutôt que par sa quantité.

Ce qui contraint réellement les prêts est une autre liste. Les exigences de fonds propres sous le cadre de Bâle et la surveillance du BSIF. La demande de crédit, puisqu'un prêt exige un emprunteur qui en veut un. L'évaluation par l'institution de la probabilité que le prêt soit remboursé. Et le coût du financement par rapport à ce que le prêt rapporte.

Les prêts sont limités par la rentabilité et la réglementation plutôt que par un stock de réserves en attente d'être prêtées. Comme l'observe un document de travail du Fonds monétaire international sur le multiplicateur monétaire et les banques centrales, celles-ci influencent la masse monétaire par leurs engagements monétaires plutôt que par une relation de réserve mécanique.

Quelles sont les limites du multiplicateur monétaire?

Cinq, et ensemble elles expliquent pourquoi le concept a reculé dans la pratique.

La contrainte de réserve peut ne pas exister. Comme ci-dessus, au Canada elle n'existe pas.

Les banques peuvent détenir des réserves excédentaires. Lorsqu'une banque choisit d'en détenir plus que ce qui est exigé, l'expansion réelle est inférieure au maximum théorique. Cela a été prononcé dans plusieurs pays après 2008.

Le public détient de la monnaie. L'argent gardé en espèces plutôt que déposé sort du cycle, et plus le public détient d'espèces, plus le multiplicateur réalisé est petit.

Les prêts créent les dépôts, plutôt que les dépôts ne permettent les prêts. C'est la critique la plus tranchante et elle inverse l'ordre des manuels. En pratique, une institution consent un crédit et crée un dépôt dans le même geste, puis obtient des réserves ensuite si elle en a besoin. Plusieurs banques centrales l'ont dit directement.

La demande de crédit est la contrainte qui mord. Aucune quantité de réserves disponibles ne produit de prêts si personne ne veut emprunter.

Quelle est l'importance du multiplicateur monétaire en macroéconomie?

Principalement historique et pédagogique.

Il demeure une illustration claire de la façon dont les prêts font croître la masse monétaire, et l'intuition sous-jacente survit même là où le mécanisme a été abandonné. La monnaie créée par les prêts est réelle. Le coefficient de réserve comme contrainte sur elle est la partie qui a disparu.

Il est aussi utile comme fragment d'histoire intellectuelle, parce qu'il explique pourquoi la politique monétaire s'est autrefois discutée en termes de contrôle des quantités et se discute aujourd'hui en termes de fixation d'un taux.

Comment le multiplicateur monétaire influe-t-il sur la masse monétaire?

Dans un système comportant des réserves obligatoires, le multiplicateur décrit la limite supérieure de l'expansion à partir d'une base monétaire donnée.

Dans un système qui n'en comporte pas, dont le Canada, la masse monétaire croît à mesure que les institutions consentent du crédit, et la banque centrale influence cela par le taux directeur plutôt qu'en rationnant des réserves.

La différence pratique compte. Sous la première description, une banque centrale qui injecte des réserves produit mécaniquement des prêts. Sous la seconde, non, ce qui explique que d'importantes injections de réserves dans plusieurs pays n'aient pas produit l'expansion du crédit que le manuel prédisait.

Un grief convainc là où une explication échoue. De qui prenez-vous la version? Bouton : Réserver une conversation.

Quel est le rôle des banques dans le multiplicateur monétaire?

Les banques commerciales sont le mécanisme, dans la version des manuels comme dans la version moderne.

Dans la version des manuels, elles sont des intermédiaires passifs. Les dépôts arrivent, les réserves sont mises de côté, et le reste est prêté.

Dans la version moderne, elles sont actives. Une institution consent un crédit parce qu'elle juge le prêt rentable et l'emprunteur solvable, et le dépôt est créé par ce geste plutôt qu'il ne le précède.

La distinction n'est pas académique. Elle change ce que la politique monétaire peut et ne peut pas faire, et elle change qui est compris comme créant la monnaie.

L'influence de la banque centrale

La section que l'article d'origine consacrait à l'influence de la Réserve fédérale appartient, sur une page canadienne, à la Banque du Canada.

La Banque du Canada cible le taux du financement à un jour, l'ajuste pour atteindre une cible d'inflation, et mène des opérations de marché pour maintenir le taux réel près de la cible. Elle n'a pas employé les réserves obligatoires comme instrument depuis leur abolition en 1992.

La Réserve fédérale est l'institution équivalente aux États-Unis, et il vaut la peine de la nommer seulement parce que l'essentiel de la documentation qu'un Canadien rencontre en ligne la décrit plutôt que la Banque du Canada. Les réserves obligatoires américaines ont elles-mêmes été ramenées à zéro en 2020, de sorte que le mécanisme des manuels n'y opère plus non plus.

Quiconque lit sur le multiplicateur monétaire et les coefficients de réserve devrait vérifier quel système national est décrit, et si la description est à jour.

Pourquoi ceci figure sur le site d'un cabinet d'assurance canadien

Une réponse honnête, puisque le lien n'est pas évident.

Le vocabulaire de la création monétaire, des multiplicateurs et de la vitesse de circulation est emprunté par la commercialisation financière destinée aux particuliers. Parfois avec exactitude, fréquemment non, et à l'occasion pour laisser entendre qu'un individu peut faire à l'échelle d'un ménage ce qu'un système national d'institutions commerciales fait. Un ménage n'est pas une banque, ce cabinet n'en est pas une non plus, et l'insinuation ne survit pas au contact du mécanisme.

Un ménage ne crée pas de monnaie. Il déplace du capital qu'il possède déjà, et tout avantage qui existe à le faire vient du traitement fiscal, du moment choisi, ou du fait d'éviter un coût, non d'une expansion d'une quelconque masse monétaire.

Les concepts véritablement pertinents pour un ménage sont traités sans vocabulaire emprunté dans les principes financiers: le coût de renonciation, la récupération du capital, la liquidité, et le coût de l'attente. Aucun d'eux n'exige d'emprunter le vocabulaire d'un système national, et c'est précisément pourquoi ils résistent à la vérification.

À quoi ressemble le détournement de cette idée

Le multiplicateur monétaire apparaît constamment dans la commercialisation financière, et presque toujours sous une forme que l'économie ne soutient pas. Reconnaître le schéma est la partie utile.

« Les institutions prêtent dix dollars pour chaque dollar que vous déposez. » La version des manuels, alors que le Canada n'a plus de réserve obligatoire depuis le début des années 1990. Le nombre est inventé et le mécanisme n'est pas celui qui contraint les prêts.

« Votre dépôt est multiplié et vous n'en retirez rien. » Les dépôts ne sont pas multipliés. Ce sont les prêts qui créent les dépôts et non l'inverse, et le rendement d'un déposant est le taux dont il a convenu.

« Reprenez le multiplicateur en finançant par votre propre arrangement. » La version séduisante, et elle ne suit pas. Un arrangement de ménage ne crée pas de monnaie. Ce qui est disponible à utiliser est ce qui a été versé et ce que le contrat a crédité. Rien n'est multiplié et personne n'a récupéré un multiple.

Pourquoi le détournement persiste. Il fournit un grief et un remède d'un seul coup: un mécanisme qui opère contre vous, et un produit qui y répond. Un grief est plus persuasif qu'une explication, ce qui explique que la version exacte soit racontée moins souvent.

Ce qui subsiste une fois le détournement retiré. L'intérêt versé à un prêteur sort définitivement du ménage, le capital dépensé cesse de travailler, et les deux méritent d'être traités. Ces deux faits sont vrais sans aucun multiplicateur, et un argument qui en a besoin a été bâti sur un mécanisme qui n'opère pas comme on le prétend.

L'intérêt versé vers l'extérieur est réel et part définitivement. L'argument a-t-il besoin de la partie fausse? Bouton : Réserver une conversation.

Comment les prêts sont réellement contraints au Canada

Puisque la page affirme que le multiplicateur ne le décrit pas, la version exacte appartient ici.

Les exigences de fonds propres, fixées sous le cadre de Bâle et supervisées au fédéral, qui régissent la quantité de capital absorbant les pertes qu'un prêteur doit détenir contre ses expositions.

Les exigences de liquidité, qui régissent la capacité de satisfaire aux obligations en situation de tension.

La demande solvable. Un prêteur ne peut pas consentir des prêts dont personne ne veut ou pour lesquels personne ne se qualifie, et en conditions ordinaires cette contrainte mord plus souvent que n'importe quelle limite réglementaire.

Le taux directeur, qui influence le coût des fonds et donc ce qu'il vaut la peine d'emprunter.

Notez ce qui est absent. Un coefficient appliqué aux dépôts. Les prêts canadiens sont contraints par les fonds propres, la liquidité et la demande, ce qui est une version plus terne et la bonne.

Pourquoi il importe commercialement d'avoir raison là-dessus

Une chose inhabituelle à laquelle un cabinet consacre une page, et la raison est pratique plutôt qu'académique.

Un lecteur à qui l'on dit quelque chose de faux et qui le découvre ensuite cesse de croire tout le reste. L'affirmation sur le multiplicateur est facile à vérifier, largement réfutée, et toujours répétée dans ce secteur. Un cabinet qui la répète a donné à chaque sceptique futur une raison d'écarter aussi les arguments exacts.

Et les arguments exacts n'en ont pas besoin. L'intérêt qui sort définitivement d'un ménage est réel. Le capital dépensé et jamais reconstitué est réel. Ces faits tiennent qu'un multiplicateur opère ou non, et ce sont eux le véritable sujet de cette section.

D'où la monnaie vient réellement au Canada

Puisque le multiplicateur ne le décrit pas, la version exacte appartient à la page qui soulève la question.

L'essentiel de la monnaie en circulation est créé lorsqu'un prêteur consent un prêt. Le prêt crée un dépôt correspondant, et le dépôt n'existait pas auparavant. C'est l'inverse de la séquence des manuels et c'est la version courante, publiée par des banques centrales dont la Banque du Canada.

La monnaie est détruite lorsque les prêts sont remboursés. Le dépôt et le prêt s'annulent, ce qui explique que le total diminue lorsque les ménages et les entreprises se désendettent.

La monnaie de banque centrale est une couche distincte. Les soldes de règlement employés entre institutions financières, et les billets et pièces, qui constituent une petite fraction du total.

Ce qui contraint le processus est le capital, la liquidité, la demande solvable et le taux directeur, dont aucun n'est un coefficient appliqué aux dépôts.

Pourquoi cela importe à un ménage. Cela ne change pas ce qu'un prêt coûte ni ce qu'un dépôt rapporte. Ce que cela change est le pouvoir de persuasion de quiconque emploie la version des manuels comme grief, parce que le mécanisme qu'il décrit n'est pas celui qui opère.

La version de tout cela qui est vraie

Retirez le multiplicateur et il reste quelque chose de réel.

L'intérêt versé à un prêteur sort définitivement du ménage. Non multiplié, non récupéré par quelqu'un en particulier. Simplement parti, et sur une vie le total est important.

Le capital dépensé cesse de travailler. Le dollar employé pour un achat ne gagne rien, et les années qu'il faudrait pour le reconstituer sont le coût réel.

Les deux méritent d'être traités et ni l'un ni l'autre n'exige une affirmation sur la création monétaire.

Ce qui est le test de tout argument dans ce domaine. S'il a besoin d'un mécanisme qui n'opère pas comme décrit, l'argument est plus faible que la version vraie disponible à côté.

Que faire lorsque vous rencontrez l'affirmation

Demandez quelle est la réserve obligatoire. Au Canada il n'y en a pas, et il n'y en a plus depuis le début des années 1990.

Demandez si le chiffre est canadien. La plupart des versions de cette affirmation sont américaines et plus anciennes que la réglementation qu'elles décrivent.

Et demandez ce qui en découle. Même là où un multiplicateur opérait, rien à son sujet ne ferait qu'un arrangement de ménage crée de la monnaie. La conclusion ne suit pas de la prémisse même lorsqu'on accorde la prémisse.

Où la version exacte est publiée

La Banque du Canada publie de la documentation sur la façon dont la monnaie est créée dans le système canadien.

Le bulletin de 2014 de la Banque d'Angleterre sur la création monétaire dans l'économie moderne est le traitement en langage clair le plus cité, et il dit la même chose.

Ni l'un ni l'autre n'est d'une lecture difficile, et les deux sont gratuits.

Et ni l'un ni l'autre n'a quoi que ce soit à vous vendre, ce qui est la raison de commencer par là.

Lisez-les. Une demi-heure passée sur l'un ou l'autre vaut davantage que n'importe quelle page de ce site sur ce sujet, y compris celle-ci, parce qu'ils sont la source et que ceci n'en est qu'un résumé.

Ce que cette page n'est pas

Ce n'est pas un conseil en placement et ce n'est pas une description de ce que ce cabinet offre. C'est de l'économie, présentée parce que le vocabulaire est en circulation et parce qu'un lecteur qui connaît le mécanisme peut évaluer les affirmations faites en son nom. C'est toute la raison d'être de cette page, et c'est pourquoi elle se trouve dans la section des principes plutôt que quelque part de plus proche d'un produit. Un concept expliqué avec exactitude est utile que le lecteur devienne client ou non, et un concept expliqué pour soutenir une vente ne l'est ni l'un ni l'autre.

Rencontre découverte de trente minutes

Une première conversation sert à établir si cela vous convient. Aucune illustration n'est préparée et rien n'est arrangé.

Il arrive souvent que la réponse soit non, et vous l'entendrez pendant l'appel plutôt que dans une proposition ensuite.

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Questions fréquentes

Quelle est la formule du multiplicateur monétaire?

Le multiplicateur est conventionnellement l'inverse du coefficient de réserve: un divisé par le coefficient. Avec un coefficient de dix pour cent, la formule donne dix, ce qui voudrait dire qu'un dollar de base monétaire peut en théorie soutenir dix dollars de dépôts. C'est un rapport entre la masse monétaire et la base monétaire, et c'est une identité comptable observée après coup plutôt qu'une machine qui fabrique de l'argent. La formule décrit un système comportant des réserves obligatoires. Là où il n'y en a pas, le dénominateur n'existe pas et la formule ne décrit rien de réel.

Le multiplicateur monétaire s'applique-t-il au Canada?

Non, pas dans sa version des manuels. Le Canada a aboli les réserves obligatoires en 1992, de sorte qu'il n'existe aucun coefficient de réserve à inverser et que la formule n'a pas de dénominateur ici. Le rapport entre la masse monétaire et la base monétaire se calcule toujours après coup, mais il décrit un résultat plutôt qu'une contrainte: rien n'oblige un prêteur canadien à conserver une fraction fixe de ses dépôts. Toute présentation qui explique le crédit canadien par un coefficient de réserve décrit un système que ce pays a quitté il y a plus de trente ans.

Pourquoi enseigne-t-on encore cette idée?

Parce qu'elle est simple, qu'elle se dessine bien et qu'elle a longtemps décrit des systèmes qui imposaient effectivement des réserves. Les manuels sont lents à changer, et un modèle facile à illustrer survit à sa propre exactitude. Il a aussi une valeur pédagogique réelle: il montre comment des dépôts et des prêts successifs peuvent faire croître une masse monétaire, ce qui reste juste comme intuition même quand le mécanisme précis ne l'est pas. Le problème n'est pas qu'on l'enseigne. C'est qu'on le cite comme description du système canadien actuel, ce qu'il n'est pas.

Qu'est-ce qui limite réellement le crédit au Canada?

Trois choses, et aucune n'est un coefficient de réserve. Les exigences de fonds propres, qui obligent un prêteur à détenir du capital en proportion du risque de ce qu'il porte. Les règles de liquidité, qui l'obligent à pouvoir faire face à des sorties. Et la demande solvable: un prêt exige un emprunteur qui veut emprunter et qui satisfait aux critères. Le prix de l'argent, fixé de façon déterminante par l'autorité monétaire, agit sur les trois. Un exposé qui attribue la croissance du crédit à un coefficient de réserve a nommé la seule contrainte qui n'existe plus ici.

Les prêts créent-ils les dépôts, ou l'inverse?

Les prêts créent les dépôts. Lorsqu'un prêt est consenti, la somme est portée au crédit du compte de l'emprunteur, et ce dépôt n'existait pas auparavant: il naît de l'écriture, non du transfert de l'épargne de quelqu'un d'autre. C'est l'ordre inverse de celui que suggère le modèle du multiplicateur, où des dépôts arriveraient d'abord pour être ensuite prêtés par fractions successives. Des institutions centrales, dont la Banque d'Angleterre dans un article de 2014 souvent cité, l'ont écrit explicitement. C'est une correction technique publiée dans la littérature officielle, non une révélation.

Qu'est-ce que le coefficient de réserve?

C'est la fraction des dépôts qu'un prêteur doit conserver plutôt que prêter, fixée par la loi ou par l'autorité monétaire. Là où il existe, il plafonne mécaniquement l'expansion du crédit et donne au modèle du multiplicateur son dénominateur. Plusieurs pays en imposent encore un, d'autres l'ont ramené à zéro, et le Canada l'a supprimé en 1992. Ce qui compte pour un lecteur canadien est que l'absence de coefficient ne signifie pas l'absence de contrainte: les exigences de fonds propres et de liquidité ont remplacé cette fonction, et elles mordent différemment.

Quelle différence y a-t-il entre le multiplicateur M1 et le multiplicateur M2?

La différence tient à ce que l'on compte comme monnaie au numérateur. M1 retient les formes les plus liquides, essentiellement les billets en circulation et les dépôts à vue. M2 y ajoute des dépôts moins liquides, comme des dépôts d'épargne et à préavis. Le même dénominateur, la base monétaire, produit donc deux rapports très différents, et le second est nettement plus grand. Quand quelqu'un cite un multiplicateur sans dire lequel, le chiffre n'est pas vérifiable. Demandez quel agrégat est employé avant d'accepter la comparaison qu'on en tire.

Pourquoi dit-on que dix dollars sont créés pour chaque dollar déposé?

Parce que c'est ce que donne la formule avec un coefficient de dix pour cent, et parce que le chiffre est frappant. L'affirmation confond trois choses: un exemple de manuel, une identité comptable observée après coup, et une description du système canadien actuel. Aucune des trois n'autorise à dire que votre dépôt particulier a été démultiplié par dix. La masse monétaire croît réellement lorsque le crédit croît, ce qui est le fond de vérité de l'affirmation. Le rapport fixe et le mécanisme décrit sont la partie qui ne tient pas.

Un ménage peut-il créer de la monnaie comme le fait un prêteur?

Non. La capacité de créer un dépôt en consentant un prêt appartient aux institutions autorisées à recevoir des dépôts, sous surveillance, avec des exigences de fonds propres et de liquidité et un accès aux facilités de l'autorité monétaire. Un ménage n'a rien de tout cela. Un particulier qui se prête à lui-même déplace de l'argent d'une poche à l'autre: aucun dépôt nouveau n'apparaît nulle part. Ce qui demeure vrai est plus simple et plus utile: l'intérêt versé à un prêteur extérieur quitte le ménage pour de bon, et le capital dépensé cesse de travailler. Les deux méritent l'attention, et aucun n'a besoin d'un multiplicateur.

D'où la monnaie vient-elle réellement au Canada?

L'essentiel vient du crédit consenti par des institutions de dépôt, sous forme de dépôts créés au moment où un prêt est consenti. Les billets émis par la Banque du Canada n'en représentent qu'une petite part. La base monétaire, elle, est fournie par l'autorité monétaire, qui influence surtout le prix de l'argent plutôt que sa quantité. La monnaie disparaît aussi lorsque le crédit est remboursé, ce qui est la moitié de l'histoire que les exposés spectaculaires omettent. La Banque du Canada publie les statistiques et les explications, et c'est la source à consulter.

Comment vérifier une affirmation sur la création monétaire?

Posez quatre questions. De quel pays parle-t-on, et de quelle année, puisque les réserves obligatoires diffèrent d'un pays à l'autre et changent dans le temps. Quel agrégat monétaire est employé, puisque M1 et M2 ne donnent pas le même rapport. La source est-elle une autorité monétaire, un organisme statistique ou une publication commerciale. Et le chiffre est-il présenté comme une contrainte ou comme une observation. Une affirmation qui survit aux quatre est probablement exacte. Une affirmation qui n'en survit à aucune sert habituellement à vendre quelque chose.

Pourquoi cette page se trouve-t-elle sur le site d'un cabinet d'assurance?

Parce que l'idée est régulièrement invoquée dans ce domaine, souvent de travers, pour laisser entendre qu'un arrangement personnel reproduirait la création monétaire. Il ne la reproduit pas. Le contrat décrit ailleurs sur ce site est une police d'assurance vie émise par un assureur sous réglementation fédérale: il n'est pas un dépôt, il ne crée aucune monnaie et il ne transforme pas son titulaire en institution de dépôt. Énoncer le mécanisme réel est la seule façon de rendre visible l'écart entre ce que le système fait et ce qu'un contrat fait.

Au sujet de l'auteur

Dernière révision: 2026-08-24. Par José Salloum, conseiller en sécurité financière.

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