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S'en servir ou le perdre: cinq choses qu'un contrat avec participation peut retirer

Dans un contrat d'assurance vie entière avec participation, cinq choses peuvent se perdre faute d'agir: le droit de faire des dépôts facultatifs, une date d'option pour acheter plus de couverture, votre assurabilité, la raison d'être du contrat et l'argent déjà versé. Deux relèvent du contrat, une de votre santé, deux de vos habitudes. Aucune ne justifie de se presser. Chacune invite à lire le contrat et à le financer à un niveau qu'une année ordinaire peut soutenir.

Un avis de dépôt arrive pendant un mois chargé. Le montant est facultatif, le budget est serré, et sauter ce versement paraît sans conséquence. Personne ne téléphone. Rien ne change sur le relevé suivant. Quelques années plus tard, le même titulaire veut verser une somme et apprend que son droit de le faire a rétréci, ou qu'il a pris fin.

C'est l'un des sens qu'on donne à l'expression « s'en servir ou le perdre » quand il est question d'un contrat d'assurance vie entière avec participation. Ce n'est pas le seul. Dans les milieux de ce que l'on appelle l'Infinite Banking, l'expression sert à désigner au moins cinq pertes différentes, chacune avec sa propre cause. Les confondre mène à des décisions coûteuses: acheter dans la précipitation, surfinancer par crainte, ou prendre une avance sans aucune raison.

Cette page sépare les cinq. Pour chacune, elle précise ce qui peut se perdre, où la règle est réellement écrite, ce que dit le droit canadien et la question à poser à l'assureur avant de signer. Il s'agit de renseignements généraux rédigés par un professionnel de l'assurance titulaire d'un permis. La réponse qui vaut pour votre contrat se trouve dans votre contrat.

Que veut dire « s'en servir ou le perdre » dans un contrat avec participation?

Cinq choses différentes. Deux sont écrites dans le contrat: le droit de faire des dépôts facultatifs et des options datées pour acheter plus de couverture. Une dépend de votre santé: l'assurabilité. Deux dépendent de vos habitudes: utiliser le contrat pour ce à quoi il sert, et le garder pendant ses premières années. Aucune ne justifie de se presser.

L'expression vient de la façon dont R. Nelson Nash enseignait son idée. Nash a été conseiller forestier pendant une dizaine d'années, puis agent pour deux assureurs vie mutuels pendant plus de trente-cinq ans. Dans son livre Becoming Your Own Banker®, publié en 2000 dans sa première édition, il soutenait que le financement des gros achats est une fonction que chaque ménage exerce, qu'il s'en rende compte ou non. Sa réponse: accumuler de la valeur dans un contrat d'assurance vie entière qui verse des participations, puis y puiser quand il faut des capitaux. Le livre est américain et a été écrit en fonction du droit américain. Le contrat canadien, et les règles fiscales canadiennes qui l'entourent, sont différents, tout comme plusieurs des façons de perdre ce qu'on a bâti.

Voici les cinq, côte à côte, avant de les expliquer une à une.

Ce qui peut se perdre Où se trouve la règle Ce qui cause la perte Peut-on le récupérer?
Les droits de dépôt facultatif L'avenant de dépôt de votre contrat Sauter des dépôts Parfois, selon les modalités de l'avenant; sinon, avec une nouvelle tarification
Une date d'option pour acheter plus de couverture L'option d'assurabilité garantie, si elle a été choisie Laisser passer la date Non. Le droit lié à cette date est perdu
L'assurabilité La tarification, à chaque nouvelle proposition L'âge et les changements de santé Rarement aux mêmes conditions
La raison d'être du contrat Vos propres habitudes Ne jamais s'en servir, ou s'en servir sans rembourser Oui, avec de la discipline
L'argent déjà versé Le barème des valeurs de rachat garanties Abandonner le contrat dans ses premières années Non. Le manque à gagner est définitif

Puis-je perdre le droit de faire des dépôts facultatifs?

un versement, trois fonctions

Où va une prime d'assurance permanente

  1. 01Une part couvre le coût de l'assurance elle-même
  2. 02Une part couvre les frais et la taxe sur les primes
  3. 03Une part constitue la valeur contractuelle de la police
  4. 04La répartition n'est pas détaillée sur une illustration
  5. 05La prime nivelée est fixée pour la durée du contrat
Une prime permanente n'est pas un frais unique, et aucune illustration n'en montre les trois parts séparément.

Oui, selon votre contrat. Les dépôts facultatifs passent par un avenant qui achète de l'assurance supplémentaire libérée, et c'est l'assureur qui en fixe les modalités. Certains avenants reportent les droits inutilisés; beaucoup ne le font pas. D'autres mettent fin à l'option après une période sans dépôt. La règle qui vous concerne se trouve dans le libellé de votre contrat, pas dans un conseil général.

Un contrat d'assurance vie entière avec participation reçoit de l'argent de deux façons. La prime de base est fixe et doit être payée; elle achète la couverture garantie et le barème des valeurs de rachat garanties. Les dépôts facultatifs, eux, passent par un avenant d'assurance supplémentaire libérée (ASL), que certains assureurs canadiens appellent une option de dépôt. Chaque dépôt achète une petite tranche de couverture entièrement libérée. Cette tranche a sa propre valeur de rachat, s'ajoute au capital-décès et devient admissible aux participations les années suivantes. Un contrat conçu pour donner accès tôt à sa valeur s'appuie sur cet avenant, puisque c'est lui qui permet à la valeur accessible de croître plus vite que la seule prime de base ne le permettrait.

Ce que permet cet avenant dépend de l'assureur, et il vaut la peine de voir comment un assureur le rédige concrètement. Équitable, compagnie d'assurance vie du Canada, dont le contrat d'assurance vie entière avec participation Equimax® comporte un avenant de dépôt appelé Excelerator Deposit Option (EDO), publie les règles suivantes dans sa documentation pour conseillers datée de novembre 2025. Cet assureur est nommé ici seulement parce que ses règles sont publiées et précises; il ne s'agit d'une recommandation d'aucun assureur.

Règle Ce que dit la documentation d'Équitable de novembre 2025
Droits inutilisés Les paiements EDO sautés ne sont pas reportés. Un titulaire qui paie moins que le maximum peut parfois augmenter ses paiements suivants à l'intérieur de la limite
Minimum 100 $ par année en paiements prévus (10 $ par mois), ou 100 $ en paiement unique
Reprise après une pause Dans les 60 mois suivant le dernier paiement EDO, aucune approbation de tarification n'est nécessaire. Après 60 mois, une demande de modification et une preuve d'assurabilité sont exigées
Frais sur chaque dépôt Un chargement de 8 %, qui couvre les commissions, la taxe sur les primes et les frais d'administration
Primes impayées Un dépôt sert d'abord à payer toute prime échue
Plafond fiscal Aucun paiement n'est accepté s'il rendait la police non exonérée

Deux leçons ressortent de ce tableau. La première: pour cet avenant, « s'en servir ou le perdre » est vrai au pied de la lettre en ce qui touche le report. Les droits d'une année qui ne sont pas utilisés ne vous attendent pas l'année suivante. La seconde est plus discrète. La version de 2019 du même document d'Équitable indiquait que l'option cessait après 24 mois sans paiement. En novembre 2025, le délai pour reprendre sans tarification était de 60 mois. Les règles changent d'une version à l'autre, et celle qui vous lie est celle qui régit votre contrat. Demandez-la par écrit.

D'autres assureurs rédigent leurs avenants autrement. Certains permettent des dépôts de rattrapage à l'intérieur d'une fourchette donnée; d'autres réduisent le maximum après des années manquées; d'autres encore exigent une nouvelle preuve de santé pour tout dépôt au-delà d'un certain montant. Voilà pourquoi l'expression est une question à poser, et non une règle à tenir pour acquise.

Concrètement, où trouver la réponse? Dans le contrat lui-même, à la section qui décrit l'avenant de dépôt ou l'option de dépôt, et non dans la brochure ou dans l'illustration. La brochure décrit le produit en général; l'illustration projette des valeurs selon des hypothèses; seul le contrat établi à votre nom fixe vos droits. Si le libellé vous paraît obscur, vous êtes en droit de demander à l'assureur une confirmation écrite de trois points: le montant maximal que vous pouvez déposer cette année, ce qu'il advient des droits d'une année où vous ne déposez rien, et les conditions exactes pour reprendre les dépôts après une pause. Gardez cette réponse avec votre contrat. Dans dix ans, c'est elle qui tranchera, pas le souvenir d'une conversation.

Le plafond qui s'applique à tous les contrats

Aucun assureur ne peut accepter des dépôts illimités, quoi que dise son avenant. Un contrat conserve son traitement fiscal avantageux seulement tant qu'il satisfait au critère d'exonération prévu à l'article 306 du Règlement de l'impôt sur le revenu, et les contrats établis depuis le 1er janvier 2017 sont évalués selon la version actuelle de ce critère. Même une clause de rattrapage généreuse s'applique donc sous un plafond fédéral, et l'assureur refusera, ou réorientera, toute somme qui ferait dépasser ce plafond au contrat. Ce refus vous protège: un contrat qui échoue au critère perd l'abri fiscal qui justifiait de le financer.

Pourquoi la comparaison avec les comptes enregistrés induit en erreur

Les personnes qui connaissent bien leurs comptes enregistrés supposent parfois que la même logique s'applique ici. Ce n'est pas le cas.

Compte ou avenant Droits inutilisés
CELI Reportés selon les règles fédérales
REER Reportés selon les règles fédérales
CELIAPP Reportés, mais seulement jusqu'à 8 000 $ de droits inutilisés
Avenant d'assurance supplémentaire libérée Reportés seulement si le contrat le prévoit; l'EDO d'Équitable, par exemple, ne le prévoit pas

La différence tient à la nature même des droits. Les droits d'un compte enregistré sont une limite fédérale qui vous appartient en tant que contribuable. Les droits d'un avenant sont un droit contractuel que l'assureur vous a accordé au moment de tarifer votre contrat, et ils durent seulement aussi longtemps que le contrat le prévoit.

Avant de signer, demandez: « Si je saute un dépôt facultatif la troisième année, qu'advient-il de mon droit de déposer la quatrième année, la cinquième, et ensuite? Que faut-il pour reprendre? Montrez-moi le libellé du contrat, pas un résumé. »

Les dates d'option pour acheter plus de couverture expirent-elles?

Oui, si votre contrat en comporte. Une option d'assurabilité garantie, choisie à l'établissement du contrat, vous donne le droit d'acheter des montants précis de couverture additionnelle à des dates précises, sans nouvelle preuve de santé. Chaque date s'accompagne d'une courte période pour agir. Une fois cette période passée, le droit lié à cette date prend fin pour de bon. Il n'est pas reporté.

C'est la forme la plus pure de « s'en servir ou le perdre » en assurance vie, et on la confond souvent avec l'avenant de dépôt, parce que les deux ajoutent de la couverture sans nouvel examen médical. Ce sont pourtant deux droits distincts. L'avenant de dépôt vous permet de verser davantage dans le contrat que vous avez déjà. L'option vous permet d'acheter une couverture additionnelle d'un montant fixé, à une date fixée, habituellement liée à votre âge ou à des événements comme un mariage ou une naissance. L'assureur en établit le prix à l'émission, d'après les renseignements sur la santé dont il disposait ce jour-là.

Ce qui en fait la valeur est aussi ce qui la rend facile à perdre. Rien ne se passe à l'arrivée d'une date d'option si vous n'agissez pas. L'assureur enverra peut-être un avis; peut-être pas. Si le ménage n'a pas noté les dates, le résultat le plus fréquent est qu'elles passent inaperçues et que le droit payé par le titulaire expire sans avoir servi.

Un droit semblable figure dans bien des contrats d'assurance vie temporaire: le privilège de transformation, qui permet d'échanger l'assurance vie temporaire contre un contrat permanent du même assureur, sans nouvelle preuve de santé, jusqu'à un âge ou une date prévus au contrat. Lui aussi prend fin à l'échéance. La couverture demeure, mais uniquement comme assurance vie temporaire.

Avant de signer, demandez: « Ce contrat comporte-t-il une option d'assurabilité garantie? À quelles dates, pour quels montants, et combien de temps dure la période pour agir autour de chaque date? Allez-vous m'en aviser, ou dois-je les suivre moi-même? »

Comment peut-on perdre son assurabilité, et faut-il acheter maintenant?

Règlement 306 du Règlement de l'impôt sur le revenu

Le test d'exonération, et ce qu'il détermine

  1. 01La police est comparée à une police de référence théorique. Qu'est-ce que cela détermine?
  2. 02Elle accumule sans imposition annuelleLa police réussit.
  3. 03Elle est imposée chaque annéeLa police échoue.
La croissance dans une police canadienne est à imposition reportée tant que le contrat demeure exonéré, et ce test est ce qui le maintient exonéré.

L'assurabilité, c'est la capacité d'obtenir une couverture aux conditions normales. L'âge fait monter toutes les primes, et un changement de santé peut mener à une surprime, à une exclusion, à un report ou à un refus. C'est un actif réel. C'est aussi l'argument le plus facile à transformer en pression de vente; lisez donc la suite de cette section avant de lui laisser décider quoi que ce soit.

Chaque proposition passe par la tarification, et le résultat n'est jamais automatique. Un assureur peut accepter une proposition telle quelle, l'accepter avec une surprime, l'accepter avec une exclusion, la reporter ou la refuser. Une couverture que vous obtenez facilement aujourd'hui pourrait coûter plus cher, comporter une exclusion ou ne plus être offerte dans cinq ans. C'est tout simplement ainsi que fonctionne la tarification, et cela vaut pour tout le monde.

Les trois droits décrits plus haut protègent une partie de cette assurabilité une fois le contrat établi. Les tranches d'assurance supplémentaire libérée achetées dans le cadre d'un avenant existant ajoutent généralement de la couverture sans nouvelle preuve médicale, dans les limites de l'avenant. Les dates d'option ajoutent des montants fixés sans elle. Le privilège de transformation change une assurance temporaire en couverture permanente sans elle. Chacun de ces droits n'existe que s'il a été choisi à l'émission et maintenu en vie en s'en servant. C'est là que les trois premières pertes se rejoignent.

Voici la limite, et elle compte: l'assurabilité est une raison de décider sur le fond pendant que vous êtes encore admissible. Ce n'est jamais une raison de décider cette semaine. Un contrat avec lequel vous vivrez trente ou quarante ans ne s'améliore pas parce qu'il a été signé en vitesse. Si les conditions qui font fonctionner cette approche sont absentes, la réponse est non, quels que soient votre âge et votre santé. Ces conditions sont un surplus qui tient dans une année ordinaire, un horizon qui se compte en décennies, des capitaux qui existent réellement et une raison claire de détenir le contrat.

Dans toute discussion sur la couverture, un bon signe est l'absence d'une échéance que vous n'avez pas fixée vous-même.

Avant de signer, demandez: « Quelles parties de cette couverture pourrais-je ajouter plus tard sans nouvelle preuve médicale, et jusqu'à quel montant? Que perdrais-je si j'attendais un an? »

Que veut dire se servir du contrat, et combien cela coûte-t-il?

Au sens de Nash, se servir du contrat, c'est prendre une avance pour un besoin réel et la rembourser selon un calendrier que vous fixez. L'avance vient de l'assureur, qui est le prêteur et qui exige des intérêts à un taux qu'il fixe et peut modifier. Sans remboursement, le contrat se consume lentement. Pour des besoins inventés, il coûte des intérêts pour rien.

L'argument de Nash repose sur un cycle. Vous financez le contrat. Sa valeur s'accumule. Vous prenez une avance pour un besoin que vous auriez de toute façon financé ou payé: un véhicule, de l'équipement, des droits de scolarité, une mise de fonds. Vous la remboursez. Le remboursement rétablit la marge que vous avez utilisée, et le cycle peut recommencer. Le titulaire qui bâtit un contrat, puis continue par habitude de financer ses gros achats auprès de prêteurs externes, a payé pour une structure sans en utiliser la fonction. C'est la perte que décrit ce sens de l'expression.

Il faut toutefois bien lire ce que Nash proposait. Il ne disait pas qu'il faut emprunter souvent, ni qu'une avance est gratuite. Il disait qu'un ménage qui finance de toute façon ses gros achats gagne à décider lui-même d'où vient l'argent et à quel rythme il est remboursé. La nuance est importante: le contrat n'efface pas le coût du financement, il change seulement la personne qui fixe le calendrier de remboursement.

Ce qu'est réellement une avance

Les slogans habituels décrivent mal le mécanisme; il vaut donc la peine de le préciser.

  • L'assureur est le prêteur. Une avance sur contrat est une avance consentie par l'assureur et garantie par la valeur de rachat. Vous n'« empruntez pas votre propre argent » et vous ne « vous payez pas d'intérêts à vous-même ». Les intérêts sont dus à l'assureur.
  • L'assureur fixe le taux. Le guide des avances sur police d'Équitable, par exemple, précise que le taux est révisé de temps à autre et peut changer en tout temps.
  • Les intérêts impayés s'ajoutent à l'avance, habituellement à chaque anniversaire du contrat, puis portent eux-mêmes intérêt.
  • L'avance réduit ce que recevront vos bénéficiaires tant qu'elle n'est pas remboursée.
  • Si la dette totale dépasse un jour la valeur de rachat, le contrat peut tomber en déchéance.
  • La protection d'Assuris est calculée déduction faite des avances. Si un assureur fait faillite, Assuris protège le capital-décès jusqu'à 1 000 000 $ ou 90 % du montant promis, et la valeur de rachat jusqu'à 100 000 $ ou 90 %, le plus élevé des deux, une fois l'avance déduite.

Comment grossissent les intérêts impayés

Exemple illustratif. Hypothèses: une avance de 20 000 $; des intérêts de 7 % par année; aucun intérêt payé; les intérêts impayés ajoutés à l'avance une fois par année. Ces chiffres ne proviennent d'aucune illustration d'assureur et ne constituent une prévision d'aucun taux.

Fin de l'année Solde de l'avance
1 21 400 $
3 24 501 $
5 28 051 $
10 39 343 $

Après dix ans, la dette a presque doublé, et chaque dollar de cette dette est retranché du capital-décès. Le calcul est une simple capitalisation: le solde est multiplié par 1,07 chaque année. Le même calcul joue en votre faveur quand les intérêts sont payés chaque année et que le solde reste à 20 000 $.

La règle fiscale que la plupart des articles oublient

Une avance n'est pas imposée jusqu'à concurrence du coût de base rajusté (CBR) du contrat tel qu'il s'établit immédiatement avant l'avance. Toute partie qui dépasse le CBR est un revenu de l'année où vous la recevez, en vertu du paragraphe 148(1) de la Loi de l'impôt sur le revenu; les définitions qui font d'une avance sur police une disposition se trouvent au paragraphe 148(9). Le remboursement d'une avance qui a été imposée rétablit le CBR et peut donner droit à une déduction en vertu de l'alinéa 60s). C'est l'assureur, et non vous, qui détient les chiffres qui déterminent chaque étape.

Mises ensemble, ces règles révèlent le pire résultat que permet le produit: un contrat qui tombe en déchéance alors qu'une avance importante est en cours. La déchéance est elle-même une disposition. L'avance est traitée comme un produit de disposition. Le résultat peut être une facture d'impôt au moment précis où il ne reste ni valeur de rachat ni couverture.

« S'en servir » comporte deux moitiés

L'avertissement de Nash portait sur l'épicier qui prend des marchandises sur ses propres tablettes sans les payer, et qui finit par ne plus avoir de commerce. Dans son sens, s'en servir veut dire s'en servir et rembourser. La discipline du remboursement compte autant que la volonté de puiser dans le contrat.

Il faut aussi faire la bonne comparaison. Les promoteurs comparent souvent une avance sur contrat à un prêt bancaire et concluent que le titulaire conserve des intérêts qui seraient autrement allés à un prêteur. C'est la comparaison juste seulement si vous alliez emprunter de toute façon. Si vous auriez autrement payé comptant à même votre épargne, la comparaison juste se fait avec l'utilisation de votre propre épargne, et l'avantage est plus mince. Parfois, il disparaît. Se servir du contrat pour le simple plaisir de s'en servir, alors que l'achat n'exigeait aucun financement, n'est pas de la discipline. C'est de l'activité, et elle coûte des intérêts.

Bon usage Mauvais usage
Un besoin que vous auriez financé ou payé de toute façon Un achat inventé pour « faire rouler le système »
Un calendrier de remboursement écrit et respecté « Je rembourserai quand les choses se calmeront »
Des intérêts payés au moins une fois par année Des intérêts laissés s'ajouter à l'avance à chaque anniversaire
Le solde de l'avance comparé chaque année à la valeur de rachat Un solde découvert seulement quand l'assureur écrit
Le CBR confirmé auprès de l'assureur avant une avance importante Une avance importante prise sur un contrat dont le CBR est presque nul

Avant de signer, demandez: « Quel taux cet assureur exige-t-il aujourd'hui sur les avances, comment ce taux a-t-il évolué depuis dix ans, et qu'arrive-t-il au contrat si je ne paie aucun intérêt pendant trois ans? »

Pourquoi les premières années sont-elles le pire moment pour arrêter?

ce qu'un avenant achète réellement

L'avenant d'assurance supplémentaire libérée

  1. 01Un petit bloc d'assurance vie entière entièrement payé
  2. 02Acheté avec une participation déclarée ou un dépôt additionnel
  3. 03Il n'exige aucune prime supplémentaire une fois acquis
  4. 04Il s'ajoute à la valeur de rachat et au capital-décès
  5. 05L'avenant comporte un maximum fixé par le test d'exonération
Les participations servant à acheter ces additions sont déclarées annuellement à la discrétion de l'assureur et ne sont pas garanties.

Parce que les coûts d'un contrat avec participation pèsent surtout au début. La valeur de rachat garantie reste habituellement inférieure au total des primes versées pendant de nombreuses années, parfois plus d'une décennie. Un contrat abandonné pendant cette période rend nettement moins que ce qu'on y a mis, et cet écart ne revient pas. Arrêter n'est toutefois pas la même chose que tout perdre: il existe plusieurs façons de reculer sans abandonner.

Les coûts du début sont réels et doivent être nommés. Ils comprennent les frais d'acquisition, dont la commission versée au conseiller qui met le contrat en place, fortement concentrée la première année; les provisions de l'assureur; et le coût de l'assurance elle-même. Dans un avenant comme l'EDO d'Équitable, chaque dépôt facultatif comporte aussi son propre chargement de 8 %. Rien de tout cela n'est caché quand on lit la colonne garantie, et c'est précisément pourquoi les premières années mettent la patience à l'épreuve.

Le chiffre le plus utile à demander est l'année du seuil de rentabilité dans la colonne garantie: la première année où la valeur de rachat garantie égale ou dépasse le total des primes versées. La colonne illustrée, qui suppose le maintien du barème de participations actuel, affichera une année plus rapprochée. Les participations ne sont pas garanties, et les barèmes bougent, dans un sens comme dans l'autre. Comment le repérer vous-même? Dans l'illustration, cherchez la colonne des valeurs de rachat garanties et, à côté, le cumul des primes versées. Descendez année par année jusqu'à la première ligne où la première atteint ou dépasse la seconde. Faites l'exercice une deuxième fois avec la colonne qui suppose le barème actuel, puis comparez les deux années obtenues. L'écart entre elles mesure exactement la part de votre patience qui repose sur des participations non garanties. Si cette part vous paraît trop grande, dites-le avant de signer: la conception du contrat, le rythme des dépôts ou le montant de la prime de base peuvent souvent être ajustés à cette étape, beaucoup plus difficilement ensuite.

Reculer sans tout perdre

Un ménage dont le revenu baisse vraiment dispose d'options. Chacune a un coût; la bonne dépend du contrat et de la raison de la difficulté.

Option Ce qui se passe Ce qu'elle coûte
Cesser les dépôts facultatifs La prime de base continue Les droits de dépôt futurs, selon l'avenant
Avance automatique de prime Une prime manquée devient une avance, si le contrat prévoit cette disposition et qu'elle a été choisie Des intérêts, et une avance qui grossit
Payer la prime avec les participations Les participations couvrent une partie ou la totalité de la prime Fonctionne seulement tant que les participations suffisent; un barème plus bas peut tout défaire
Réduire la couverture Une prime plus basse sur un contrat plus petit Moins de couverture, et une partie du contrat est rachetée
Assurance libérée réduite Plus de primes; un contrat permanent plus petit reste en vigueur Un capital-décès beaucoup plus bas
Assurance temporaire prolongée Le plein montant de couverture, pour une période limitée La couverture prend fin au terme de cette période
Rachat Le contrat prend fin et la valeur de rachat est versée La couverture prend fin; toute valeur qui dépasse le CBR est imposable

La seule véritable perte totale, c'est de ne rien faire. Si une prime reste impayée après le délai de grâce et qu'aucune option ne s'applique, le contrat tombe en déchéance et la couverture est perdue. Le délai de grâce est fixé par le contrat et par la loi provinciale, et il est habituellement d'environ un mois, pas d'une saison. Lisez l'avis quand il arrive, et appelez avant la date limite, pas après.

Avant de signer, demandez: « En quelle année la valeur de rachat garantie dépassera-t-elle pour la première fois ce que j'aurai versé? Lesquelles des options ci-dessus ce contrat prévoit-il, et l'avance automatique de prime a-t-elle été choisie? »

Qu'est-ce qui me protège contre les cinq pertes?

Une seule décision protège contre la plupart d'entre elles: financer le contrat à un niveau qu'une année ordinaire peut soutenir, et non sur votre année la plus forte. Le niveau de dépôt établi sur une bonne année est celui qu'on risque le plus de sauter, et c'est en sautant que l'avenant, les premières années et vos propres habitudes vous pénalisent tous en même temps.

Perte Ce qui vous protège
Les droits de dépôt facultatif Connaître les règles de l'avenant; un niveau de dépôt qu'une année ordinaire peut soutenir
Les dates d'option Noter chaque date à l'agenda le jour où le contrat arrive
L'assurabilité Une décision prise sur le fond, pendant que vous êtes admissible, jamais sous la pression d'une échéance
La raison d'être du contrat S'en servir pour de vrais besoins, avec un remboursement prévu par écrit
L'argent déjà versé Un horizon réaliste, et le choix d'une option avant la déchéance

Un contrat ne s'achète pas une fois pour ensuite être oublié. L'avenant a ses règles, les options ont leurs dates, votre santé peut changer, les habitudes s'effritent et les premières années pénalisent toute interruption. La révision annuelle sert à vérifier ces cinq éléments: le dépôt fait ou délibérément sauté, la prochaine date d'option, le solde de l'avance comparé à la valeur de rachat, la participation réellement déclarée comparée à celle qui avait été illustrée, et les désignations de bénéficiaires.

Que devrais-je demander avant de signer?

chacune imposée différemment

Trois façons d'accéder à la valeur, souvent confondues

  1. Une avance, Un retrait, Un rachat
  2. Le contratDemeure intact, selon ses termes; De la valeur en est retirée définitivement; Prend fin.
  3. Le capital-décèsRéduit tant qu'un solde demeure impayé; Habituellement réduit, et non rétabli ensuite; Prend fin avec le contrat.
  4. Peut-on revenir en arrièreOui, en remboursant le solde; Non, pas en versant de l'argent; Non, et l'assurabilité peut manquer.
  5. FiscalitéEn général une disposition; un gain imposable peut survenir si l'avance dépasse le coût de base rajusté; Les sommes au-delà du coût de base rajusté peuvent l'être; Les sommes au-delà du coût de base rajusté le sont.
Ces trois opérations sont souvent confondues entre elles.

Sept questions couvrent les cinq pertes. Posez-les à la personne qui vous propose le contrat, et demandez les réponses par écrit.

  1. Qu'advient-il de mon droit de dépôt facultatif si je saute une année? Deux années? Montrez-moi le libellé.
  2. Ce contrat comporte-t-il des dates d'option pour acheter plus de couverture? Lesquelles, et combien de temps dure chaque période pour agir?
  3. Jusqu'à quel montant puis-je ajouter de la couverture plus tard sans nouvelle preuve médicale?
  4. Qui est le prêteur quand je prends une avance, quel est le taux aujourd'hui, et comment a-t-il évolué?
  5. En quelle année la valeur de rachat garantie dépassera-t-elle pour la première fois les primes que j'aurai versées?
  6. Quelles options ce contrat prévoit-il si mon revenu baisse, et l'avance automatique de prime a-t-elle été choisie?
  7. Qu'est-ce qui vous amènerait à me dire de ne pas le faire?

La dernière question est la plus importante. Une réponse honnête en dit plus long sur la personne assise en face de vous que n'importe quelle illustration.

Ce que cette page ne vous dira pas

Elle ne vous dira pas les règles de votre propre avenant. Cette page cite les règles publiées par un assureur pour montrer à quel point elles sont précises; les règles de votre assureur, et la version qui régit votre contrat, peuvent être différentes. Elle ne vous dira pas non plus votre CBR, le taux de votre avance ni votre année de seuil de rentabilité. Seul l'assureur détient ces chiffres.

Les règles comportent aussi des détails volontairement laissés de côté: les contrats détenus par une société, les avances servant à payer une prime et la limite du montant qu'un remboursement peut rétablir dans le CBR. Chacun peut changer la réponse. Les modalités contractuelles de toute police sont celles de l'assureur qui l'établit, les garanties sont des obligations de l'assureur et non d'un gouvernement, les participations ne sont pas garanties, et l'assurance vie entière avec participation est de l'assurance, pas un placement. Les conseillers qui mettent ces contrats en place sont habituellement rémunérés par une commission de l'assureur. Rien ici ne constitue un conseil fiscal ou juridique; faites confirmer votre situation par votre comptable et par votre avocat ou votre notaire.

À qui cela ne convient pas

Cette page n'est pas un argument pour acheter un contrat, ni pour en accélérer le financement. Si votre revenu pourrait vraisemblablement manquer une année, si vous risquez d'avoir besoin de l'argent au cours des premières années, si vous portez des dettes de consommation à taux élevé, ou si vous ne savez pas dire à quoi servirait le contrat, les pertes décrites ici sont plus probables que les avantages, et un autre choix vous servira sans doute mieux. Rembourser une dette à taux élevé ou constituer d'abord une réserve d'urgence facile d'accès peut alors passer avant un contrat, et une conversation honnête devrait le dire clairement, même si elle se termine sans signature.

Si vous détenez déjà un contrat, la prochaine étape est modeste: trouvez le libellé de l'avenant, les dates d'option et l'année du seuil de rentabilité, et notez-les. Apportez-les à votre révision annuelle, ou réservez une rencontre au moment qui vous convient. Il n'y a pas d'échéance. Savoir ce que vous pourriez perdre, c'est la façon de le garder.

Rencontre découverte de trente minutes

Une première conversation sert à établir si cela vous convient. Aucune illustration n'est préparée et rien n'est arrangé.

Il arrive souvent que la réponse soit non, et vous l'entendrez pendant l'appel plutôt que dans une proposition ensuite.

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Questions fréquentes

Que veut dire « s'en servir ou le perdre » dans l'Infinite Banking?

L'expression sert, sans grande rigueur, à désigner cinq choses différentes: des droits de dépôt facultatif qui peuvent diminuer ou prendre fin quand on saute des dépôts, des dates d'option qui expirent si on les laisse passer, une assurabilité que l'âge et la santé peuvent retirer, un contrat qui ne sert jamais à ce pour quoi il a été conçu, et l'argent perdu quand on abandonne un contrat trop tôt. Chacune a sa cause et son remède. Demandez de laquelle on parle avant d'agir.

Si je saute un dépôt d'assurance supplémentaire libérée, puis-je le rattraper l'an prochain?

Seulement si votre contrat le prévoit. Équitable, par exemple, précise que les paiements sautés dans le cadre de son option Excelerator Deposit Option ne sont pas reportés, même si un titulaire qui paie moins que le maximum peut parfois augmenter ses paiements suivants à l'intérieur de la limite. D'autres assureurs rédigent leurs avenants autrement. Demandez le libellé du contrat sur le report, sur le nombre d'années qu'on peut sauter et sur les conditions de reprise.

Est-ce que je perds l'option de dépôt si je cesse d'y verser?

C'est possible. Selon les règles d'Équitable de novembre 2025, les dépôts peuvent reprendre sans tarification dans les 60 mois suivant le dernier; au-delà, une demande de modification et une nouvelle preuve d'assurabilité sont exigées. Son document de 2019 prévoyait 24 mois. Les règles varient d'un assureur à l'autre et changent avec le temps. Faites confirmer par écrit la version qui régit votre contrat.

Les droits de dépôt d'un avenant fonctionnent-ils comme ceux d'un CELI ou d'un REER?

Non. Les droits inutilisés du CELI et du REER sont reportés selon les règles fédérales, et ceux du CELIAPP ne le sont que jusqu'à 8 000 $. Les droits d'un avenant d'assurance supplémentaire libérée sont fixés par le contrat de l'assureur, et bien des avenants ne les reportent pas du tout. Ils sont aussi plafonnés par le critère d'exonération de l'article 306 du Règlement de l'impôt sur le revenu, quoi que prévoie l'avenant.

Devrais-je acheter une police maintenant, avant de devenir inassurable?

Seulement si le reste du dossier tient. L'assurabilité est réelle et l'âge fait monter chaque prime, mais c'est une raison de décider sur le fond pendant que vous êtes admissible, pas une raison de décider vite. Un contrat que vous ne pouvez pas financer dans une année ordinaire, ou dont vous ne savez pas dire à quoi il sert, fait mauvais usage d'une bonne santé. Demandez quelle couverture vous pourriez ajouter plus tard sans nouvelle preuve médicale.

Que se passe-t-il si je ne prends jamais d'avance sur contrat?

Rien de mal pour le contrat. Il conserve ses valeurs garanties et les participations déclarées. Ce qui se perd, c'est la raison pour laquelle certains titulaires l'ont bâti: une source à laquelle puiser pour les gros achats, plutôt qu'un prêteur externe ou leur épargne. Une avance n'a de sens que pour un besoin réel, avec un calendrier de remboursement, puisqu'elle est due à l'assureur avec intérêts.

Qu'arrive-t-il aux intérêts impayés d'une avance sur contrat?

Dans la plupart des contrats, ils s'ajoutent à l'avance, souvent à l'anniversaire de la police, puis portent eux-mêmes intérêt. Le solde grossit, le capital-décès versé à vos bénéficiaires diminue d'autant et, si la dette totale dépasse un jour la valeur de rachat, le contrat peut tomber en déchéance. Une déchéance avec une avance importante peut aussi créer un gain imposable. Payer les intérêts chaque année prévient ces trois conséquences.

Quelles sont mes options si je ne peux plus payer la prime?

Il y en a plusieurs, chacune avec un coût: cesser les dépôts facultatifs, recourir à l'avance automatique de prime si le contrat la prévoit, payer la prime avec les participations si elles suffisent, réduire la couverture, passer à une assurance libérée réduite, passer à une assurance temporaire prolongée, ou racheter le contrat. Seul le rachat met fin à la couverture et peut créer de l'impôt. Ne rien faire après le délai de grâce est le seul choix qui fait tout perdre.

Sources

Au sujet de l'auteur

José Salloum, conseiller en sécurité financière

José Salloum est conseiller en sécurité financière certifié par l'Autorité des marchés financiers au Québec, Life and Accident & Sickness Insurance Agent auprès de la Financial Services Regulatory Authority of Ontario, et Life Insurance Agent auprès de l'Insurance Council of British Columbia. Titulaire d'un permis depuis 2001.

Il pratique l'Infinite Banking depuis 2015 et a fondé en 2016 le Centre canadien de création de patrimoine Inc., qui exerce sous le nom de Financière CBI. Il détient la certification Infinite Banking Concepts® Authorized Practitioner du Nelson Nash Institute. Il s'agit d'une certification privée et non d'un permis délivré par un organisme de réglementation.

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Dernière révision: 2026-09-23. Par José Salloum, conseiller en sécurité financière.

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Ce n'est pas une banque. Le Centre canadien de création de patrimoine inc. et Financière CBI ne sont pas des banques, ne sont pas des institutions de dépôt, et n'exercent aucune activité bancaire. Les primes versées dans une police ne sont pas des dépôts. Les valeurs d'une police ne sont pas des dépôts, ne sont pas détenues en dépôt, et ne sont pas assurées par la Société d'assurance-dépôts du Canada.

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