Argent bon marché et épargnants prudents: l'effet des taux bas et le rendement réel
Le rendement réel correspond à peu près à l'intérêt gagné moins l'inflation, et l'impôt sur l'intérêt le réduit encore. Quand les taux restent très bas, les propriétaires d'actifs et les emprunteurs gagnent souvent, tandis que les épargnants perdent du pouvoir d'achat. Quand les taux montent, l'équilibre change. Une famille ne contrôle pas les taux, seulement l'endroit où loge son capital.
Pendant des années, une famille prudente pouvait tout faire comme il faut et, malgré tout, prendre lentement du retard. Elle dépensait moins qu'elle ne gagnait. Elle évitait les dettes. Elle gardait un bon montant en épargne, au cas où. Et pendant qu'elle attendait, l'argent dans ce compte achetait tranquillement un peu moins chaque année.
Pendant ce temps, le voisin qui avait emprunté beaucoup pour acheter une maison plus grande voyait souvent la valeur de sa propriété grimper.
Personne, dans cette histoire, n'a rien fait de mal. C'est justement ce qui la rend digne d'être comprise.
Le prix de l'argent, le taux d'intérêt, n'est pas neutre. Quand il reste bas longtemps, il récompense certaines habitudes et en taxe d'autres en silence. Quand il monte, les récompenses changent de camp. Une famille qui comprend cela n'a pas besoin de deviner où iront les taux. Elle peut se poser une meilleure question: peu importe ce que font les taux, où loge notre propre capital, et qui en tire un revenu?
Cette question protège une famille bien plus que n'importe quelle prévision. Et elle commence par une distinction toute simple, que la plupart des gens n'ont jamais apprise.
Commençons par là.
Quelle est la différence entre un rendement nominal et un rendement réel?
Le rendement nominal est le taux inscrit sur votre relevé, par exemple 3 % par année. Le rendement réel indique ce que cet argent peut vraiment acheter après l'inflation, soit à peu près le taux nominal moins le taux d'inflation. Si un compte rapporte 3 % et que les prix montent de 3 %, votre rendement réel est d'environ zéro. C'est l'idée la plus utile de cette page; je vais donc la rendre concrète. Tous les chiffres ci-dessous sont hypothétiques et servent uniquement à montrer le fonctionnement du calcul.
| Cas hypothétique | Taux d'intérêt | Inflation | Rendement réel approximatif avant impôt |
|---|---|---|---|
| A | 1,5 % | 3,0 % | Négatif de 1,5 % |
| B | 3,0 % | 3,0 % | Environ zéro |
| C | 4,0 % | 2,0 % | Environ 2,0 % |
Ajoutons maintenant l'impôt. L'intérêt gagné à l'extérieur d'un compte enregistré est généralement imposé comme un revenu. Prenons un épargnant hypothétique qui gagne 4 % d'intérêt et dont le taux marginal d'imposition est de 30 %. Après impôt, ce 4 % devient environ 2,8 %. Si l'inflation est de 3 %, le rendement réel après impôt est légèrement négatif. Le solde augmente. Le pouvoir d'achat, lui, n'augmente pas.
Il y a aussi l'effet du temps. Un écart d'un point ou deux entre le taux gagné et l'inflation semble minime sur une seule année. Répété pendant dix ou quinze ans, il devient considérable, parce que la perte de pouvoir d'achat se compose, exactement comme l'intérêt se compose dans l'autre sens. C'est la face cachée des intérêts composés: ils travaillent pour vous quand le rendement réel est positif, et contre vous quand il est négatif.
Voici le contraste que je vous invite à garder en tête.
Un solde qui grossit, ce n'est pas la même chose qu'une richesse qui grandit.
Votre relevé affiche des dollars. Votre vie, elle, se vit en épicerie, en loyer, en droits de scolarité et en essence. Le rendement réel est celui qui relie les deux. Quand vous comparez une option d'épargne, je vous suggère de demander trois chiffres plutôt qu'un seul: le taux, l'impôt sur ce taux et le taux d'inflation pendant la même période.
La notion de coût de renonciation se trouve juste à côté de celle-ci. Chaque dollar laissé à un faible rendement réel est un dollar qui ne fait pas autre chose.
Qu'est-il arrivé aux taux d'intérêt au Canada après 2008 et en 2020?
Deux chiffres, une question
Rendement nominal et rendement réel
- Ce qu'il mesureRendement nominal: Les dollars ajoutés au solde. Rendement réel: Le pouvoir d'achat gagné ou perdu.
- Où on le voitRendement nominal: Imprimé sur le relevé. Rendement réel: Calculé par vous.
- Formule approximativeRendement nominal: Le taux d'intérêt affiché. Rendement réel: Le taux d'intérêt moins l'inflation.
- Hypothèse: taux de 3 %, inflation de 3 %Rendement nominal: 3 % par année. Rendement réel: Environ zéro.
- Effet de l'impôt sur l'intérêtRendement nominal: Non affiché. Rendement réel: Le réduit encore.
Après la crise financière de 2008, les taux canadiens sont restés très bas pendant des années. En mars 2020, au début de la pandémie, la Banque du Canada a abaissé son taux directeur près de zéro, puis l'a relevé fortement en 2022 et en 2023 pour ramener l'inflation vers 2 %. Le 5 novembre 2026, il était de 2,50 %.
Ce sont les grandes lignes, et je vais m'en tenir à elles. Le parcours exact de chaque décision est publié sur le site de la Banque du Canada, et il vaut mieux le lire là que de le répéter ici.
Ce qui compte pour une famille, c'est la forme générale de cette histoire.
Une longue période d'argent bon marché. Pendant de nombreuses années, emprunter coûtait peu et l'épargne rapportait très peu. Les familles qui détenaient l'essentiel de leur avoir dans des comptes d'épargne et des dépôts à court terme touchaient souvent des intérêts qui, après impôt, ne suivaient pas le rythme des prix.
Une urgence soudaine. En 2020, le taux directeur est descendu près de zéro, et la Banque du Canada a aussi acheté de grandes quantités d'obligations. Son bilan est passé de 120 milliards de dollars le 11 mars 2020 à un sommet de 575 milliards le 10 mars 2021. La page sœur sur l'assouplissement quantitatif explique ce que cela signifiait.
Un virage brusque. Quand l'inflation a grimpé bien au-dessus de la cible, la Banque du Canada a relevé rapidement son taux en 2022 et en 2023. Les emprunteurs qui s'étaient habitués au crédit bon marché l'ont ressenti au renouvellement. Les épargnants, pour la première fois depuis des années, ont de nouveau touché un intérêt appréciable sur leurs dépôts.
La leçon n'est pas que les taux vont répéter ce scénario. La leçon, c'est qu'ils peuvent bouger plus loin et plus vite que ce que la plupart des ménages prévoient, et dans les deux sens. La page sur qui fixe les taux d'intérêt au Canada explique comment ces décisions sont prises et comment elles vous rejoignent.
Qui gagne quand les taux d'intérêt sont bas?
Quand les taux restent bas, les emprunteurs gagnent parce que leurs frais d'intérêt diminuent, et les propriétaires d'actifs comme les maisons, les actions et les obligations gagnent souvent, puisque ces prix ont tendance à monter quand les taux baissent. Les entreprises empruntent à bon compte pour grandir. Les épargnants qui vivent de leurs intérêts gagnent le moins.
Pourquoi le prix des actifs a-t-il tendance à monter quand les taux baissent? Pensez à la façon dont un acheteur évalue tout ce qui produit un revenu ou peut être financé.
Si un prêt hypothécaire coûte moins cher chaque mois, un acheteur peut emprunter davantage pour le même paiement mensuel. Davantage d'acheteurs qui misent avec de plus gros prêts, cela pousse généralement les prix vers le haut. Si l'épargne sûre ne rapporte presque rien, les investisseurs cherchent du revenu ailleurs, et leur demande fait monter le prix d'autres actifs. Enfin, quand le taux qui sert à évaluer un revenu futur diminue, la valeur qu'on accorde aujourd'hui à ce revenu futur augmente. Ainsi, pendant une longue période de taux bas, les gens qui possédaient déjà des actifs, ou qui pouvaient emprunter pour en acheter, ont souvent vu leur valeur nette grimper sans rien faire de nouveau. Ce n'est pas un jugement moral. C'est l'arithmétique qui rencontre le comportement humain.
Remarquez aussi que ces gains ne sont pas toujours visibles dans le budget du mois. Une maison qui prend de la valeur ne remplit pas le réfrigérateur. Mais au moment de vendre, de refinancer ou de transmettre un patrimoine, l'écart entre ceux qui possédaient et ceux qui épargnaient apparaît d'un coup, et il peut être considérable.
Voici, dans les grandes lignes, qui a tendance à gagner:
- Les emprunteurs à taux variable ou dont le renouvellement approche
- Les propriétaires de maisons et d'autres biens immobiliers
- Les détenteurs d'actions et d'obligations à long terme
- Les entreprises capables d'emprunter pour prendre de l'expansion
- Les gouvernements qui portent de lourdes dettes
Et voici le contraste.
Les taux bas récompensent ceux qui possèdent et ceux qui empruntent. Ils demandent le plus de patience à ceux qui épargnent.
Qui perd quand les taux d'intérêt sont bas?
Dans cet ordre
Trois questions pour un épargnant prudent
- 01À quoi sert cet argent, et quand en aurons-nous besoin?
- 02Quel est le rendement réel après impôt et inflation?
- 03Qui tire un revenu de notre capital, et de nos dettes?
Les épargnants qui gardent leur argent en dépôt et vivent de leurs intérêts perdent le plus quand les taux restent bas. Les retraités, les jeunes familles qui épargnent pour une mise de fonds et quiconque garde un gros coussin de liquidités peuvent voir leur pouvoir d'achat s'éroder, si l'intérêt après impôt ne suit pas l'inflation.
Prenons un couple de retraités hypothétique qui avait prévu de vivre en partie des intérêts de son épargne. Quand les taux baissent, ce revenu baisse avec eux. Pour garder le même train de vie, le couple devra peut-être puiser dans son capital, ou prendre plus de risques qu'il ne l'avait jamais voulu, simplement pour gagner ce qu'il gagnait autrefois en toute sécurité.
Prenons maintenant une jeune famille hypothétique qui épargne pour acheter sa première maison. Pendant qu'elle épargne, les taux bas font peut-être monter le prix des maisons. Son épargne grandit lentement, et la cible s'éloigne plus vite qu'elle ne peut combler l'écart.
Aucune de ces familles n'a fait de folie. Elles ont suivi le bon vieux conseil: dépenser moins qu'on ne gagne et épargner la différence. Les taux bas n'ont pas puni ce conseil. Ils ont simplement cessé de le récompenser comme autrefois.
Il faut le dire avec douceur, mais clairement: la vertu de l'épargne ne garantit pas, à elle seule, le résultat de l'épargne. Il faut aussi regarder où dort l'argent et ce qu'il y fait pendant qu'il attend. Voilà pourquoi je parle autant de l'endroit où loge le capital. L'habitude d'épargner demeure le fondement de tout plan familial solide. Ce qui change avec le contexte des taux, c'est ce que rapporte ce capital épargné, et qui en profite.
Qui gagne et qui perd quand les taux montent?
Quand les taux montent, les épargnants et les prêteurs ont tendance à gagner, parce que les dépôts et les nouveaux produits à revenu fixe rapportent davantage. Les emprunteurs, surtout à taux variable ou en renouvellement hypothécaire, ont tendance à perdre, car leurs frais d'intérêt grimpent. Les actifs gonflés par le crédit bon marché peuvent stagner ou reculer.
La hausse des taux renverse une bonne partie du portrait précédent.
| Groupe | A tendance à gagner quand les taux montent | A tendance à perdre quand les taux montent |
|---|---|---|
| Épargnants qui vivent de leurs intérêts | Taux plus élevés sur la nouvelle épargne et les CPG | Peu, si l'inflation baisse aussi |
| Emprunteurs à taux variable | Peu | Paiements plus élevés ou remboursement plus lent |
| Propriétaires qui renouvellent | Peu | Coût plus élevé au renouvellement |
| Propriétaires d'actifs sensibles aux taux | Peu | Les prix peuvent stagner ou reculer |
| Retraités qui vivent de leurs intérêts | Plus de revenu sur les nouveaux dépôts | Peu |
Il y a ici une nuance subtile. Les taux montent habituellement parce que l'inflation a déjà grimpé. Un épargnant peut donc voir un taux plus élevé sur papier pendant que les prix ont augmenté encore plus vite. Le rendement réel, soit le taux moins l'inflation, peut rester faible ou négatif pendant un certain temps, jusqu'à ce que l'inflation revienne vers la cible.
Et une deuxième nuance. Une famille est rarement seulement épargnante ou seulement emprunteuse. Bien des ménages ont à la fois un prêt hypothécaire et un compte d'épargne. Bien des retraités possèdent une maison tout en dépendant de leurs intérêts. Chaque changement de taux tire donc sur différentes parties d'un même ménage, dans des directions opposées.
C'est pourquoi une question simple peut aider: dans notre ménage, quelle force est la plus grande, l'intérêt que nous payons ou l'intérêt que nous gagnons?
Qu'est-ce que l'effet Cantillon?
Argent bon marché
Qui a tendance à gagner quand les taux sont bas
- 01Les emprunteurs à taux variable ou en renouvellement
- 02Les propriétaires de maisons et d'autres biens immobiliers
- 03Les détenteurs d'actions et d'obligations à long terme
- 04Les entreprises capables d'emprunter pour grandir
- 05Les gouvernements qui portent de lourdes dettes
- 06Les épargnants qui vivent de leurs intérêts gagnent le moins
L'effet Cantillon tient son nom de Richard Cantillon, un économiste du 18e siècle qui a observé que la nouvelle monnaie ne rejoint pas tout le monde au même moment. Ceux qui sont près de l'endroit où la nouvelle monnaie ou le nouveau crédit entre dans l'économie peuvent l'utiliser avant l'ajustement des prix. Les autres subissent d'abord la hausse.
Cantillon a écrit bien avant l'apparition des banques centrales modernes, mais son idée aide encore à expliquer des résultats inégaux.
Imaginez la nouvelle monnaie comme de l'eau versée dans un coin d'une grande piscine. Le niveau monte d'abord près du robinet. L'autre bout de la piscine finit aussi par monter, mais plus tard, et quand l'eau y arrive, le niveau près du robinet est déjà élevé depuis un bon moment. L'image a ses limites, bien sûr. Une économie n'est pas une piscine, et l'argent n'y circule pas toujours dans le même sens. Mais elle rappelle une chose simple: le moment où l'on reçoit l'argent compte presque autant que la quantité reçue.
Dans une économie moderne, la nouvelle monnaie entre surtout par le crédit. La page principale de cette série, sur la façon dont l'argent est créé au Canada, explique que la majorité de l'argent est créée quand des prêteurs consentent de nouveaux prêts. Ceux qui peuvent emprunter, et ceux qui possèdent les actifs que les emprunteurs achètent, ont tendance à se trouver près du robinet. Le travailleur dont le salaire s'ajuste lentement, ou l'épargnant qui vit d'un intérêt fixe, se trouve plutôt à l'autre bout.
Je tiens à être prudent ici. Les économistes débattent encore de l'ampleur de cet effet, de sa durée et de son importance par rapport à d'autres forces. C'est une lentille, pas un verdict. Mais elle aide à comprendre pourquoi une même politique peut paraître généreuse pour un ménage et discrètement coûteuse pour un autre.
Elle mène aussi à la question sur laquelle une famille peut vraiment agir: à long terme, voulons-nous vivre près du robinet ou loin de lui? Posséder un capital productif est l'une des façons dont les familles s'en rapprochent.
Existe-t-il de bons arguments en faveur des taux d'intérêt bas?
Oui. Des taux bas peuvent adoucir une récession en rendant l'emprunt, le refinancement et la survie moins coûteux pour les familles et les entreprises, ce qui peut protéger des emplois. Ils réduisent le coût des dettes existantes. Et la Banque du Canada vise une inflation près de 2 %, ce qui protège à terme le pouvoir d'achat de tous.
Il serait injuste de décrire les taux bas seulement du point de vue de l'épargnant. Les taux baissent pour des raisons.
L'emploi. Quand l'économie s'affaiblit brusquement, les entreprises réduisent leurs activités et des gens perdent leur travail. Un coût d'emprunt plus bas peut inciter les entreprises à continuer d'investir et d'embaucher. Pour une famille, un chèque de paie régulier compte habituellement beaucoup plus qu'un point de pourcentage de plus sur son épargne.
L'allègement des dettes. Les ménages qui portent un prêt hypothécaire et une marge de crédit paient moins d'intérêts quand les taux baissent, ce qui libère de l'argent pour d'autres besoins.
Éviter une spirale de baisse des prix. Une baisse générale et durable des prix peut amener les gens à retarder leurs dépenses, ce qui aggrave un ralentissement. Garder l'inflation près de la cible vise à éviter à la fois une inflation galopante et une chute des prix.
Des prix stables protègent aussi les épargnants. La même cible de 2 % qui signifie parfois des taux bas est aussi l'engagement qui empêche l'inflation de gruger rapidement l'épargne sur une longue période.
La conclusion honnête n'est donc pas que les taux bas sont mauvais. C'est que chaque niveau de taux crée en même temps des gagnants et des perdants, et qu'une famille prudente a tout intérêt à savoir de quel côté de chaque échange elle se trouve.
Sur quoi un épargnant prudent a-t-il vraiment prise?
Argent plus cher
Qui a tendance à gagner quand les taux montent
- 01Les épargnants, mieux payés sur les nouveaux dépôts et CPG
- 02Les retraités qui vivent en partie de leurs intérêts
- 03Les prêteurs, mieux payés sur les nouveaux prêts
- 04Les emprunteurs à taux variable paient souvent plus
- 05Les propriétaires qui renouvellent paient souvent plus
- 06Le rendement réel peut rester faible si l'inflation est forte
Un épargnant prudent ne contrôle ni les taux, ni l'inflation, ni les décisions de la Banque du Canada. Il contrôle toutefois la part gardée en liquidités et son but, ses dettes à taux élevé, les comptes qui abritent l'épargne à long terme, et la possession d'un capital qui travaille pour la famille au lieu d'en louer un.
Voici trois questions que je suggère à un épargnant prudent de se poser, dans cet ordre.
Premièrement: à quoi sert cet argent, et quand en aurons-nous besoin? L'argent d'urgence doit être sûr et accessible. Le capital à long terme a d'autres besoins. Mélanger les deux, c'est ainsi que des familles se retrouvent avec trop d'argent dans des comptes peu rémunérés, ou trop peu de liquidités disponibles en pleine crise.
Deuxièmement: quel est le rendement réel, après impôt et inflation? Si la réponse est négative, l'argent rétrécit en pouvoir d'achat, même pendant que le solde augmente. Cela ne veut pas toujours dire qu'il faut le déplacer. La sécurité et l'accès ont une valeur. Mais ce devrait être un choix, et non un accident.
Troisièmement: qui tire un revenu de notre capital, et qui tire un revenu de nos dettes? Chaque prêt que vous portez enrichit quelqu'un d'autre. Chaque dollar que vous épargnez est, dans la plupart des cas, prêté à nouveau par l'institution qui le détient. Voir clairement ce flux, c'est le début de la pensée d'un prêteur.
Pour certaines familles, une partie de la réponse à la troisième question est une police d'assurance vie entière avec participation, conçue et financée sur de nombreuses années. Je tiens à être précis sur ce qu'elle est, et sur ce qu'elle n'est pas.
C'est d'abord de l'assurance; le capital-décès en est la raison d'être principale. Sa valeur de rachat n'est ni un compte d'épargne, ni un dépôt, ni un produit assuré par la SADC, ni un placement. La valeur de rachat déjà portée au crédit d'une police avec participation ne baisse pas quand les marchés reculent. Les participations ne sont pas garanties, et un barème de participations plus bas ralentit la croissance future. La page qui demande si votre valeur de rachat peut baisser explique la différence entre ce qui est crédité et ce qui est projeté. Pendant les premières années, la valeur de rachat demeure inférieure aux primes versées; cette approche ne convient donc qu'aux familles qui ont des années devant elles et des revenus réguliers. Une avance sur police (un prêt garanti par la valeur de rachat de votre assurance vie avec participation) est consentie par l'assureur; c'est une véritable dette qui porte intérêt et qui devrait être remboursée avec discipline.
Utilisée ainsi, elle ne rend personne insensible aux taux d'intérêt. Elle change plutôt à qui appartient le capital.
Ce que cette page ne vous dira pas
Cette page ne prédit ni les taux d'intérêt ni l'inflation, ne recommande aucun compte, placement ou produit d'assurance et ne vous dit pas comment répartir votre argent. Les exemples sont illustratifs. Les taux d'imposition, les règles des comptes enregistrés et l'inflation varient selon la personne et l'année; seul un calcul avec vos propres chiffres donne votre rendement réel après impôt.
Elle laisse aussi de côté des sujets qui méritent chacun un traitement attentif: la façon dont les comptes enregistrés modifient le portrait fiscal, la façon dont les régimes de retraite et les rentes réagissent aux taux, la comparaison à long terme entre les rendements de placement et ceux des dépôts, et les nombreux risques liés aux placements. Chacun de ces sujets dépend de votre âge, de vos objectifs et de votre tolérance au risque, et chacun mérite une conversation avec des professionnels qualifiés.
Ce que cette page vous offre, c'est une façon de voir. Une fois qu'on voit le rendement réel, on regarde rarement un taux d'épargne de la même façon.
À qui cela ne convient pas
Cette page reste générale, et ses dernières idées ne conviennent pas à tous. Une police d'assurance vie entière avec participation ne convient pas à une famille qui aura besoin de son argent sous peu, qui n'a pas de fonds d'urgence, qui porte des dettes coûteuses sans plan, dont les revenus sont irréguliers ou qui n'a aucun besoin d'assurance vie.
Pour ces familles, les gestes les plus puissants sont habituellement les plus simples: bâtir un coussin d'urgence dans un endroit sûr et accessible, rembourser les dettes de consommation coûteuses, et faire de l'épargne une habitude automatique qui passe avant les dépenses. Ces habitudes comptent dans tous les contextes de taux. Elles comptent encore plus quand les taux sont bas et que la tentation d'emprunter est forte.
Si vous souhaitez appliquer ces idées au capital de votre propre famille, la page sur posséder son propre réservoir de capital est la suite naturelle. Elle explique ce que signifie, pour une famille, bâtir un capital sur des décennies, et ce que cela exige honnêtement.
Avis important: Cette page est fournie à titre d'information générale et d'éducation seulement. Elle ne constitue pas un conseil personnalisé en matière de finances, d'assurance, de placement, de fiscalité ou de droit, et les taux d'intérêt, l'inflation et les règles fiscales changent. Tous les exemples chiffrés sont hypothétiques. L'assurance vie est un produit d'assurance, et non un placement, et sa valeur de rachat n'est pas un dépôt. Les garanties d'une police d'assurance vie entière avec participation sont des garanties contractuelles de l'assureur émetteur, qui dépendent de sa solidité financière et de sa capacité à régler les sinistres; elles ne sont pas garanties par l'État. Les participations ne sont pas garanties; elles sont déclarées par le conseil d'administration de l'assureur, et les participations passées ne présagent pas des participations futures. Une avance sur police est une dette envers l'assureur qui porte intérêt et qui réduit la valeur de rachat nette et le capital-décès si elle n'est pas remboursée. L'auteur est un professionnel de l'assurance titulaire d'un permis qui peut toucher une commission sur la vente de produits d'assurance.
Pour le dire simplement: je ne peux pas vous dire où iront les taux ou les prix, et je me méfierais de quiconque prétend le savoir. Ce que je peux faire, c'est vous aider à voir votre propre argent plus clairement. Avant de changer quoi que ce soit, prenez le temps de rencontrer un professionnel de l'assurance titulaire d'un permis et expérimenté qui comprend les polices avec participation, un comptable qui sait comment elles sont imposées et un conseiller juridique qui comprend votre succession. Et sachez que si vous souscrivez une police par mon entremise, je peux recevoir une commission.
Si vous aimeriez examiner ce que tout cela signifie pour votre famille, je vous invite à réserver une rencontre découverte gratuite de 30 minutes.
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Ce formulaire est acheminé au Centre canadien de création de patrimoine inc. Toute rencontre, tout conseil et tout produit d'assurance sont fournis par le Centre canadien de création de patrimoine inc., par l'entremise de ses représentants autorisés dans la province de résidence du client. Financière CBI est le site éducatif de la société: elle ne distribue aucun produit ni service financier et ne donne aucun conseil individualisé.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un rendement nominal et un rendement réel?
Les épargnants perdent-ils de l'argent quand les taux d'intérêt sont bas?
Qui profite des taux d'intérêt bas maintenus par la Banque du Canada?
Qu'est-ce que l'effet Cantillon?
Existe-t-il de bons arguments en faveur des taux d'intérêt bas?
La valeur de rachat d'une assurance vie entière est-elle un compte d'épargne?
Comment protéger mon épargne contre l'inflation au Canada?
Qu'est-il arrivé aux taux d'intérêt canadiens en 2022 et en 2023?
Sources
- Banque du Canada, page Taux directeur: taux directeur de 2,50 % après une hausse de 25 points de base annoncée le 28 octobre 2026; taux près de zéro à partir de mars 2020 et hausses marquées en 2022 et en 2023, vérifié le 2026-11-05
- Banque du Canada, cible d'inflation: 2 %, soit le point médian d'une fourchette de 1 % à 3 %, vérifié le 2026-11-05
- Bibliothèque du Parlement, publication 2015-51-E, modifiée le 19 mai 2021: bilan de la Banque du Canada passé de 120 milliards de dollars (11 mars 2020) à 575 milliards (10 mars 2021), vérifié le 2026-11-05
Dernière révision: 2026-11-05. Par José Salloum, conseiller en sécurité financière au Québec. En Ontario, Life and Accident & Sickness Insurance Agent. En Colombie-Britannique, Life Insurance Agent.
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