L'assouplissement quantitatif expliqué: ce qu'a fait la Banque du Canada, et pourquoi
L'assouplissement quantitatif consiste, pour une banque centrale, à acheter beaucoup d'obligations en les payant avec de nouveaux soldes de règlement, pour faire baisser les taux à long terme. La Banque du Canada l'a fait de 2020 à octobre 2021, puis a réduit ses avoirs à partir d'avril 2022. C'est public, légal, et ce n'est pas un versement aux ménages.
La plupart des gens imaginent l'arrivée de nouvel argent comme au cinéma: une presse qui tourne toute la nuit, des feuilles de billets empilées sur des palettes. Quand ils apprennent que la Banque du Canada a créé des centaines de milliards de dollars pendant la pandémie, c'est cette image qui leur vient en tête.
La réalité a été beaucoup plus discrète. Pas de palettes. Pas d'hélicoptères. Surtout des frappes au clavier, des achats d'obligations et des inscriptions dans un bilan que n'importe qui peut consulter.
Alors, que s'est-il vraiment passé? Et une famille qui n'a jamais acheté une seule obligation de sa vie devrait-elle s'en soucier?
Oui, pour une raison toute simple. L'assouplissement quantitatif a modifié le prix de l'argent pendant des années. Il a influencé les taux hypothécaires, la valeur des maisons et des placements, et l'intérêt qu'un épargnant prudent pouvait toucher. Les familles l'ont senti à la table de cuisine, même si elles n'ont jamais entendu l'expression. Le comprendre vous aide à lire la prochaine crise avec calme, sans peur et sans les mythes qui voyagent habituellement avec elle.
Laissez-moi vous expliquer ce qu'est l'assouplissement quantitatif, ce qu'il n'est pas, et ce que le Canada a réellement fait.
Qu'est-ce que l'assouplissement quantitatif?
L'assouplissement quantitatif, souvent appelé AQ, se produit quand une banque centrale achète de grandes quantités d'obligations et les paie avec de nouveaux soldes de règlement. Le but est de faire baisser les taux d'intérêt à long terme et de soutenir l'emprunt et les dépenses, généralement quand le taux directeur est déjà très bas. En temps normal, la Banque du Canada agit au moyen d'un seul levier: son taux directeur. Hausser ou baisser ce taux modifie le coût des prêts à un jour entre les grandes institutions, et ce changement se répercute ensuite sur les taux que paient les familles. La page sœur sur qui fixe les taux d'intérêt au Canada explique cette chaîne.
Mais le taux directeur touche surtout l'emprunt à court terme. Et une fois qu'il se trouve près de zéro, il reste peu de place pour le baisser. En mars 2020, alors que la pandémie paralysait une bonne partie de l'économie, la Banque du Canada a abaissé son taux directeur près de zéro. Il lui fallait un deuxième levier.
Pensez à un jardinier qui n'a qu'un seul robinet. Tant que la pression suffit, il ajuste le débit en tournant ce robinet. Mais quand le robinet est déjà ouvert au maximum et que le sol reste sec, il lui faut un autre moyen d'amener l'eau là où elle manque. C'est un peu la situation dans laquelle se trouvait la Banque du Canada au printemps 2020.
L'AQ a été ce deuxième levier. En achetant de grandes quantités d'obligations à plus long terme, la Banque du Canada a augmenté la demande pour ces titres. Quand la demande d'obligations augmente, leur prix monte, et leur rendement, c'est-à-dire le taux d'intérêt qu'elles rapportent, diminue. Comme bien des coûts d'emprunt à long terme, dont les taux hypothécaires fixes, suivent les rendements obligataires, l'effet devait atteindre les familles et les entreprises.
Voici le contraste à garder en tête.
Le taux directeur oriente le prix de l'argent pour une nuit. L'assouplissement quantitatif cherche à atteindre le prix de l'argent sur plusieurs années.
Comment un achat d'obligation ajoute-t-il des soldes de règlement?
Un achat d'AQ, étape par étape
Comment un achat d'obligation crée des soldes
- 01La Banque du Canada annonce l'achat d'obligations d'État
- 02Un investisseur accepte de vendre une obligation
- 03De nouveaux soldes de règlement vont à son institution
- 04L'institution crédite à l'investisseur un dépôt équivalent
- 05L'obligation devient un actif au bilan de la Banque du Canada
Quand la Banque du Canada achète une obligation, elle paie en créditant le compte de règlement que l'institution financière du vendeur détient chez elle. Ces soldes n'existaient pas un instant plus tôt. Si le vendeur est un investisseur, comme une caisse de retraite, son institution porte aussi un nouveau dépôt au crédit de cet investisseur.
Voyons-le étape par étape.
- La Banque du Canada annonce qu'elle achètera une certaine quantité d'obligations, surtout des obligations du gouvernement du Canada.
- Un investisseur qui détient une telle obligation accepte de la vendre.
- La Banque du Canada crédite de nouveaux soldes de règlement au compte de l'institution financière de cet investisseur.
- Cette institution porte au crédit de l'investisseur un dépôt du même montant.
- L'obligation figure maintenant au bilan de la Banque du Canada comme un actif, et les nouveaux soldes de règlement y figurent comme un passif.
Remarquez ce qui s'est produit, et ce qui ne s'est pas produit. L'investisseur a cédé une obligation et reçu de l'argent de même valeur. Sa richesse n'a pas bondi au moment de la vente; il a échangé un actif contre un autre. L'institution financière détient maintenant davantage de soldes de règlement à la Banque du Canada. Et la Banque du Canada possède une obligation qu'elle ne possédait pas auparavant.
Les soldes de règlement sont l'argent que les grandes institutions utilisent pour régler leurs paiements entre elles. Depuis le 23 mars 2020, la Banque du Canada applique un système de plancher: elle maintient assez de ces soldes dans le système pour que les taux à un jour se négocient près de son taux de rémunération des dépôts. L'AQ en a ajouté une très grande quantité.
Encore un point, parce qu'il fait trébucher bien des explications. Ajouter des soldes de règlement ne permet pas aux institutions de prêter ensuite dix fois plus. Le Canada a éliminé progressivement ses réserves obligatoires entre 1992 et 1994, et, comme l'expliquait la Banque d'Angleterre en 2014, le crédit dépend de la demande d'emprunteurs solvables et des règles de capital, et non d'un multiple des réserves. La page sur le multiplicateur monétaire explique pourquoi.
L'assouplissement quantitatif, est-ce la même chose qu'imprimer de l'argent?
Pas au sens où la plupart des gens l'imaginent. L'AQ crée de nouveaux soldes de règlement, et les vendeurs d'obligations obtiennent de nouveaux dépôts, mais il échange une obligation contre de l'argent de même valeur; ce n'est pas un cadeau. Aucun billet n'a à être imprimé, et ce n'est pas un versement aux ménages. Sa sagesse est un autre débat.
On décrit souvent l'AQ au moyen de trois raccourcis, et chacun induit en erreur à sa façon.
« C'est de l'argent gratuit distribué aux gens. » Ce n'en est pas. Dans l'AQ, la Banque du Canada achète une obligation et la paie. Le vendeur donne en échange quelque chose de même valeur. Les programmes d'aide gouvernementaux pendant la pandémie étaient des décisions distinctes, prises par des gouvernements élus et payées à partir des comptes de l'État. L'AQ a influencé le coût auquel les gouvernements et d'autres pouvaient emprunter, mais il ne constituait pas en soi un chèque envoyé à qui que ce soit.
« C'est la même chose qu'un prêt ordinaire. » Ce ne l'est pas. Quand un prêteur consent un prêt, il crée un nouveau dépôt pour l'emprunteur, et l'emprunteur doit rembourser cet argent avec intérêts. La page principale de cette série, sur la façon dont l'argent est créé au Canada, explique que ce type de crédit crée la majorité de l'argent dans l'économie canadienne. L'AQ est différent: personne n'emprunte à la Banque du Canada lors d'un achat d'AQ. Elle achète un actif, tout simplement.
« C'est de la contrefaçon. » Une affirmation populaire soutient que l'AQ ne diffère en rien de la contrefaçon. Cette description ne tient pas. La contrefaçon est, par définition, illégale et cachée. La Banque du Canada agit en vertu de la Loi sur la Banque du Canada, annonce publiquement ses programmes et rend compte de ses avoirs dans des états financiers publiés. Vous pouvez penser que l'AQ est allé trop loin, qu'il a duré trop longtemps ou qu'il a aidé certaines personnes plus que d'autres. Ce sont des positions raisonnables. Mais ce sont des arguments sur la politique monétaire, et non sur sa légalité. Je trouve utile de remplacer les slogans par une phrase claire: pendant l'AQ, la Banque du Canada a acheté des obligations avec de la monnaie de banque centrale nouvellement créée, ouvertement et en vertu de la loi, pour faire baisser les taux d'intérêt à long terme. Tout ce qui mérite d'être débattu part de là.
Cette précision n'est pas un détail de vocabulaire. Quand on se trompe sur la nature d'un outil, on se trompe aussi sur ses effets, et on finit par craindre ce qui n'existe pas tout en négligeant ce qui compte vraiment pour sa propre famille.
Qu'a fait la Banque du Canada en 2020 et en 2021?
De 2020 à 2025
L'assouplissement et le resserrement au Canada
- 01Bilan d'environ 120 milliards de dollars11 mars 2020.
- 02Début du système de plancher pour les taux à un jour23 mars 2020.
- 03Sommet du bilan, environ 575 milliards de dollars10 mars 2021.
- 04Fin de l'assouplissement quantitatifOctobre 2021.
- 05Début du resserrement quantitatifAvril 2022.
- 06La Banque du Canada annonce la fin du RQ cette année-làJanvier 2025.
En mars 2020, la Banque du Canada a abaissé son taux directeur près de zéro et a commencé à acheter massivement des obligations, surtout des obligations du gouvernement du Canada. Son bilan est passé d'environ 120 milliards de dollars le 11 mars 2020 à un sommet d'environ 575 milliards le 10 mars 2021. L'AQ a pris fin en octobre 2021.
Ces chiffres proviennent de la Bibliothèque du Parlement, qui a suivi le bilan de la Banque du Canada pendant la pandémie. Ils comprennent les grands achats d'obligations et les autres opérations d'urgence de cette période; il vaut donc mieux les lire comme la taille de l'ensemble de la réponse plutôt que celle d'un seul programme.
| Date | Ce que montre le dossier public |
|---|---|
| 11 mars 2020 | Bilan d'environ 120 milliards de dollars |
| 23 mars 2020 | Début du système de plancher pour les taux à un jour |
| 10 mars 2021 | Le bilan atteint un sommet d'environ 575 milliards de dollars |
| 12 mai 2021 | Bilan d'environ 478 milliards de dollars |
| Octobre 2021 | Fin de l'assouplissement quantitatif |
| Avril 2022 | Début du resserrement quantitatif |
Pourquoi agir à une telle échelle? Au début de 2020, les marchés financiers subissaient de fortes tensions. Beaucoup d'investisseurs voulaient des liquidités au même moment, et même des obligations normalement sûres devenaient difficiles à vendre à un juste prix. Quand le marché des obligations d'État cesse de bien fonctionner, les effets se transmettent rapidement aux prêts hypothécaires, aux prêts aux entreprises et au financement des gouvernements. De grands achats devaient d'abord ramener le calme, puis maintenir les coûts d'emprunt à long terme à un bas niveau pendant la reprise.
Avec le recul, chacun pèsera le résultat à sa manière. Certains se souviendront que les marchés se sont stabilisés et que l'emprunt est resté abordable pendant une année effrayante. D'autres se souviendront que l'inflation a ensuite grimpé bien au-dessus de la cible et que le prix des actifs a monté. Les deux souvenirs font partie d'un bilan honnête.
Qu'est-ce que le resserrement quantitatif, et quand le Canada l'a-t-il amorcé?
Deux façons dont l'argent apparaît
Un achat d'AQ et un prêt commercial comparés
- Qui crée le nouvel argentAchat d'obligation (AQ): La Banque du Canada. Prêt d'un prêteur: Le prêteur qui consent le prêt.
- Ce qui est crééAchat d'obligation (AQ): Des soldes de règlement et un dépôt pour le vendeur. Prêt d'un prêteur: Un nouveau dépôt pour l'emprunteur.
- Ce que l'autre partie donneAchat d'obligation (AQ): Une obligation de même valeur. Prêt d'un prêteur: Une promesse de rembourser avec intérêts.
- Faut-il rembourserAchat d'obligation (AQ): Non, l'achat est ferme. Prêt d'un prêteur: Oui, le capital et les intérêts.
Le resserrement quantitatif, ou RQ, est l'inverse de l'assouplissement quantitatif. La banque centrale cesse d'acheter des obligations et laisse échoir celles qu'elle détient sans les remplacer; son bilan et les soldes de règlement diminuent. La Banque du Canada a amorcé le RQ en avril 2022 et a dit en janvier 2025 qu'il prendrait fin cette année-là.
Au Canada, la séquence s'est déroulée ainsi. L'AQ a pris fin en octobre 2021. En avril 2022, alors que l'inflation dépassait largement sa cible de 2 % et que la Banque du Canada relevait fortement son taux directeur, elle a amorcé le RQ. Les obligations qu'elle détenait sont arrivées à échéance, le gouvernement les a remboursées, et la Banque du Canada n'en a pas acheté de nouvelles pour les remplacer. Chaque obligation échue retirait des soldes de règlement du système: l'image inversée d'un achat d'AQ.
Dans un discours prononcé le 21 janvier 2025, un sous-gouverneur de la Banque du Canada a expliqué que le resserrement quantitatif prendrait fin cette année-là. La fin du RQ ne signifie pas que le bilan revient à sa taille de 2020. Dans un système de plancher, la Banque du Canada garde assez de soldes de règlement dans le système pour que les taux à un jour se négocient près de son taux de rémunération des dépôts.
Le 5 novembre 2026, le taux directeur était de 2,50 %, après une hausse de 25 points de base annoncée le 28 octobre 2026. L'AQ et le RQ sont des outils pour des périodes inhabituelles. En temps ordinaire, c'est le taux directeur qui fait l'essentiel du travail.
Quels effets l'assouplissement quantitatif a-t-il eus?
On attribue généralement à l'AQ le mérite d'avoir stabilisé les marchés en 2020 et fait baisser les taux à long terme, ce qui a rendu les prêts hypothécaires et autres emprunts longs moins chers. Des taux plus bas font aussi monter le prix des maisons, des actions et des obligations, d'où un débat sur qui en a profité.
Prenons ces effets un à un, aussi équitablement que possible.
Des marchés plus calmes. En pleine panique, un acheteur prêt à acheter en grande quantité peut rétablir l'ordre. La plupart des observateurs reconnaissent que les achats massifs de la banque centrale ont aidé le marché obligataire à fonctionner de nouveau en 2020.
Des taux à long terme plus bas. En ajoutant de la demande pour les obligations, l'AQ a fait baisser leur rendement. Les taux hypothécaires fixes et les autres coûts d'emprunt à long terme suivent habituellement les rendements obligataires; emprunter pour une maison ou une entreprise est donc devenu moins cher que cela ne l'aurait été autrement.
Des prix d'actifs plus élevés. Quand les obligations sûres rapportent peu, les investisseurs cherchent ailleurs, et quand l'emprunt est bon marché, les acheteurs peuvent offrir davantage. Ces deux forces tendent à faire monter le prix des maisons, des actions et d'autres actifs. Les économistes débattent encore de la part de cette hausse qui revient à l'AQ et de celle qui revient à d'autres forces, comme l'offre de logements et la croissance démographique.
Le débat sur la répartition. Comme l'AQ agissait en partie par le prix des actifs, les ménages qui possédaient déjà une maison et des placements en ont généralement profité davantage que ceux qui détenaient surtout des liquidités ou vivaient de leur salaire. La page sœur sur l'argent bon marché et les épargnants prudents l'explique au moyen de l'effet Cantillon, l'idée que ceux qui sont le plus près de l'endroit où entre la nouvelle monnaie en profitent les premiers.
Le contrepoint. Les défenseurs de l'AQ répondent que, sans lui, le ralentissement de 2020 aurait pu être plus profond, avec davantage d'emplois perdus et d'entreprises en faillite, et que le chômage frappe d'abord les familles aux moyens modestes. Cet argument mérite lui aussi d'être entendu.
Voici le contraste que je vous laisse.
L'AQ n'a pas choisi ses gagnants par leur nom. Il a modifié des prix, et les prix trient d'eux-mêmes les gagnants et les perdants.
Que peut faire un ménage face à la politique monétaire?
Au-delà des slogans
Ce qu'est l'AQ, et ce qu'il n'est pas
- 01L'AQ, c'estDe grands achats d'obligations, surtout d'obligations d'État; Payés avec de nouveaux soldes de règlement; Destinés à faire baisser les taux à long terme; Public, légal et inscrit dans un bilan publié.
- 02L'AQ, ce n'est pasUn chèque ou un versement direct aux ménages; Un prêt à rembourser à la Banque du Canada; La même chose qu'un prêt consenti par un prêteur; Une création d'argent secrète ou non autorisée.
Un ménage ne peut ni changer la politique monétaire, ni prédire la prochaine crise, ni décider de l'AQ ou du RQ. Il peut toutefois décider dans quelle mesure sa vie dépend d'emprunts au taux du marché, de la taille de son coussin d'urgence, de la structure de ses dettes et de la possession d'un capital à lui plutôt qu'emprunté.
Quand la politique monétaire change aussi radicalement qu'elle l'a fait de 2020 à 2023, il est naturel de se sentir comme un simple passager. D'une certaine façon, vous l'êtes. Mais un passager choisit tout de même sa place, la façon dont il attache sa ceinture et ce qu'il emporte avec lui.
Voici ce que je vous suggère d'envisager.
Sachez de quel côté penche votre ménage. Êtes-vous surtout emprunteur, surtout épargnant, ou les deux? Un emprunteur qui porte un gros solde à taux variable ressent vite les changements de politique. Un épargnant qui vit de ses intérêts les ressent dans le sens contraire. Savoir de quel côté vous penchez vous indique quel type de changement vous ferait le plus mal.
Gardez un coussin qui ne dépend pas des marchés. L'argent d'urgence doit être sûr et accessible, même quand les marchés sont sous tension, parce que c'est justement à ce moment-là que vous risquez le plus d'en avoir besoin.
Structurez vos dettes pour qu'un changement ne brise pas le budget. Une famille capable d'absorber un paiement nettement plus élevé n'est pas forcée de prendre des décisions à cause d'un changement de politique.
Pensez comme un prêteur, sur des décennies. Chaque époque de politique monétaire, qu'il s'agisse d'argent bon marché ou d'argent cher, récompense ceux qui possèdent du capital et peuvent le prêter, et fait payer ceux qui doivent l'emprunter. La page sur l'art de penser comme un prêteur explore ce changement de perspective.
Pour certaines familles, une partie de ce capital se bâtit au moyen d'une police d'assurance vie entière avec participation, conçue et financée sur de nombreuses années. C'est d'abord de l'assurance; le capital-décès en est la raison d'être principale. Ce n'est pas un placement, et sa valeur de rachat n'est pas un dépôt. La valeur de rachat déjà portée au crédit ne baisse pas quand les marchés reculent, mais les participations ne sont pas garanties et un barème de participations plus bas ralentit la croissance future. Pendant les premières années, la valeur de rachat demeure inférieure aux primes versées. Une avance sur police (un prêt garanti par la valeur de rachat de votre assurance vie avec participation) est consentie par l'assureur; c'est une véritable dette qui porte intérêt et qui devrait être remboursée avec discipline. Et cette approche ne convient qu'aux familles qui ont des années devant elles, des revenus réguliers et un réel besoin d'assurance.
Ce que cette page ne vous dira pas
Cette page ne prédit pas si la Banque du Canada aura de nouveau recours à l'AQ, ni comment évolueront les rendements obligataires ou le prix des maisons, ni ce que vous devriez faire de votre prêt hypothécaire, de votre épargne ou de vos placements. Elle décrit une politique publique d'après des sources publiées; vos décisions dépendent de votre situation.
Elle simplifie aussi. Les opérations d'une banque centrale comportent des détails que cette page laisse de côté: la composition exacte des titres achetés, la façon dont les achats ont été effectués auprès des courtiers, la comptabilité des revenus de la Banque du Canada et les différences entre les programmes d'autres pays. Les lecteurs qui veulent ces détails les trouveront dans les publications de la Banque du Canada elle-même et dans les travaux de recherche de la Bibliothèque du Parlement.
Ce que cette page vous donne, c'est la forme d'ensemble. Une fois qu'on la voit clairement, la prochaine manchette sur le bilan d'une banque centrale devient beaucoup moins mystérieuse.
À qui cela ne convient pas
Cette page reste générale, et ses idées sur le capital ne conviennent pas à tous. Une police d'assurance vie entière avec participation ne convient pas à une famille qui aura besoin de son argent sous peu, qui n'a pas de fonds d'urgence, qui porte des dettes coûteuses sans plan, aux revenus irréguliers ou sans besoin d'assurance vie.
Pour ces familles, les premiers pas les plus solides sont aussi les plus simples: un coussin d'urgence, un budget qui tient le coup devant des taux plus élevés et un remboursement régulier des dettes coûteuses. Ces gestes protègent un ménage pendant l'AQ, pendant le RQ et pendant tout ce qui se passe entre les deux.
Si vous souhaitez appliquer ces idées au capital de votre propre famille, la page sur posséder son propre réservoir de capital est la suite naturelle. Elle explique comment certaines familles bâtissent un capital sur des décennies, et ce que cela exige honnêtement.
Avis important: Cette page est fournie à titre d'information générale et d'éducation seulement. Elle ne constitue pas un conseil personnalisé en matière de finances, d'assurance, de placement, de fiscalité ou de droit, et les politiques, les taux et les règles changent. Les chiffres sont ceux que rapportent les sources citées et devraient être vérifiés auprès des publications officielles. L'assurance vie est un produit d'assurance, et non un placement, et sa valeur de rachat n'est pas un dépôt. Les garanties d'une police d'assurance vie entière avec participation sont des garanties contractuelles de l'assureur émetteur, qui dépendent de sa solidité financière et de sa capacité à régler les sinistres; elles ne sont pas garanties par l'État. Les participations ne sont pas garanties; elles sont déclarées par le conseil d'administration de l'assureur, et les participations passées ne présagent pas des participations futures. Une avance sur police est une dette envers l'assureur qui porte intérêt et qui réduit la valeur de rachat nette et le capital-décès si elle n'est pas remboursée. L'auteur est un professionnel de l'assurance titulaire d'un permis qui peut toucher une commission sur la vente de produits d'assurance.
En termes simples: j'ai écrit cette page pour que, la prochaine fois que quelqu'un vous dira qu'on fabrique de l'argent à partir de rien, vous puissiez voir ce qui se passe vraiment et en juger par vous-même. Je ne vous dis pas quoi acheter ni pour qui voter. Si vous décidez de bâtir un capital pour votre famille, faites-le avec un professionnel de l'assurance titulaire d'un permis et expérimenté qui comprend ces contrats, ainsi qu'avec un comptable et un conseiller juridique qui connaissent votre situation. Et sachez que si vous souscrivez une police par mon entremise, je peux recevoir une commission.
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Ce formulaire est acheminé au Centre canadien de création de patrimoine inc. Toute rencontre, tout conseil et tout produit d'assurance sont fournis par le Centre canadien de création de patrimoine inc., par l'entremise de ses représentants autorisés dans la province de résidence du client. Financière CBI est le site éducatif de la société: elle ne distribue aucun produit ni service financier et ne donne aucun conseil individualisé.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'assouplissement quantitatif, en termes simples?
L'assouplissement quantitatif, est-ce la même chose qu'imprimer de l'argent?
De combien le bilan de la Banque du Canada a-t-il augmenté pendant la pandémie?
Quand l'assouplissement quantitatif a-t-il pris fin au Canada?
Qu'est-ce que le resserrement quantitatif?
L'assouplissement quantitatif a-t-il fait monter le prix des maisons au Canada?
L'assouplissement quantitatif peut-il nuire aux épargnants?
L'assouplissement quantitatif est-il légal au Canada?
Sources
- Bibliothèque du Parlement, publication 2015-51-E, modifiée le 19 mai 2021: la majorité de l'argent est créée quand des prêteurs consentent de nouveaux prêts; bilan de la Banque du Canada passé de 120 milliards de dollars (11 mars 2020) à un sommet de 575 milliards (10 mars 2021), puis 478 milliards le 12 mai 2021, vérifié le 2026-11-05
- Banque du Canada, discours d'un sous-gouverneur, 21 janvier 2025, sur la fin du resserrement quantitatif et la suite: fin de l'assouplissement quantitatif en octobre 2021, début du resserrement en avril 2022, fin prévue du resserrement en 2025, vérifié le 2026-11-05
- Banque du Canada, Cadre des opérations sur les marchés: système de plancher depuis le 23 mars 2020, vérifié le 2026-11-05
- Banque d'Angleterre, Money creation in the modern economy, Quarterly Bulletin 2014 Q1: les prêts créent les dépôts; le multiplicateur monétaire ne décrit pas le crédit, vérifié le 2026-11-05
- Banque du Canada, page Taux directeur: taux directeur de 2,50 % après une hausse de 25 points de base annoncée le 28 octobre 2026, vérifié le 2026-11-05
Dernière révision: 2026-11-05. Par José Salloum, conseiller en sécurité financière au Québec. En Ontario, Life and Accident & Sickness Insurance Agent. En Colombie-Britannique, Life Insurance Agent.
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