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1971 et la fin de la convertibilité en or: ce qui a changé, et ce qui n'a pas changé

NOUVEAU

Le 15 août 1971, le président américain Richard Nixon a suspendu la convertibilité du dollar américain en or, rompant le lien avec l'or au cœur du système de Bretton Woods. Le Canada avait déjà laissé flotter son dollar en juin 1970. Les prêteurs créaient de la monnaie de dépôt avant comme après 1971; c'est l'ancrage qui a changé.

Demandez à dix personnes ce qui s'est passé en 1971, et vous entendrez dix histoires différentes. Certaines vous diront que l'argent a cessé d'être réel. D'autres, que la crise du pétrole a mis fin à l'étalon-or. D'autres encore, que les prêteurs ont commencé cette année-là à créer de l'argent à partir de rien. La plupart de ces récits contiennent un grain de vérité enrobé d'une bonne dose de confusion. Et la confusion au sujet de l'argent coûte cher, parce qu'elle pousse les familles à craindre les mauvaises choses et à négliger les bonnes.

Prenons donc le temps de regarder ce qui s'est réellement passé. Cette date compte parce qu'elle marque un vrai tournant dans la façon dont la monnaie mondiale est ancrée. Elle compte aussi parce qu'on en dit beaucoup de choses inexactes, et que ces erreurs influencent encore aujourd'hui les décisions que des gens prennent avec leurs économies. Si vous comprenez ce qui a changé en 1971, et ce qui n'a pas changé, vous lirez les manchettes avec plus de calme et vous verrez plus clairement ce qui est vraiment entre vos mains.

L'histoire, lue avec soin, est une enseignante discrète.

Commençons par le système qui existait avant.

Qu'était le système de Bretton Woods?

Bretton Woods est l'arrangement monétaire international conclu en 1944. Les monnaies des pays membres étaient rattachées au dollar américain à l'intérieur de marges convenues, et le dollar était convertible en or pour les gouvernements étrangers à 35 $ US l'once. Les simples citoyens ne pouvaient pas échanger leur argent contre de l'or. Le lien n'existait qu'au sommet.

Imaginez une pyramide. Tout en haut, l'or. Juste en dessous, le dollar américain, que les gouvernements et les autorités monétaires étrangers pouvaient échanger contre de l'or au prix officiel. Plus bas, les autres monnaies membres, chacune rattachée au dollar à un taux convenu, avec une certaine latitude pour s'ajuster si un pays faisait face à un déséquilibre grave.

Cet arrangement est né d'une dure expérience. L'entre-deux-guerres avait connu des monnaies instables, des dévaluations concurrentielles et l'effondrement du commerce pendant la Grande Dépression. Les architectes de Bretton Woods voulaient de la stabilité sans toute la rigidité de l'ancien étalon-or. Ils ont choisi une voie mitoyenne: des taux de change fixes mais ajustables, avec l'or derrière le dollar.

Il vaut la peine de s'arrêter sur ce que Bretton Woods n'était pas. Ce n'était pas un monde où un Canadien pouvait entrer dans une succursale et recevoir des pièces d'or contre du papier-monnaie. Ce n'était pas un système où chaque dollar en circulation correspondait à de l'or entreposé dans une chambre forte. Et ce n'était pas un système où les prêteurs avaient cessé de créer des dépôts par le crédit. Les prêteurs commerciaux consentaient des prêts, et ces prêts créaient des dépôts, à l'époque comme aujourd'hui.

Que s'est-il passé le 15 août 1971, et où en était le Canada?

Deux types d'ancrage

Monnaie-marchandise et monnaie fiduciaire

  1. Ce qui ancre la valeurAncrage à l'or: Un lien fixe avec un métal. Système actuel: Loi, impôt, économie, crédibilité.
  2. Ce qui limite la monnaieAncrage à l'or: Le stock d'or. Système actuel: Fonds propres, demande, taux directeur.
  3. Réaction à une criseAncrage à l'or: Limitée par le lien avec l'or. Système actuel: Plus de marge, avec le risque d'en faire trop.
  4. Principal risqueAncrage à l'or: Déflation et récessions rigides. Système actuel: Inflation si la discipline s'affaiblit.
Chaque système monétaire est un ensemble de compromis; aucun n'élimine tous les risques.

Le 15 août 1971, le président américain Richard Nixon a suspendu la convertibilité du dollar américain en or. Les gouvernements étrangers ne pouvaient plus échanger leurs dollars contre de l'or au prix officiel. Le Canada avait déjà laissé flotter son dollar en juin 1970; sa valeur était donc fixée par les marchés avant la décision américaine.

Les pressions s'accumulaient depuis des années. À mesure que l'économie mondiale grandissait, il y avait à l'étranger plus de dollars américains que les États-Unis ne pouvaient confortablement en couvrir avec leur or à 35 $ US l'once. Si suffisamment de détenteurs étrangers avaient réclamé de l'or en même temps, la promesse n'aurait pas pu être tenue. En fermant le guichet de l'or, on supprimait ce risque en supprimant la promesse.

L'annonce a été présentée à l'époque comme une mesure temporaire. Elle n'a jamais été renversée. En quelques années, les grandes monnaies se sont mises à flotter les unes par rapport aux autres, leur valeur étant déterminée par l'offre et la demande sur les marchés des changes plutôt que par des taux fixes.

Le parcours du Canada était un peu différent. En juin 1970, plus d'un an plus tôt, le Canada avait déjà laissé flotter son dollar au lieu de défendre son taux fixe par rapport au dollar américain. Quand le guichet de l'or s'est fermé, le Canada ne s'est donc pas retrouvé soudainement à la dérive. Le système international a changé autour de lui, alors que la valeur du dollar canadien était déjà établie par le marché.

Date Événement Ce que cela signifiait
1944 Accord de Bretton Woods Monnaies rattachées au dollar américain; dollar lié à l'or pour les gouvernements
Juin 1970 Le Canada laisse flotter son dollar Valeur du dollar canadien fixée par les marchés des changes
15 août 1971 Les États-Unis suspendent la convertibilité en or Les gouvernements étrangers ne peuvent plus échanger leurs dollars contre de l'or
1973 Embargo pétrolier de l'OPEP Un choc pétrolier survenu après la fin du lien avec l'or

Le choc pétrolier de 1973 a-t-il mis fin au lien avec l'or?

Non. L'ordre des événements est inverse. La convertibilité du dollar américain en or a été suspendue en août 1971, et l'embargo pétrolier de l'OPEP est venu plus tard, en 1973. Le choc pétrolier a contribué à la forte inflation des années 1970, mais il n'a pas causé la fin de la convertibilité en or, qui était déjà chose faite.

Un récit populaire de la décennie amalgame les deux événements, présentant parfois la crise pétrolière comme la raison de la fin du lien avec l'or, ou faisant de 1973 l'année où la monnaie a changé. La confusion se comprend. Les deux événements appartiennent à la même décennie agitée, tous deux sont associés à la hausse des prix, et tous deux restent dans les mémoires comme des moments où les familles ordinaires ont senti le sol bouger sous leurs pieds.

Mais les dates comptent pour bien saisir les causes et les effets. En 1973, le guichet de l'or était fermé depuis environ deux ans. L'embargo a fait grimper brusquement le coût de l'énergie, et ce coût s'est répercuté sur le prix de presque tout le reste. Cela a alimenté l'inflation dans un monde qui n'avait plus d'ancrage à l'or, et c'est l'une des raisons pour lesquelles les années 1970 ont été si difficiles pour les épargnants.

Remettre la séquence en ordre n'a rien d'une coquetterie d'historien. Si vous croyez qu'un seul choc a « causé » le changement d'un système monétaire, vous risquez de croire qu'un seul événement pourrait le renverser. Les systèmes changent pour de multiples raisons, lentement, puis tout d'un coup.

Qu'est-ce qui a changé après 1971?

Un bref historique

L'ancrage de la monnaie, de 1944 à aujourd'hui

  1. 01Bretton Woods1944. Monnaies rattachées au dollar américain, lui-même lié à l'or.
  2. 02Le Canada laisse flotter son dollarJuin 1970. Valeur fixée par les marchés des changes.
  3. 03Fin de la convertibilité en or15 août 1971. Les États ne peuvent plus échanger leurs dollars contre de l'or.
  4. 04Embargo pétrolier de l'OPEP1973. Survenu après la fin du lien avec l'or.
  5. 05Le Canada adopte le ciblage de l'inflationAnnées 1990. Cible actuelle: 2 %, au milieu de 1 % à 3 %.
Le lien avec l'or a pris fin en 1971; le choc pétrolier est venu deux ans plus tard.

Après 1971, aucune grande monnaie n'était plus liée à l'or. La valeur de la monnaie s'est mise à reposer sur la loi, l'impôt, l'économie et la confiance envers les autorités monétaires, et les taux de change ont flotté. La Banque du Canada cible l'inflation depuis le début des années 1990 et vise aujourd'hui 2 %.

Sans l'or derrière le système, il fallait autre chose pour ancrer les attentes quant à ce qu'un dollar permettrait d'acheter l'année suivante. Pendant une bonne partie des années 1970, cet ancrage a été faible, et l'inflation a été élevée dans de nombreux pays, dont le Canada. Au cours des décennies suivantes, les autorités monétaires ont essayé diverses approches. Celle qui s'est imposée au Canada est le ciblage de l'inflation: un engagement public à maintenir l'inflation près d'un chiffre annoncé, appuyé par la maîtrise des taux d'intérêt à court terme.

Aujourd'hui, la Banque du Canada vise à maintenir l'inflation à 2 %, soit le point médian d'une fourchette cible de 1 % à 3 %. Son principal outil est le taux directeur, qui influence les taux que les prêteurs exigent et versent. J'explique comment ce taux voyage de la Banque du Canada jusqu'à votre prêt hypothécaire et à votre épargne dans qui fixe les taux d'intérêt au Canada. En période exceptionnelle, on a aussi eu recours à d'autres outils, comme l'achat d'obligations gouvernementales, dont je traite dans l'assouplissement quantitatif expliqué.

Voici un contraste simple à garder en tête. Sous un ancrage à l'or, la promesse était: « cette monnaie peut être échangée contre une quantité fixe de métal, du moins par les gouvernements ». Dans le système actuel, la promesse est: « l'autorité monétaire agira pour que le pouvoir d'achat de la monnaie baisse lentement et de façon prévisible ». L'une repose sur une substance. L'autre repose sur une institution. Les deux dépendent de la confiance.

Qu'est-ce qui n'a pas changé après 1971?

Les prêteurs commerciaux créaient de la monnaie de dépôt par le crédit avant 1971, et ils ont continué après. Les cycles économiques, les envolées du crédit et les paniques financières existaient aussi sous l'or, Grande Dépression comprise. Ce que 1971 a supprimé, c'est un lien international avec l'or, pas la mécanique de base qui fait naître l'essentiel de la monnaie.

La Banque d'Angleterre l'a expliqué clairement en 2014: quand un prêteur consent un prêt, il crée un dépôt correspondant dans le compte de l'emprunteur, et quand le prêt est remboursé, cette monnaie disparaît. La Bibliothèque du Parlement décrit le même processus pour le Canada, en précisant que la majeure partie de l'argent en circulation au pays est créée de cette façon. Rien de tout cela n'a commencé en 1971. Les prêteurs créaient des dépôts par le crédit sous Bretton Woods, et sous l'étalon-or classique avant lui.

Voilà qui corrige une affirmation répandue voulant que 1971 soit l'année où les prêteurs auraient commencé à créer de l'argent à partir de rien. Les véritables limites au crédit, hier comme aujourd'hui, viennent d'ailleurs: les fonds propres du prêteur, les règles fixées par les organismes de réglementation, la volonté des emprunteurs d'emprunter et le taux directeur. J'explique pourquoi la vieille image du multiplicateur mécanique ne décrit pas le fonctionnement réel du crédit dans le multiplicateur monétaire, et la page principale de cette série, comment l'argent est créé au Canada, présente le processus étape par étape. Autre chose n'a pas changé: la nature humaine. Les gens empruntaient trop dans les bonnes années et paniquaient dans les mauvaises bien avant 1971. Les époques de l'étalon-or ont eu leurs propres paniques financières et leurs dépressions profondes. La Grande Dépression des années 1930 s'est déroulée alors qu'une bonne partie du monde était encore liée à l'or. Une ancre peut stabiliser un navire. Elle ne peut pas empêcher la tempête.

Cela ne veut pas dire que le choix d'un système monétaire n'a aucune importance. Il en a beaucoup, notamment sur la façon dont les crises se propagent et sur la vitesse à laquelle on en sort. Mais il serait trompeur de laisser croire qu'un retour à l'or, ou au contraire l'abandon de toute règle, réglerait à lui seul les excès que les êtres humains commettent avec le crédit. Les excès naissent surtout de nos comportements, et c'est sur ces comportements, à l'échelle d'une famille, que nous avons le plus de prise.

Quels sont les arguments pour et contre un ancrage à l'or?

Départager les faits et les récits

Ce que 1971 a changé, et ce qui est resté

  1. 01Ce qui a changéPlus aucune grande monnaie liée à l'or; Des taux de change devenus flottants; Le ciblage de l'inflation, adopté plus tard.
  2. 02Ce qui n'a pas changéLes prêteurs créent toujours des dépôts en prêtant; Envolées du crédit et paniques, comme sous l'or; Le choix d'une famille: posséder ou seulement emprunter.
1971 a changé l'ancrage de la monnaie, pas la façon dont naît l'essentiel de la monnaie.

Ses partisans affirment qu'un ancrage à l'or limite la croissance de la monnaie et discipline les gouvernements. Ses critiques répondent que l'offre d'or dépend des mines et non des besoins de l'économie, que les époques de l'or ont connu paniques et déflation, et qu'un ancrage rigide peut aggraver les récessions. Les deux camps soulèvent des points réels.

Voici chaque position, présentée aussi honnêtement que possible.

Les arguments en faveur d'un ancrage à l'or. On ne peut pas créer de l'or à volonté. Si la monnaie doit y être rattachée, sa quantité ne peut pas croître plus vite que le stock d'or ne le permet. Les partisans soutiennent que cela protège les épargnants contre l'érosion lente du pouvoir d'achat, freine l'endettement des gouvernements et bâtit une confiance durable envers la monnaie. Ils citent de longues périodes de l'histoire où, sur plusieurs décennies, les prix ont fini à peu près là où ils avaient commencé.

Les arguments contre un ancrage à l'or. La quantité d'or disponible dépend des découvertes minières, pas du nombre de personnes qui travaillent, construisent et échangent. Quand l'économie croît plus vite que le stock d'or, les prix peuvent devoir baisser, et la baisse des prix rend les dettes plus difficiles à rembourser. Un ancrage rigide peut aussi lier les mains des autorités monétaires en pleine crise. Bien des historiens de l'économie estiment que les pays qui ont quitté l'or plus tôt se sont généralement remis plus vite de la Grande Dépression.

Caractéristique Monnaie-marchandise (ancrage à l'or) Monnaie fiduciaire (système actuel)
Ce qui ancre la valeur Un lien fixe avec un métal La loi, l'impôt, l'économie et la crédibilité de l'autorité monétaire
Ce qui limite la croissance de la monnaie Le stock d'or disponible Les règles de fonds propres, la demande d'emprunt et le taux directeur
Réaction à une crise Limitée par le lien avec l'or Plus de marge de manœuvre, avec le risque d'en faire trop
Niveau des prix à long terme Parfois stable sur des décennies, avec des épisodes de déflation Hausse lente quand la cible de 2 % est respectée
Principal risque Déflation et récessions rigides Inflation si la confiance ou la discipline s'affaiblit

Je ne rends pas de verdict ici. Chaque système monétaire est un ensemble de compromis choisis par des êtres humains. La question la plus utile pour une famille n'est pas de savoir quel système est parfait, mais comment vivre sagement à l'intérieur de celui que nous avons.

Qu'est-ce qui donne sa valeur au dollar canadien aujourd'hui?

Le dollar canadien a de la valeur parce que la loi donne cours légal aux billets de la Banque du Canada, parce que les impôts se paient en dollars canadiens, parce que la Banque du Canada travaille à maintenir l'inflation près de 2 %, et parce que les Canadiens produisent des biens et des services que ces dollars permettent d'acheter.

Chacun de ces éléments soutient les autres. Le régime fiscal crée une demande constante de dollars, puisque chaque ménage et chaque entreprise en a besoin pour payer ce qu'il doit. Le cours légal des billets leur donne un rôle défini dans le règlement des dettes. La cible d'inflation permet de prévoir raisonnablement ce qu'un dollar achètera l'an prochain. Et sous tout cela, il y a l'économie elle-même: les fermes, les usines, les cliniques, les maisons et les services que les gens obtiennent en échange de leurs dollars. C'est la confiance dans la durée de tout cet édifice qui fait accepter le dollar en échange d'un vrai travail.

Remarquez ce qui manque à cette liste: une chambre forte remplie de métal. La valeur d'un dollar repose aujourd'hui sur des institutions et sur la production. Cela peut sembler moins solide que l'or. C'est aussi plus souple, et la stabilité de l'ensemble dépend de la qualité de la gestion de ces institutions.

La leçon pratique est douce, mais importante. Un dollar conservé longtemps achètera habituellement un peu moins dans l'avenir qu'aujourd'hui, parce que le système est conçu pour une inflation faible et stable, pas nulle. L'argent liquide est utile pour payer les factures et faire face aux imprévus. L'argent liquide laissé dormant pendant des décennies perd lentement du terrain. Je traite du coût caché de l'endroit où dort notre argent dans le coût de renonciation.

Que peut faire une famille devant un système monétaire qu'elle n'a pas choisi?

Nul besoin de chambre forte

Ce qui donne sa valeur au dollar aujourd'hui

  1. 01Les billets de la Banque du Canada ont cours légal
  2. 02Les impôts se paient en dollars canadiens
  3. 03Une cible d'inflation de 2 %
  4. 04Les biens et services produits au Canada
  5. 05La confiance que tout cela tiendra
Aujourd'hui, la valeur d'un dollar repose sur des institutions et sur la production plutôt que sur un métal.

Une famille ne choisit ni son système monétaire, ni les taux d'intérêt, ni l'inflation. Elle choisit ses habitudes: dépenser moins qu'elle ne gagne, éviter les dettes qu'elle ne peut porter, garder un fonds d'urgence sûr et accessible, et bâtir au fil des années un capital qui lui appartient. Posséder du capital élargit ses choix quand les prix bougent.

C'est ici que la philosophie compte davantage que l'histoire. Les familles qui consacrent leur énergie à s'inquiéter de 1971 en ont souvent peu pour les décisions qui leur appartiennent vraiment. Le système fera ce qu'il fera. Ce sont quand même les choix de votre famille qui déterminent si vous êtes surtout propriétaire de capital ou surtout emprunteur de capital.

L'écart entre ces deux positions est immense. Une famille qui possède du capital peut encaisser un choc de prix, traverser une période de taux élevés ou saisir une occasion sans demander la permission à qui que ce soit. Une famille qui ne fait qu'emprunter doit accepter les conditions que le marché lui offre à ce moment-là, et elle paie de l'intérêt à quelqu'un d'autre pour ce privilège. J'explore cette idée de la réserve d'argent propre à une famille dans le capital familial privé.

Pour certaines familles, une partie de ce capital à long terme se trouve dans une police d'assurance vie entière avec participation. Si vous y songez, l'ordre des priorités compte. La police est d'abord une assurance, et sa raison d'être principale est le capital-décès. Ce n'est ni un placement, ni un dépôt, ni une protection contre un événement monétaire en particulier. Elle exige des années de primes régulières, et sa valeur de rachat des premières années est inférieure aux primes payées. La valeur de rachat déjà créditée ne baisse pas au gré des marchés, mais la croissance future dépend du contrat et des participations, et les participations ne sont pas garanties. Si vous empruntez sur la police au moyen d'une avance sur police (un prêt garanti par la valeur de rachat de votre assurance vie avec participation), c'est l'assureur qui prête; l'avance porte intérêt, payable à l'assureur, et réduit la valeur de rachat nette et le capital-décès tant qu'elle n'est pas remboursée. Remarquez aussi que rien, dans cette approche, ne dépend de ce que fera l'or ou de ce que décidera la Banque du Canada à sa prochaine annonce. Elle repose sur le temps, la régularité et la discipline, trois choses qu'aucun système monétaire ne peut vous enlever.

Rien de tout cela n'est une prévision sur la monnaie. C'est simplement la différence entre être propriétaire de son avenir financier et en être locataire.

Ce que cette page ne vous dira pas

Cette page ne vous dira pas ce qui arrivera au dollar canadien, à l'inflation, au prix de l'or ou aux taux d'intérêt. C'est une histoire et une explication, pas une prévision, et elle ne vous dira pas s'il faut acheter de l'or ou un autre actif. Les faits cités ici sont ceux que j'ai lus le 5 novembre 2026.

Elle simplifie aussi une histoire longue et technique. Bretton Woods comportait bien des détails, des ajustements et des exceptions qui ne sont pas abordés ici, et les décennies qui ont suivi 1971 ont été marquées par de nombreuses expériences de politique monétaire. Si vous souhaitez étudier la période de près, la Banque du Canada et la Bibliothèque du Parlement publient des documents accessibles, et les historiens de l'économie ont beaucoup écrit sur le sujet. Vérifiez toujours les chiffres et les dates auprès des sources officielles avant de vous y fier.

À qui cela ne convient pas

Cette page ne convient pas au lecteur qui cherche une prévision ou une idée de transaction sur l'or ou les devises. Elle ne convient pas non plus à qui espère y trouver la preuve qu'un effondrement monétaire s'en vient, ou qu'il ne pourrait jamais survenir. Les gens raisonnables divergent sur les systèmes monétaires; ce texte veut informer, pas convaincre.

L'approche de constitution de capital évoquée vers la fin ne convient pas à tout le monde non plus. Une police d'assurance vie entière avec participation suppose un réel besoin d'assurance vie, des flux de trésorerie stables pendant de nombreuses années et la discipline de rembourser toute avance. Si vous avez besoin d'une protection pour une période déterminée seulement, au coût le plus bas, une assurance temporaire pourrait mieux vous servir. Et si vous avez besoin de votre argent au cours des prochaines années, la valeur de rachat des premières années d'une police pourrait ne pas répondre à ce besoin.

Avis important: Cette page fournit de l'information générale et éducative seulement et ne constitue pas un conseil personnalisé de nature financière, d'assurance, de placement, fiscale ou juridique. Les descriptions historiques sont simplifiées et les chiffres changent; vérifiez l'information à jour auprès des sources officielles. L'assurance vie entière avec participation est un produit d'assurance, et non un placement; sa raison d'être principale est le capital-décès. Les garanties sont des garanties contractuelles de l'assureur émetteur, qui dépendent de sa solidité financière et de sa capacité à régler les sinistres; ce ne sont pas des garanties gouvernementales. Les participations ne sont pas garanties; elles sont déclarées par le conseil d'administration de l'assureur selon le rendement du compte de participation, et les participations passées ne présagent pas des participations futures. Une avance sur police est une dette envers l'assureur qui porte intérêt et qui réduit la valeur de rachat nette et le capital-décès tant qu'elle n'est pas remboursée. L'auteur est un professionnel de l'assurance titulaire d'un permis qui peut toucher une commission si une police est souscrite.

Voici ce que cela veut dire en langage simple. J'ai écrit cette page pour vous aider à comprendre un pan d'histoire qu'on raconte souvent de travers, pas pour prédire où s'en va l'argent ni pour vous dire quoi acheter. Si une police fait partie de votre plan, rappelez-vous qu'il s'agit d'abord d'assurance, que ses garanties viennent de l'assureur et non d'un gouvernement, et que ses participations ne sont pas garanties, et une participation plus faible ralentit la croissance future sans réduire la valeur de rachat déjà acquise. Une avance sur police est une vraie dette qui coûte de vrais intérêts. Et parce que je peux être rémunéré par une commission quand une police est souscrite, je vous invite à mettre mon point de vue en balance avec celui d'un comptable et d'un conseiller juridique qui comprennent ces contrats.

Si vous souhaitez appliquer ces idées à votre propre famille, commencez par posséder son propre réservoir de capital, qui explique ce que signifie bâtir un capital qui vous appartient plutôt que de seulement l'emprunter.

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Questions fréquentes

Que s'est-il passé le 15 août 1971?

Le 15 août 1971, le président américain Richard Nixon a annoncé que les États-Unis suspendaient la convertibilité du dollar américain en or. Sous le régime de Bretton Woods, les gouvernements et les autorités monétaires étrangers pouvaient échanger des dollars américains contre de l'or à un prix officiel fixe. Après cette date, ce n'était plus possible. La décision a fait tomber le dernier lien officiel avec l'or dans le système monétaire international et ouvert la voie aux taux de change flottants.

Qu'était le système de Bretton Woods?

Bretton Woods est l'arrangement monétaire international conclu en 1944. Les monnaies des pays membres étaient rattachées au dollar américain à l'intérieur de marges convenues, et le dollar américain était convertible en or pour les gouvernements étrangers à 35 $ US l'once. Les simples citoyens ne pouvaient pas se présenter à un guichet pour obtenir de l'or. Le système liait la monnaie à l'or seulement au sommet, entre États, et c'est ce lien qui a pris fin en 1971.

Le Canada a-t-il quitté l'étalon-or en 1971?

La situation du Canada était différente. Le Canada avait déjà laissé flotter son dollar en juin 1970, plus d'un an avant la décision américaine. Les Canadiens n'échangeaient pas leurs propres dollars contre de l'or à cette époque. La décision de 1971 a transformé le système international autour du Canada, mais la valeur du dollar canadien était déjà fixée par les marchés des changes plutôt que par un taux fixe.

La crise pétrolière de 1973 a-t-elle mis fin à l'étalon-or?

Non. L'ordre des événements est inverse. La convertibilité du dollar américain en or a été suspendue en août 1971. L'embargo pétrolier de l'OPEP est venu plus tard, en 1973. Le choc pétrolier a contribué à la forte inflation des années 1970, mais il n'a pas causé la fin de la convertibilité en or. Un récit répandu confond les deux événements, et remettre les dates en ordre aide à comprendre la décennie.

Le dollar canadien est-il adossé à quelque chose aujourd'hui?

Le dollar canadien n'est pas adossé à l'or. Sa valeur repose sur plusieurs éléments à la fois: la loi qui donne cours légal aux billets de la Banque du Canada, le fait que les impôts se paient en dollars canadiens, l'engagement de la Banque du Canada à maintenir l'inflation près de sa cible de 2 %, et les biens et services que produit l'économie canadienne. C'est la confiance dans la solidité de ces éléments qui fait accepter le dollar en échange d'un vrai travail.

La fin de la convertibilité en or a-t-elle permis aux prêteurs de créer de l'argent à partir de rien?

Les prêteurs créaient de la monnaie de dépôt par le crédit avant 1971, et ils ont continué après. La Banque d'Angleterre explique qu'un prêt crée un dépôt correspondant et que cette monnaie disparaît quand le prêt est remboursé. Ce que 1971 a éliminé, c'est un ancrage à l'or au niveau international, pas la façon dont le crédit commercial crée des dépôts. Aujourd'hui, le crédit est limité par les règles de fonds propres, la demande des emprunteurs et le taux directeur.

Un retour à l'étalon-or mettrait-il fin à l'inflation?

Un ancrage à l'or peut limiter la croissance de la monnaie, et ses partisans y voient une discipline. Ses critiques rappellent que l'offre d'or dépend des mines et non des besoins de l'économie, que les époques de l'étalon-or ont aussi connu des paniques et de la déflation, et que bien des historiens de l'économie estiment que les pays sortis de l'or plus tôt se sont remis plus vite de la Grande Dépression. Les gens raisonnables divergent. Aucun système n'élimine tous les risques.

Que peut faire une famille devant une inflation qu'elle ne contrôle pas?

Une famille ne choisit ni le système monétaire ni les taux d'intérêt. Elle choisit toutefois ses habitudes: dépenser moins qu'elle ne gagne, éviter les dettes qu'elle ne peut porter, garder un fonds d'urgence en lieu sûr et bâtir, au fil des années, un capital qui lui appartient. Posséder du capital plutôt que seulement l'emprunter donne plus de choix quand les prix et les taux bougent. Le bon dosage dépend de votre situation; parlez-en à des professionnels qualifiés.

Sources

  • Banque du Canada, Cible de maîtrise de l'inflation: la cible est de 2 %, soit le point médian d'une fourchette de 1 % à 3 %, vérifié le 2026-11-05
  • Bibliothèque du Parlement, publication 2015-51-F, La création de la monnaie: la majeure partie de l'argent en circulation au Canada est créée lorsque les prêteurs consentent de nouveaux prêts, chacun créant un dépôt correspondant; 19 mai 2021, vérifié le 2026-11-05
  • Banque d'Angleterre, Money creation in the modern economy, Quarterly Bulletin 2014 T1: les prêts créent des dépôts; le multiplicateur monétaire mécanique ne décrit pas le fonctionnement du crédit, vérifié le 2026-11-05
  • Faits historiques: suspension de la convertibilité du dollar américain en or le 15 août 1971; flottement du dollar canadien en juin 1970; l'embargo pétrolier de l'OPEP a suivi en 1973, vérifié le 2026-11-05

Au sujet de l'auteur

José Salloum, conseiller en sécurité financière

José Salloum est conseiller en sécurité financière certifié par l'Autorité des marchés financiers au Québec, Life and Accident & Sickness Insurance Agent auprès de la Financial Services Regulatory Authority of Ontario, et Life Insurance Agent auprès de l'Insurance Council of British Columbia. Titulaire d'un permis depuis 2001.

Il pratique l'Infinite Banking depuis 2015 et a fondé en 2016 le Centre canadien de création de patrimoine Inc. De 2020 à 2024, il a été IBC (Infinite Banking Concepts™) Authorized Practitioner du Nelson Nash Institute, une certification privée et non un permis délivré par un organisme de réglementation.

Financière CBI est le site éducatif du Centre canadien de création de patrimoine inc., ouvert à tous les Canadiens. Les services sont fournis uniquement par ce cabinet. Ses représentants détiennent un permis dans chaque province desservie: le Québec, l'Ontario, l'Alberta, la Colombie-Britannique, le Manitoba et le Nouveau-Brunswick. Les permis personnels de José Salloum visent le Québec, l'Ontario et la Colombie-Britannique. Cette page est de l'information générale et non un conseil portant sur un dossier particulier.

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Dernière révision: 2026-11-05. Par José Salloum, conseiller en sécurité financière au Québec. En Ontario, Life and Accident & Sickness Insurance Agent. En Colombie-Britannique, Life Insurance Agent.

Divulgations importantes

Avec qui vous faites affaire. Financière CBI est le site éducatif du Centre canadien de création de patrimoine inc. (cwcc.ca), le cabinet inscrit auprès de l'Autorité des marchés financiers. Le site éducatif lui-même ne détient aucun permis, ne distribue aucun produit ni service, ne donne aucun conseil individualisé et ne conclut aucune transaction. Toute relation-client, tout conseil et tout produit d'assurance passent uniquement par ce cabinet et ses représentants dûment certifiés.

Permis et titres. José Salloum est conseiller en sécurité financière certifié par l'Autorité des marchés financiers au Québec, Life and Accident & Sickness Insurance Agent autorisé par la Financial Services Regulatory Authority of Ontario, et Life Insurance Agent autorisé par l'Insurance Council of British Columbia. Titulaire d'un permis depuis 2001. Son permis personnel couvre le Québec, l'Ontario et la Colombie-Britannique uniquement. Michael Salloum sert l'Alberta, le Manitoba et le Nouveau-Brunswick. De 2020 à 2024, il a été IBC (Infinite Banking Concepts™) Authorized Practitioner du Nelson Nash Institute, et il détient la désignation Certified Cash Flow Specialist. Il s'agit de certifications privées et non de permis réglementaires, et elles ne confèrent aucune autorité gouvernementale. Tous ces titres peuvent être vérifiés dans les registres publics des organismes de réglementation.

Titres protégés. Le Québec et l'Ontario réservent chacun par la loi certains titres de planification et de conseil, et seule une personne détenant la désignation correspondante peut les employer. José Salloum n'en détient aucun et n'en emploie aucun. Le titre qu'il détient est celui de conseiller en sécurité financière, certifié par l'Autorité des marchés financiers, et c'est le seul titre employé sur ce site web.

Rémunération. À titre de professionnel de l'assurance dûment autorisé, José Salloum reçoit des commissions des assureurs lorsqu'un client souscrit une police. Le cabinet a donc un intérêt commercial dans le résultat, et il le déclare ici afin que vous puissiez soupeser ce que vous lisez. Ce site web constitue le volet éducatif et promotionnel du Centre canadien de création de patrimoine inc.

Nature de ce site web. Ce site web est destiné à des fins d'information et d'éducation générales uniquement. Rien de ce qui s'y trouve ne constitue un conseil financier, d'assurance, fiscal ou juridique personnalisé, et sa lecture ne crée aucune relation professionnelle. José Salloum est un professionnel de l'assurance titulaire d'un permis. Il n'est pas comptable professionnel agréé, il n'est pas avocat et il n'est pas inscrit auprès de l'Organisme canadien de réglementation des investissements. Il ne fournit ni conseils en valeurs mobilières, ni conseils fiscaux, ni conseils juridiques. Consultez votre propre comptable et votre conseiller juridique avant d'agir sur la foi de quoi que ce soit décrit ici.

Au sujet des produits abordés. L'assurance vie entière avec participation est un produit d'assurance et non un placement. Sa fonction première est le capital-décès. Les participations ne sont pas garanties. Elles sont déclarées annuellement à la discrétion du conseil d'administration de l'assureur en fonction du rendement du compte de participation, et le rendement passé des participations n'indique pas les résultats futurs. Les garanties contractuelles dépendent de la solvabilité continue de l'assureur émetteur et ne sont garanties par aucun gouvernement. La protection des titulaires de police au Canada est assurée par Assuris, à l'intérieur de ses limites publiées. La Société d'assurance-dépôts du Canada couvre les dépôts bancaires et ne s'applique pas aux produits d'assurance. Ces stratégies ne conviennent pas à tout le monde et dépendent de la situation individuelle, des liquidités, de l'horizon temporel et des objectifs.

Ce n'est pas une banque. Le Centre canadien de création de patrimoine inc. et Financière CBI ne sont pas des banques, ne sont pas des institutions de dépôt, et n'exercent aucune activité bancaire. Les primes versées dans une police ne sont pas des dépôts. Les valeurs d'une police ne sont pas des dépôts, ne sont pas détenues en dépôt, et ne sont pas assurées par la Société d'assurance-dépôts du Canada.

Note fiscale. Le traitement fiscal dépend du maintien du caractère exonéré de la police en vertu de l'article 306 du Règlement de l'impôt sur le revenu et de votre situation personnelle. Une avance sur contrat constitue une disposition au sens du paragraphe 148(9) de la Loi de l'impôt sur le revenu. Les montants dépassant le coût de base rajusté peuvent être imposables, et si la police tombe en déchéance ou fait l'objet d'un rachat alors qu'une avance est en cours, tout gain sur la police devient imposable dans cette année-là. Consultez un fiscaliste qualifié avant d'agir.

Marques de commerce et absence d'affiliation. « The Infinite Banking Concept® » et « Becoming Your Own Banker® » sont des marques d'Infinite Banking Concepts, LLC. Ni le Centre canadien de création de patrimoine inc. ni José Salloum n'est affilié à Infinite Banking Concepts, LLC ou au Nelson Nash Institute, ni commandité ou approuvé par ceux-ci. « Infinite Financial Sovereignty® » est une marque déposée de José Salloum, enregistrement TMA1420283 de l'Office de la propriété intellectuelle du Canada, enregistrée le 12 juin 2026. « La Souveraineté Financière Infinie™ » et « SFI™ » en sont les formes françaises, employées à titre de marques non enregistrées.

Variation provinciale. Les titres et les exigences en matière de permis d'assurance varient selon la province et le territoire. Vérifiez le permis de votre propre conseiller auprès de l'organisme de réglementation de votre province.

Politique de confidentialité. Personne responsable de la protection des renseignements personnels: Mona Haddad, compliance@cwcc.ca, Centre canadien de création de patrimoine inc., 203-3899 Autoroute des Laurentides, Laval, QC H7L 3H7, 514-875-9444.