Pourquoi les prêteurs préfèrent l'immobilier aux jeunes entreprises, et ce que les propriétaires peuvent faire
Les prêteurs préfèrent l'immobilier parce qu'un immeuble peut être évalué, grevé d'une hypothèque et vendu si l'emprunteur cesse de payer. Le prêteur ne touche que l'intérêt, jamais une part du succès; il privilégie donc un remboursement prévisible. Une jeune entreprise offre moins de tout cela, d'où l'importance des fonds propres, des programmes ou d'un capital bâti d'avance.
Imaginez deux demandes qui arrivent sur le bureau du même prêteur, la même semaine. C'est un exemple hypothétique, pas un vrai dossier. Une propriétaire veut acheter un petit immeuble commercial qui affiche un long historique de location. Un autre veut ouvrir une nouvelle clinique avec un plan solide, une équipe compétente et aucun historique. La première demande est souvent acceptée rapidement. La seconde peut attendre des semaines et revenir quand même refusée. Si vous avez déjà été à la place du deuxième propriétaire, vous vous êtes sans doute posé la question que bien des entrepreneurs se posent: pourquoi un prêteur fait-il davantage confiance à la brique qu'aux personnes?
La réponse a plus de portée qu'on le croit. Elle détermine qui obtient du crédit au Canada, à quel prix et à quelles conditions. Elle explique pourquoi une famille propriétaire d'un immeuble emprunte souvent sans difficulté, alors qu'une famille qui porte une entreprise prometteuse se heurte à un mur. Et elle explique pourquoi tant de propriétaires, une fois qu'ils comprennent le point de vue du prêteur, cessent d'attendre une permission et commencent à bâtir leur propre capital, lentement, au fil des années.
Ce n'est pas une critique des prêteurs. Les prêteurs font exactement ce que leur structure leur demande de faire. Quand vous voyez clairement cette structure, vous cessez de prendre un refus comme une affaire personnelle, et vous commencez à planifier en conséquence.
Voyons ensemble comment raisonne un prêteur.
Pourquoi les prêteurs préfèrent-ils prêter sur l'immobilier?
Les prêteurs préfèrent l'immobilier parce qu'un immeuble ou une maison peut être évalué, grevé d'une hypothèque et vendu si l'emprunteur cesse de payer. Le prêteur dispose ainsi d'une deuxième porte de sortie. Une jeune entreprise n'offre généralement ni un long historique de remboursement ni des actifs qui gardent leur valeur lorsqu'il faut les vendre rapidement.
Tout prêteur pense à deux portes de sortie. La première, c'est le flux de trésorerie: l'emprunteur gagne de l'argent et rembourse le prêt à même ses revenus, mois après mois. La deuxième, c'est la garantie: si les revenus s'arrêtent, le prêteur saisit le bien donné en garantie et le vend pour récupérer ce qui lui est dû. Aux yeux d'un prêteur, un bon prêt a une première sortie solide et une deuxième sortie fiable.
L'immobilier séduit parce qu'il donne à cette deuxième sortie une force peu commune. Un immeuble ne se déplace pas. Son propriétaire est inscrit dans un registre public. Une hypothèque peut y être publiée, de sorte que tout le monde sait que le prêteur passe en premier. Il existe habituellement un marché d'acheteurs, et des évaluateurs agréés peuvent estimer sa valeur. Même quand les prix reculent, un immeuble perd rarement toute sa valeur.
Comparez maintenant avec les actifs d'une jeune entreprise. Un équipement spécialisé ne vaut parfois qu'une fraction de son coût aux yeux de quelqu'un d'autre. Les stocks peuvent se gâter, se démoder ou devenir désuets. Un logiciel, une marque ou un achalandage peuvent avoir beaucoup de valeur tant que l'entreprise roule, et presque aucune le jour où elle ferme. La valeur d'une nouvelle entreprise réside surtout dans son avenir, et l'avenir, c'est précisément ce qu'un prêteur ne peut pas inscrire au registre.
Un prêteur ne parie pas sur votre rêve. Il évalue sa porte de sortie.
Que gagne réellement un prêteur quand une entreprise réussit?
Étape par étape
Bâtir une réserve de capital au fil du temps
- 01Décider de mettre de côté une part de chaque bonne année
- 02Garder la réserve là où elle reste accessible
- 03Si une police convient: l'assurance d'abord, puis des années
- 04Laisser les participations dans la police; aucune n'est garantie
- 05N'emprunter qu'avec un plan de remboursement écrit
- 06Revoir le tout avec votre comptable et votre juriste
Un prêteur touche l'intérêt et les frais prévus au contrat, rien de plus. Si l'entreprise triple de valeur, il ne reçoit que son capital et ses intérêts. Si elle fait faillite, il peut perdre une partie du capital. Ce potentiel limité, jumelé à un risque réel, explique pourquoi il cherche d'abord à éviter les pertes.
Cette asymétrie est au cœur de la question, et elle mérite qu'on s'y attarde. Prenons un prêteur hypothétique qui avance 100 000 $ à une entreprise à un taux illustratif de 7 % par année. Si tout va bien, il gagne environ 7 000 $ par année avant ses propres coûts, puis récupère ses 100 000 $. Si l'entreprise fait faillite et qu'il ne récupère que 40 000 $ en vendant les actifs, il perd 60 000 $. Cette seule perte efface l'intérêt de bien des bonnes années, et de bien des bons prêts.
L'investisseur en capital se trouve dans une tout autre position. Il achète une part de l'entreprise. Si l'entreprise échoue, il peut tout perdre. Si elle réussit au-delà de toute attente, il partage ce succès sans plafond. Parce qu'il peut gagner gros, il peut se permettre d'appuyer des idées qui n'ont pas encore fait leurs preuves. Parce que le prêteur ne peut pas gagner gros, il ne peut pas se le permettre.
| Caractéristique | Prêteur | Investisseur en capital |
|---|---|---|
| Ce qu'il reçoit | Intérêts, frais et remboursement du capital | Une part des profits et de la valeur de l'entreprise |
| Potentiel si l'entreprise décolle | Fixé par contrat | Partage la croissance |
| Risque si l'entreprise échoue | Peut perdre le capital non couvert par la garantie | Peut perdre toute sa mise |
| Ce qu'il examine en premier | Capacité de remboursement et garanties | Potentiel de croissance et équipe |
| Attitude typique devant une idée nouvelle | Prudente | Ouverte, en échange d'une part de propriété |
Aucune de ces attitudes n'est bonne ou mauvaise. Ce sont deux métiers différents. L'erreur que font bien des propriétaires, c'est de demander à un prêteur de faire le travail d'un investisseur, puis de se sentir rejetés quand le prêteur refuse. Le « non » d'un prêteur devant un projet tout neuf est souvent la simple réponse à une question qui aurait dû être posée à quelqu'un d'autre.
Qu'examine un prêteur avant d'approuver un prêt?
La plupart des prêteurs examinent surtout trois choses: le flux de trésorerie qui remboursera le prêt, la garantie qui les protège si ce flux s'arrête, et l'historique de remboursement de l'emprunteur. Plusieurs regardent aussi la mise de fonds des propriétaires et la conjoncture. Un immeuble bien établi obtient souvent de bons résultats sur plusieurs plans.
Les analystes de crédit résument parfois cette grille sous le nom des « cinq C du crédit »: caractère, capacité, capital, collatéral (la garantie) et conjoncture. Le caractère, c'est votre feuille de route quand il s'agit de tenir vos engagements, souvent lue dans votre dossier de crédit. La capacité, c'est votre aptitude à faire les paiements à même vos revenus. Le capital, c'est votre propre mise dans le projet. Le collatéral, c'est la garantie. La conjoncture, c'est l'économie, le secteur d'activité et les conditions mêmes du prêt.
| Ce que le prêteur évalue | La question derrière | Immeuble locatif établi | Nouvelle entreprise |
|---|---|---|---|
| Capacité | Y a-t-il des revenus pour rembourser? | Des loyers avec un historique | Des prévisions sans historique |
| Collatéral | Que peut-on vendre si les paiements cessent? | Un immeuble hypothéqué | Équipement, stocks, achalandage |
| Caractère | Cet emprunteur a-t-il déjà remboursé? | Souvent des années de relevés | Souvent seulement le dossier personnel du propriétaire |
| Capital | Quelle part de son propre argent est en jeu? | Habituellement une mise de fonds importante | Très variable |
| Conjoncture | Quelle est son exposition à l'économie? | Exposé aux loyers et aux taux | Exposée aux ventes, aux coûts et à la concurrence |
Remarquez ce qui ne figure pas dans ce tableau: une colonne qui mesurerait la qualité de l'idée. Les prêteurs tiennent à ce qu'une entreprise ait du sens, mais ils ne peuvent pas mettre un prix sur l'enthousiasme. Quand l'entreprise elle-même ne peut pas fournir la preuve, le prêteur va la chercher ailleurs.
C'est là qu'intervient le cautionnement personnel. Quand une jeune société demande du crédit, bien des prêteurs exigent que le propriétaire se porte caution personnellement. Autrement dit, le propriétaire s'engage à rembourser la dette si la société n'y arrive pas. Bien souvent, la maison du propriétaire finit par se retrouver derrière le prêt d'affaires. Sans bruit, le prêteur a transformé un prêt d'entreprise en quelque chose qui ressemble davantage à un prêt immobilier, parce que c'est à l'immobilier qu'il fait confiance.
Avant de signer un cautionnement, je vous suggère de demander à votre conseiller juridique ce qu'il couvre, s'il peut être limité en montant ou dans le temps, et ce qu'il advient de cet engagement une fois le prêt remboursé.
Comment les règles de fonds propres rendent-elles les prêts immobiliers moins coûteux à détenir?
Deux métiers différents
Ce que voit le prêteur, ce que voit l'investisseur
- 01Ce qu'il reçoitPrêteur: Intérêts, frais, retour du capital. Investisseur en capital: Une part des profits et de la valeur.
- 02Si l'entreprise décollePrêteur: Rendement fixé par contrat. Investisseur en capital: Partage la croissance.
- 03Si l'entreprise échouePrêteur: Peut perdre le capital non garanti. Investisseur en capital: Peut perdre toute sa mise.
- 04Ce qu'il vérifie d'abordPrêteur: Capacité de rembourser et garanties. Investisseur en capital: Potentiel de croissance et équipe.
Les institutions de dépôt sous réglementation fédérale doivent détenir des fonds propres, c'est-à-dire leur propre argent, en fonction des risques de leurs prêts. Les prêts jugés plus sûrs, comme les prêts hypothécaires résidentiels bien garantis, exigent généralement moins de fonds propres que les prêts d'affaires non garantis. Moins de capital par dollar prêté, c'est un prêt moins coûteux à détenir.
Les fonds propres sont le coussin du prêteur. Si des prêts tournent mal, les pertes sont d'abord absorbées par les propriétaires du prêteur, à même leurs fonds propres, avant que les déposants soient touchés. Plus un prêteur détient de fonds propres, plus il peut encaisser de pertes tout en demeurant solvable. J'explique la différence entre ce coussin et l'encaisse que garde un prêteur dans manquer de liquidités n'est pas être insolvable.
Au Canada, c'est le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) qui fixe les attentes en matière de fonds propres pour les institutions de dépôt fédérales. Selon ce que j'ai lu le 5 novembre 2026, le BSIF s'attend à ce que les plus grandes institutions du pays, celles qu'il qualifie d'importance systémique, détiennent des fonds propres de catégorie 1 sous forme d'actions ordinaires (CET1) équivalant à 11 % de leurs actifs pondérés en fonction des risques. Ces 11 % se composent d'un minimum de 4,5 %, d'une réserve de conservation de 2,5 %, d'une surcharge de 1 % liée à l'importance systémique et d'une réserve pour stabilité intérieure de 3,0 %, cette dernière en vigueur depuis le 19 juin 2026. Les coopératives de services financiers et les caisses relèvent quant à elles de règles provinciales, qui suivent leur propre encadrement.
Les mots clés sont « pondérés en fonction des risques ». Selon ces règles, tous les actifs ne comptent pas de la même façon. Un prêt jugé plus risqué pèse plus lourd, et le prêteur doit détenir davantage de fonds propres pour le couvrir. Un prêt jugé plus sûr pèse moins lourd. Je ne donnerai pas ici de pondérations précises, car elles varient selon le type de prêt, la garantie, l'emprunteur et la méthode employée par l'institution. L'orientation générale suffit pour comprendre l'incitatif: un prêt résidentiel bien garanti consomme habituellement moins de capital par dollar qu'un prêt à une petite entreprise sans historique ni garantie solide. Certains prêts hypothécaires résidentiels sont aussi assortis d'une assurance prêt hypothécaire, qui transfère une partie du risque hors du bilan du prêteur.
Mettez-vous à la place du prêteur. Les fonds propres sont rares, et leurs propriétaires s'attendent à un rendement. Si un dollar de fonds propres permet de soutenir plus de prêts hypothécaires que de prêts d'affaires, le prêt hypothécaire est l'usage le plus efficace de ce dollar. Le prêt d'affaires doit alors exiger un taux plus élevé, une garantie plus solide, ou les deux, pour justifier le capital qu'il mobilise. Personne n'a conçu ces règles pour pénaliser les petites entreprises. Elles visent à garder les institutions de dépôt solides. L'effet sur une jeune entreprise n'en demeure pas moins réel.
Pourquoi la hausse des prix de l'immobilier entraîne-t-elle des prêts plus importants?
Quand les prix de l'immobilier montent, le même immeuble soutient un prêt plus important, puisque les prêteurs avancent une fraction de la valeur estimée. Ces prêts créent des dépôts plus gros pour les vendeurs, qui aident d'autres acheteurs à faire grimper les prix. La boucle peut durer des années, puis s'inverser.
Pour comprendre pourquoi, il faut se rappeler d'où vient la plus grande partie de l'argent. La Bibliothèque du Parlement explique que la majeure partie de l'argent en circulation au Canada est créée lorsque les prêteurs consentent de nouveaux prêts, chaque prêt créant un dépôt correspondant. La Banque d'Angleterre a décrit le même mécanisme en 2014: ce sont les prêts qui créent les dépôts. Je décortique ce processus étape par étape dans comment l'argent est créé au Canada.
Faisons maintenant le lien avec l'immobilier. Un acheteur emprunte pour acquérir une maison. Le prêteur crédite le compte du vendeur, et de la nouvelle monnaie de dépôt vient d'apparaître. Le vendeur peut à son tour acheter un autre immeuble, souvent à l'aide d'un autre prêt. Si les prix montent, chaque évaluation arrive plus haut, chaque prêt peut être plus gros, et chaque nouveau dépôt peut alimenter l'achat suivant. Le crédit et les prix se soulèvent mutuellement.
La même boucle fonctionne à l'envers. Quand les prix baissent, les évaluations baissent, les emprunteurs peuvent porter moins de dette sur le même immeuble, et les prêteurs deviennent plus prudents. Les prêts sont remboursés plus vite qu'il ne s'en consent de nouveaux, et à mesure qu'ils sont remboursés, la monnaie de dépôt qu'ils avaient créée disparaît. Les propriétaires qui ont beaucoup emprunté sur des valeurs en hausse peuvent alors se retrouver avec une dette supérieure à la valeur de leur immeuble. J'explore cet aspect de l'emprunt dans l'effet de levier expliqué.
Pour une jeune entreprise, la leçon est inconfortable, mais utile. Quand le crédit coule facilement vers l'immobilier, on peut avoir l'impression que la porte du prêt d'affaires non garanti se rétrécit. Cette impression n'est pas une illusion. Les prêteurs sont attirés par les prêts que leur structure récompense. Une entreprise qui comprend cela cesse de se demander pourquoi la porte est étroite, et commence à se demander ce qu'elle peut apporter qu'un prêteur valorise.
Que peut faire une entreprise nouvelle ou en croissance quand un prêteur dit non?
Une question, deux chemins
Garanti ou non: comment le prêteur trie une demande
- 01Y a-t-il une garantie que le prêteur peut inscrire et vendre?
- 02Coût en capital moindre, conditions souvent plus souplesOui, par exemple un immeuble.
- 03Taux plus élevé, cautionnement ou refusNon, surtout des revenus futurs.
Une nouvelle entreprise peut obtenir une mise de fonds des propriétaires ou d'associés, examiner les programmes soutenus par l'État, négocier des conditions avec ses fournisseurs, louer son équipement, réinvestir ses bénéfices et bâtir un historique avec un petit crédit d'abord. Chaque option a un coût. Votre comptable peut vous aider à les comparer honnêtement.
Voici les principales avenues, décrites simplement.
La mise de fonds. Les propriétaires, des associés, la famille ou des investisseurs externes injectent de l'argent en échange d'une part de propriété. Ces sommes n'ont pas à être remboursées selon un calendrier, ce qui convient bien aux premières années, souvent incertaines. Le prix à payer, c'est une part de chaque succès futur, et parfois une part du contrôle.
Le financement soutenu par l'État. Le gouvernement fédéral appuie le crédit aux petites entreprises de plusieurs façons. Le Programme de financement des petites entreprises du Canada partage une partie du risque sur certains prêts consentis par des prêteurs participants, et BDC, une société d'État fédérale, prête aux entreprises canadiennes. Je les nomme seulement comme exemples à examiner. L'admissibilité, les plafonds et les taux changent; vérifiez donc les modalités en vigueur directement auprès des sources officielles.
Le crédit fournisseur et la location. Des fournisseurs peuvent accorder des délais de paiement, et l'équipement peut souvent être loué plutôt qu'acheté. Dans les deux cas, les coûts sont étalés dans le temps et l'encaisse reste dans l'entreprise. Dans les deux cas aussi, il y a un prix, parfois caché dans les conditions.
Les bénéfices non répartis. Les profits conservés dans l'entreprise au lieu d'être distribués deviennent le capital le moins coûteux qu'elle aura jamais, puisque personne d'autre n'a à être rémunéré pour le fournir. Le hic, c'est le temps. Les bénéfices non répartis ne s'accumulent qu'au rythme que permettent les profits et la discipline. Un historique bâti à petits pas. Une modeste marge de crédit ou un petit prêt pour de l'équipement, remboursé exactement comme convenu, amorce un historique qui facilite la demande suivante.
| Option | Ce que vous cédez | Ce qu'elle exige habituellement | Délai pour l'obtenir |
|---|---|---|---|
| Mise de fonds | Une part de propriété et des profits futurs | Un investisseur intéressé et des modalités convenues | Des semaines ou des mois |
| Prêt soutenu par l'État | Intérêts, frais, conditions du programme | Respecter les critères d'admissibilité | Quelques semaines |
| Crédit fournisseur ou location | Un coût total parfois plus élevé | L'accord du fournisseur ou du bailleur | Quelques jours ou semaines |
| Bénéfices non répartis | Les dépenses d'aujourd'hui | Des profits et de la discipline | Des années |
| Petit crédit d'abord | L'intérêt sur ce petit prêt | Un dossier de remboursement impeccable | Des mois ou des années |
Remarquez qu'aucune de ces avenues n'exclut les autres. Bien des entreprises combinent une mise de fonds modeste, un prêt soutenu par l'État et quelques années de bénéfices réinvestis. Ce qui compte, c'est l'ordre dans lequel on les utilise et la discipline avec laquelle on respecte chaque engagement.
Aucune de ces options n'est gratuite. La vraie question, c'est de savoir quel coût convient à votre entreprise à l'étape où elle se trouve. C'est une discussion à avoir avec votre comptable, et avec votre conseiller juridique dès qu'il est question de propriété ou de cautionnement.
Comment un propriétaire peut-il bâtir une réserve de capital au fil du temps?
Un propriétaire bâtit une réserve de capital en mettant de côté une partie de chaque bonne année avant de la dépenser, et en gardant cet argent accessible. Certains utilisent les bénéfices non répartis de leur société, d'autres leur épargne personnelle, d'autres la valeur de rachat d'une assurance vie entière avec participation financée pendant des années.
La philosophie passe avant le produit. La plupart des propriétaires passent des années à demander du capital. Moins nombreux sont ceux qui passent des années à en bâtir. La différence n'a rien à voir avec l'intelligence. C'est une habitude: verser dans sa propre réserve avec le même sérieux qu'on mettrait à respecter le calendrier de paiement d'un prêteur. J'appelle cela penser comme un prêteur, parce que celui qui possède le capital fixe les conditions, alors que celui qui en a besoin doit les accepter.
Nelson Nash, auteur de Becoming Your Own Banker® et à l'origine de The Infinite Banking Concept®, revenait souvent sur une idée centrale: le capital devrait être bâti avant qu'on ait besoin de s'en servir. Une réserve constituée à l'avance change la conversation avec chaque prêteur que vous rencontrez par la suite, parce que vous n'êtes plus aux abois. Pensez à ce que cela change, concrètement. Le propriétaire qui arrive chez un prêteur avec une réserve derrière lui peut négocier. Il peut comparer les offres, refuser des conditions qui ne lui conviennent pas, attendre un meilleur moment ou financer lui-même une partie du projet. Celui qui arrive les mains vides prend ce qu'on lui offre. Ce n'est pas une question de fierté. C'est une question de rapport de force, et ce rapport de force se construit des années avant la rencontre, une contribution à la fois, souvent sans que personne ne le remarque.
Chez certains propriétaires, une partie de cette réserve se trouve dans une police d'assurance vie entière avec participation, détenue personnellement ou par la société. Je tiens à être prudent et complet sur ce que cela signifie.
L'assurance d'abord. La raison d'être de la police, c'est le capital-décès, qui protège votre famille ou votre entreprise si vous décédez. La valeur de rachat est une caractéristique d'un contrat d'assurance. Ce n'est ni un placement, ni un dépôt, et elle n'est pas assurée par la SADC.
Il faut des années. Durant les premières années, la valeur de rachat est inférieure aux primes payées. Une police ne devient une réserve utile qu'après un financement régulier pendant de nombreuses années. Il faut pour cela un flux de trésorerie fiable, précisément ce qui manque parfois à une jeune entreprise en difficulté.
La croissance dépend de l'assureur. La valeur de rachat déjà créditée à une police avec participation ne baisse pas au gré des marchés. La croissance future dépend des valeurs garanties du contrat et des participations, et les participations ne sont pas garanties. Dans la façon dont je conçois ces polices, les participations demeurent dans la police et servent à acheter de l'assurance supplémentaire libérée, et bien des contrats prévoient une option de dépôt supplémentaire, dans les limites permises par le contrat et par les règles fiscales.
La détention a des conséquences fiscales. Une police détenue par votre société n'est pas traitée de la même façon qu'une police que vous détenez personnellement, que ce soit pour le paiement des primes, le fonctionnement des avances ou le versement du capital-décès. J'explique le portrait d'ensemble pour les propriétaires dans la section propriétaires d'entreprise, et toute décision revient à votre comptable et à votre conseiller juridique.
Si vous voulez approfondir l'idée de posséder du capital plutôt que de seulement l'emprunter, la page que je vous propose à la fin de cet article l'explique en détail.
Une avance sur police peut-elle remplacer un véritable financement d'entreprise?
La grille du prêteur
Ce qui facilite l'approbation d'un prêt
- Des revenus stables et un historique de remboursement
- Une garantie qu'on peut évaluer et vendre
- Un dossier de crédit sans accroc
- Une mise de fonds réelle du propriétaire
- La conjoncture économique et le secteur
Non. Une avance sur police (un prêt garanti par la valeur de rachat de votre assurance vie avec participation) peut donner accès à du capital aux conditions de l'assureur, mais elle ne remplace ni un plan d'affaires, ni une relation avec un prêteur, ni un financement adéquat pour un grand projet. C'est une dette qui porte intérêt.
Voici comment fonctionne une avance sur police, en termes simples. L'assureur vous prête de l'argent et se sert de la valeur de rachat de votre police comme garantie. Vous ne retirez pas votre valeur de rachat. Vous payez des intérêts à l'assureur, au taux qu'il fixe en vertu du contrat, et ce taux peut changer. Vous choisissez votre rythme de remboursement, ce qui représente à la fois la liberté et le danger. Tout solde impayé réduit la valeur de rachat nette et le capital-décès. J'explique la mécanique en détail dans les avances sur contrat.
Bien utilisée, une avance sur police peut compléter le financement d'entreprise. Un propriétaire pourrait s'en servir pour combler un court décalage de trésorerie, pour constituer une mise de fonds qui rend possible un prêt classique, ou pour saisir rapidement une occasion pendant qu'un autre financement se met en place. Dans chaque cas, le propriétaire devrait déjà savoir comment l'avance sera remboursée.
Mal utilisée, elle peut nuire à la fois à l'entreprise et à la famille. Si le solde de l'avance et ses intérêts grossissent au point de dépasser la valeur de rachat, la police peut prendre fin, et la protection sur laquelle votre famille comptait peut disparaître. Dans certains cas, une avance sur police peut aussi avoir des conséquences fiscales. Et l'argent emprunté sur une police puis perdu dans une entreprise qui échoue reste dû.
Une police ne remplace pas un prêteur. C'est une réserve qui peut faire de vous un emprunteur plus solide et un propriétaire plus serein.
Ce que cette page ne vous dira pas
Cette page ne vous dira pas si un prêteur donné approuvera votre prêt, quel taux vous paierez, ni quel financement convient à votre entreprise. Les conditions dépendent du prêteur, de votre secteur, de votre crédit, de vos garanties, de l'économie et de la date. Les règles de fonds propres et les programmes gouvernementaux changent; vérifiez auprès des sources officielles.
Elle ne vous dira pas non plus comment structurer une police, qui devrait en être le titulaire ni combien y verser. Ces réponses dépendent de votre âge, de votre santé, de vos revenus, de votre société, de votre famille, de votre couverture actuelle et de vos projets. Les exigences de fonds propres tirées du BSIF s'appliquent aux plus grandes institutions de dépôt sous réglementation fédérale, selon ce que j'ai lu le 5 novembre 2026. Chaque montant en dollars dans les exemples est illustratif; il sert à rendre le raisonnement visible, pas à prédire quoi que ce soit.
À qui cela ne convient pas
L'approche décrite ici ne convient pas au propriétaire qui a besoin de financement tout de suite et qui n'a aucun surplus fiable à mettre de côté. Ni à une entreprise aux flux de trésorerie irréguliers, à qui peinerait à payer des primes pendant des années, ni à qui espère qu'une police sauvera une entreprise en difficulté.
Elle ne convient pas davantage au propriétaire qui cherche un placement à risque élevé et à rendement élevé. Une police d'assurance vie entière avec participation est un contrat d'assurance à très long horizon. Si vous avez besoin d'assurance vie seulement pour une période déterminée et au coût le plus bas, une assurance temporaire pourrait mieux vous servir. Si vous n'avez aucun besoin d'assurance vie, le capital-décès pour lequel vous paieriez ne vaut peut-être pas son coût pour vous. Et si vous n'êtes pas prêt à rembourser vos avances avec discipline, emprunter sur une police peut faire plus de tort que de bien.
Aucune de ces réponses n'a de quoi rendre honteux. La bonne décision de financement est celle qui correspond à votre situation réelle, pas à l'histoire de quelqu'un d'autre.
Avis important: Cette page fournit de l'information générale et éducative seulement et ne constitue pas un conseil personnalisé de nature financière, d'assurance, de placement, fiscale ou juridique. L'assurance vie entière avec participation est un produit d'assurance, et non un placement; sa raison d'être principale est le capital-décès. Les garanties sont des garanties contractuelles de l'assureur émetteur, qui dépendent de sa solidité financière et de sa capacité à régler les sinistres; ce ne sont pas des garanties gouvernementales. Les participations ne sont pas garanties; elles sont déclarées par le conseil d'administration de l'assureur selon le rendement du compte de participation, et les participations passées ne présagent pas des participations futures. Une avance sur police est une dette envers l'assureur qui porte intérêt et qui réduit la valeur de rachat nette et le capital-décès tant qu'elle n'est pas remboursée. La détention par une société et la détention personnelle entraînent des conséquences fiscales différentes. Les règles, les programmes et les taux changent; vérifiez les modalités en vigueur auprès des sources officielles. L'auteur est un professionnel de l'assurance titulaire d'un permis qui peut toucher une commission si une police est souscrite.
Voici ce que cela veut dire en langage simple. J'ai écrit cette page pour vous aider à comprendre pourquoi les prêteurs agissent comme ils le font, pas pour vous dire quoi faire de votre entreprise. Une police, c'est d'abord de l'assurance. Les garanties qu'elle contient viennent de l'assureur, pas d'un gouvernement. Les participations ne sont pas garanties: une participation plus faible ralentit la croissance future sans réduire la valeur de rachat déjà acquise, et personne ne peut vous promettre celles de l'an prochain. Une avance sur police est une vraie dette qui coûte de vrais intérêts. Et parce que je suis titulaire d'un permis et que je peux être rémunéré par une commission quand une police est souscrite, je vous invite à mettre mon point de vue en balance avec celui d'un comptable et d'un conseiller juridique qui comprennent le fonctionnement de ces contrats pour les propriétaires d'entreprise.
Si vous souhaitez appliquer ces idées à votre propre famille et à votre entreprise, commencez par posséder son propre réservoir de capital, qui montre comment une réserve se bâtit au fil du temps.
Quand vous serez prêt à en parler, je vous invite à réserver une rencontre découverte gratuite de 30 minutes.
Rencontre découverte de trente minutes
Une première conversation sert à établir si cela vous convient. Aucune illustration n'est préparée et rien n'est arrangé.
Il arrive souvent que la réponse soit non, et vous l'entendrez pendant l'appel plutôt que dans une proposition ensuite.
Ce formulaire est acheminé au Centre canadien de création de patrimoine inc. Toute rencontre, tout conseil et tout produit d'assurance sont fournis par le Centre canadien de création de patrimoine inc., par l'entremise de ses représentants autorisés dans la province de résidence du client. Financière CBI est le site éducatif de la société: elle ne distribue aucun produit ni service financier et ne donne aucun conseil individualisé.
Questions fréquentes
Pourquoi est-il plus facile d'obtenir un prêt hypothécaire qu'un prêt d'affaires au Canada?
Pourquoi mon prêteur exige-t-il un cautionnement personnel pour le prêt de ma société?
Le prêteur partage-t-il mes profits si mon entreprise réussit?
Quelles options s'offrent à une nouvelle entreprise canadienne en dehors d'un prêt classique?
Puis-je utiliser mon assurance vie entière pour financer mon entreprise?
Vaut-il mieux que la police appartienne à ma société ou à moi personnellement?
Pourquoi les prêteurs ont-ils accordé de plus gros prêts quand les prix de l'immobilier montaient?
Combien de temps faut-il pour bâtir une réserve de capital pour une entreprise?
Sources
- Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), page sur la réserve pour stabilité intérieure: les plus grandes institutions de dépôt fédérales doivent détenir des fonds propres CET1 de 11 % de leurs actifs pondérés en fonction des risques, dont une réserve pour stabilité intérieure de 3,0 % en vigueur depuis le 19 juin 2026; modifiée le 2026-06-19, vérifié le 2026-11-05
- Bibliothèque du Parlement, publication 2015-51-F, La création de la monnaie: la majeure partie de l'argent en circulation au Canada est créée lorsque les prêteurs consentent de nouveaux prêts, chacun créant un dépôt correspondant; 19 mai 2021, vérifié le 2026-11-05
- Banque d'Angleterre, Money creation in the modern economy, Quarterly Bulletin 2014 T1: les prêts créent des dépôts et le remboursement des prêts détruit de la monnaie, vérifié le 2026-11-05
- Assuris, page sur l'assurance vie entière: protection du capital-décès et de la valeur de rachat en cas de faillite d'un assureur membre; modifiée le 2025-07-05, vérifié le 2026-11-05
Dernière révision: 2026-11-05. Par José Salloum, conseiller en sécurité financière au Québec. En Ontario, Life and Accident & Sickness Insurance Agent. En Colombie-Britannique, Life Insurance Agent.
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