Assurance-vie en France et assurance vie au Québec: pourquoi la règle des 8 ans ne s'applique pas ici
Non. La règle des 8 ans, l'abattement annuel de 4 600 euros et les abattements au décès relèvent du droit fiscal français, pour un contrat d'épargne français. Au Canada, la croissance d'une police n'est pas imposée chaque année tant qu'elle demeure exonérée, et un rachat, total ou partiel, est imposé sur la partie qui dépasse le coût de base rajusté, en entier, à votre propre taux, peu importe depuis combien de temps vous détenez la police. Aucune durée de détention ne réduit le taux.
Vous habitez Montréal, Laval ou Québec. Vous tapez « assurance vie fiscalité » dans Google pour comprendre comment votre police est imposée, et les réponses vous parlent de huit ans, d'un abattement de 4 600 euros, d'un taux de 7,5 % et d'un certain article 990 I. La moitié de ces pages viennent de Paris. L'autre moitié viennent d'assureurs et d'organismes canadiens, et elles disent tout autre chose. Les deux séries de pages sont exactes. Elles décrivent simplement deux réalités différentes qui portent le même nom.
Cela compte plus qu'il n'y paraît. Une personne qui applique des règles françaises à une décision prise au Canada peut attendre pendant des années un avantage fiscal qui n'arrivera jamais, ou racheter une police en comptant sur un abattement qui n'existe pas ici. Une famille arrivée de France peut détenir les deux sortes de contrats en même temps et supposer qu'ils se comportent de la même façon. Cette page sépare les deux, règle française par règle française, puis montre la règle canadienne qui s'applique à la place. Il s'agit d'information générale offerte par un professionnel de l'assurance titulaire d'un permis au Canada; les règles françaises sont résumées à partir de la page du gouvernement français lui-même, pour que vous voyiez le contraste, et votre propre situation revient à votre comptable, des deux côtés de l'océan si vous avez un pied de chaque côté.
Voici la façon la plus courte de retenir la différence, avant d'entrer dans les détails, règle par règle.
L'assurance-vie française est-elle la même chose que l'assurance vie au Québec?
Non. En France, l'assurance-vie est surtout une enveloppe d'épargne et de transmission: vous y versez de l'argent, il est placé en fonds en euros ou en unités de compte, et une fiscalité conçue pour cette enveloppe s'applique lorsque vous retirez de l'argent ou à votre décès. Au Canada, l'assurance vie est d'abord un contrat qui verse un capital-décès, et son traitement fiscal découle de la Loi de l'impôt sur le revenu.
Le produit français a la forme juridique d'une assurance, mais la plupart des épargnants français s'en servent comme un Canadien se servirait d'un mélange de régime enregistré et de compte d'épargne. Ils choisissent des supports, surveillent le solde et planifient leurs retraits selon un calendrier fixé par la loi fiscale. Bien des contrats français comportent peu de couverture d'assurance au sens où un Canadien l'entend; le capital versé au décès est souvent proche du solde lui-même.
Une police d'assurance vie permanente au Canada fonctionne à l'inverse. Le capital-décès est la raison d'être du contrat, et il dépasse habituellement de loin, pendant de nombreuses années, tout ce qui s'accumule à l'intérieur de la police. Les polices permanentes accumulent bien une valeur de rachat, c'est-à-dire le montant que l'assureur verserait si vous mettiez fin au contrat, mais cette valeur progresse selon un tableau garanti inscrit au contrat et, dans un contrat avec participation, selon les participations que le conseil d'administration de l'assureur peut déclarer chaque année et qui ne sont jamais garanties. L'assurance temporaire, elle, n'a aucune valeur de rachat; l'Agence de la consommation en matière financière du Canada le dit clairement sur sa page sur l'assurance vie.
Les mêmes mots, « assurance vie », désignent donc une enveloppe d'épargne dans un pays et une protection assortie d'une composante d'épargne dans l'autre. Tout ce qui suit découle de cette seule différence: le même mot recouvre deux objets, deux lois et deux façons de penser le temps.
Qu'est-ce que la règle des 8 ans qu'attendent les épargnants français?
un échange irréversible, énoncé simplement
Ce qu'une rente viagère échange
- 01Le capital est versé à un assureur
- 02L'assureur verse un revenu à vie, selon le contrat
- 03Elle écarte le risque de survivre à son argent
- 04Rien au décès, sans garantie achetée
- 05Une fois les versements commencés, le choix est définitif
C'est le moment à partir duquel les gains retirés d'un contrat français sont moins imposés. Avant huit ans, le gain compris dans un retrait est imposé à un taux forfaitaire de 30 %. Après huit ans, les premiers 4 600 euros de gain de chaque année (9 200 euros pour un couple marié ou pacsé soumis à une imposition commune) échappent à l'impôt sur le revenu, et le reste est imposé à un taux plus bas, tant que le total des primes reste sous un seuil.
Le détail, tel que le ministère français de l'Économie le présente sur sa page Quelle est la fiscalité de l'assurance-vie?, écrite le 17 septembre 2026, pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017:
| Situation en France | Ce qui s'applique au gain compris dans un retrait |
|---|---|
| Contrat de moins de 8 ans | Un taux forfaitaire de 30 %: 12,8 % d'impôt sur le revenu prélevé, plus 17,2 % de prélèvements sociaux |
| Contrat de 8 ans ou plus, total des primes sous 150 000 euros | 7,5 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux, après un abattement annuel de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple soumis à une imposition commune) |
| Contrat de 8 ans ou plus, primes au-dessus de 150 000 euros | 30 % sur la partie qui dépasse le seuil, après le même abattement |
| Option | L'imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu, au lieu des taux forfaitaires |
Le seuil de 150 000 euros additionne tous les contrats d'une même personne. La page précise aussi que le taux général des prélèvements sociaux est passé à 18,6 % le 1er janvier 2026, alors que les contrats comportant une valeur de rachat restent à 17,2 %. Ce sont des règles françaises, pour les résidents fiscaux de France, et la France les modifie par ses lois de finances; lisez-les comme un instantané daté, et non comme un avis sur un contrat français en particulier.
Ce qui compte pour une personne qui vit au Canada, c'est la logique qui sous-tend ces règles. Le droit français récompense directement la patience, par le taux d'imposition. L'épargnant qui conserve son contrat huit ans paie moins d'impôt sur le même gain que celui qui en sort après cinq ans. Voilà pourquoi les lecteurs français demandent pourquoi il faut attendre huit ans, et pourquoi la question apparaît dans les suggestions de Google même pour une recherche faite au Québec.
Existe-t-il quelque chose comme la règle des 8 ans au Canada?
Non. Le droit fiscal canadien ne prévoit ni durée de détention ni abattement annuel pour une police d'assurance vie. Tant qu'une police demeure exonérée, la croissance qui s'y accumule n'est pas imposée chaque année. Lorsque de l'argent en sort, par un rachat total ou partiel, la partie du produit qui dépasse le coût de base rajusté de la police est un revenu pour l'année, en entier, à votre propre taux marginal, que la police ait trois ans ou trente ans.
Deux règles portent toute la structure. La première est le critère de la police exonérée, à l'article 306 du Règlement de l'impôt sur le revenu, qui compare, à chaque anniversaire, l'épargne accumulée dans une police à une police de référence que le règlement construit pour elle. Une police qui reste sous cette référence est exonérée. Une police qui ne l'est pas doit déclarer sa croissance chaque année, selon le paragraphe 12.2(1) de la Loi de l'impôt sur le revenu. La façon dont les assureurs conçoivent les contrats pour qu'ils restent dans ce critère, et ce qui arrive quand un contrat y échoue, est expliquée sur la page du test d'exonération.
La seconde règle est le paragraphe 148(1). Lorsque vous disposez d'un intérêt dans une police, la partie du produit qui dépasse le coût de base rajusté est incluse dans votre revenu. Le coût de base rajusté, qu'on abrège souvent en CBR, est le coût fiscal de votre intérêt dans la police: en gros, les primes versées, réduites au fil du temps par le coût net annuel de l'assurance et par les avances et retraits antérieurs, entre autres rajustements. Il est défini au paragraphe 148(9) et expliqué en mots simples dans l'article du glossaire sur le coût de base rajusté.
Côte à côte, les deux régimes se présentent ainsi.
| Question | France, assurance-vie | Canada, police d'assurance vie |
|---|---|---|
| La croissance est-elle imposée chaque année? | Non, tant que l'argent reste dans le contrat | Non, tant que la police demeure exonérée; oui, chaque année, si elle ne l'est pas |
| Qu'est-ce qui est imposé lors d'un retrait? | Le gain compris dans le montant retiré | Le produit qui dépasse une partie proportionnelle du CBR |
| À quel taux? | Des taux forfaitaires de 30 % ou de 7,5 % plus les prélèvements sociaux, ou le barème progressif sur option | Votre propre taux marginal, comme un revenu ordinaire et non comme un gain en capital |
| Détenir plus longtemps réduit-il le taux? | Oui, après huit ans | Non |
| Y a-t-il un abattement annuel? | Oui, 4 600 ou 9 200 euros après huit ans | Non |
| Que se passe-t-il au décès? | Les articles 990 I ou 757 B, avec leurs propres abattements et taux | Un paiement unique, libre d'impôt, au bénéficiaire, dans le cadre d'une police exonérée |
Relisez la quatrième ligne. Au Canada, le temps change ce que vaut la police, grâce au tableau garanti et aux participations éventuellement déclarées. Le temps ne change pas le taux auquel un gain est imposé. C'est sans doute la différence qui surprend le plus les familles arrivées de France, habituées à surveiller l'anniversaire de leur contrat.
Pourquoi une police canadienne demande-t-elle quand même de la patience, si ce n'est pas pour l'impôt?
un compte commun, géré par l'assureur
Ce qui soutient un contrat avec participation
- 01Un contrat avec participationUn seul compte soutient tous les contrats de cette catégorie.
- 02Les primes sont mises en communDans un seul compte, non dans un compte qui vous appartient.
- 03L'assureur en assure la gestionLe placement, les règlements et les frais y passent.
- 04Les titulaires peuvent partager le résultatCe que le compte gagne, règlements et frais payés.
- 05La part est déclarée annuellementÀ la discrétion du conseil, et jamais garantie.
À cause des coûts. Une police permanente porte ses coûts les plus lourds dans ses premières années, si bien que la valeur de rachat commence bien en dessous des primes versées. La patience qu'exige une police canadienne consiste à laisser les valeurs garanties rattraper ce que vous avez versé, pas à atteindre un taux d'imposition plus bas.
Les premières années d'une police permanente paient l'assurance elle-même, la tarification médicale et financière, la taxe sur les primes et la rémunération du représentant qui a mis le contrat en place. Le tableau des valeurs de rachat garanties est établi en fonction de ces coûts. L'Autorité des marchés financiers le dit sans détour sur sa page Comment utiliser une valeur de rachat sans mettre fin à son assurance: « Souvent, il n'y a pas de valeur de rachat pour les premières années. » La même page rappelle que la méthode et le tableau servant à établir la valeur de rachat figurent obligatoirement à la police d'assurance; l'année où votre valeur garantie rattrape vos primes est donc déjà écrite dans votre contrat.
C'est un coût réel, et c'est la raison de considérer toute police permanente comme un contrat qui se compte en décennies. L'épargnant français qui quitte un contrat tôt paie plus d'impôt sur un gain. Le titulaire canadien qui quitte une police tôt n'a parfois aucun gain, et peut recevoir moins que les primes versées, parce que les premières valeurs n'ont jamais été conçues pour couvrir une sortie. Le risque n'est donc pas le même: en France, on perd un avantage fiscal; ici, on perd une partie de ce qu'on a payé. Le portrait complet de ce que paient ces années se trouve sur la page des coûts réels, et la façon dont la valeur de rachat elle-même se construit, sur la page de la valeur de rachat.
La conséquence pratique est l'inverse de l'habitude française. En France, un épargnant ouvre souvent un contrat tôt, avec une petite somme, simplement pour faire courir les huit ans. Au Canada, ouvrir une police permanente dont vous n'êtes pas prêt à payer la prime longtemps ne fait rien courir d'utile. La première question à régler est de savoir si la prime convient à votre revenu pour la longue durée, y compris les années où ce revenu sera moins confortable qu'aujourd'hui.
Comment un retrait ou un rachat est-il imposé au Canada?
Un rachat total met fin au contrat, et la partie du produit qui dépasse la totalité du CBR est un revenu pour l'année. Un retrait, que la loi fiscale traite comme un rachat partiel, ne déduit du montant retiré qu'une partie proportionnelle du CBR, et le reste du retrait est un revenu. Une avance sur police est elle aussi une disposition, mesurée par rapport au CBR au moment de l'avance.
La règle proportionnelle applicable à un retrait se trouve au paragraphe 148(4). Pour une police établie après 2016, la partie du CBR qui accompagne un retrait correspond au CBR multiplié par le montant retiré, puis divisé par la valeur de rachat diminuée des avances sur police impayées. Pour les polices plus anciennes, le diviseur est un montant que la Loi appelle le fonds accumulé.
Exemple illustratif. Supposons une police établie après 2016, une valeur de rachat de 100 000 $, aucune avance sur police et un CBR de 60 000 $. Vous retirez 20 000 $. La partie du CBR qui accompagne le retrait est de 60 000 $ multiplié par 20 000 $, divisé par 100 000 $, soit 12 000 $. Le montant inclus dans votre revenu de l'année est donc de 20 000 $ moins 12 000 $, soit 8 000 $, imposé avec le reste de votre revenu à votre taux marginal. Le CBR qui reste dans la police tombe à 48 000 $. Ce sont des chiffres ronds, choisis pour l'arithmétique, et non la projection d'un contrat; c'est le calcul de l'assureur qui compte.
Selon les règles françaises, le même retrait fait sur un contrat de plus de huit ans aurait vu son gain réduit par l'abattement annuel avant tout impôt. Cette étape n'existe pas ici, ni après huit ans, ni après vingt. Les 8 000 $ sont un revenu, en entier, ajouté au reste de votre revenu de l'année.
Un rachat total suit le même principe, avec la totalité du CBR. La Loi mesure le produit après déduction des avances sur police impayées, de sorte qu'une avance réduit à la fois le chèque et le produit imposable. L'avance sur police (un prêt garanti par la valeur de rachat de votre assurance vie avec participation) est elle aussi une disposition: l'assureur vous prête de l'argent en prenant la valeur de rachat en garantie, les intérêts sont dus à l'assureur, et toute partie d'une avance qui dépasse le CBR à ce moment est un revenu pour l'année de l'avance. Cette règle, et la déduction possible si une avance imposée est remboursée plus tard, sont expliquées sur quand une avance sur police devient imposable.
L'assureur déclare le gain sur police à vous et aux autorités fiscales. Au Québec, vous le déclarez à la fois dans votre déclaration fédérale et dans votre déclaration québécoise. Avant de signer un retrait ou un rachat, demandez par écrit à l'assureur le CBR, le produit et le montant qu'il déclarerait, le tout à la même date, et demandez à votre comptable ce que ce montant change à votre impôt de l'année.
Que se passe-t-il au décès dans chaque pays?
et ce à quoi il met fin
Ce qu'un rachat verse réellement
- 01La valeur de rachatTelle que le contrat la fixe pour l'année.
- 02Plus les participations en dépôtEt les autres sommes prévues au contrat.
- 03Moins toute avance sur contratAvec l'intérêt couru.
- 04Ce qui vous parvientL'impôt vise le gain au-delà du coût de base rajusté, pas le chèque.
En France, les sommes versées au décès par un contrat d'assurance-vie sont imposées selon l'article 990 I ou l'article 757 B, selon la date du versement des primes, avec leurs propres abattements, taux et exonérations. Au Canada, l'Agence de la consommation en matière financière du Canada décrit le capital-décès comme un paiement unique, libre d'impôt, et un paiement fait par suite du décès dans le cadre d'une police exonérée n'est pas une disposition au sens fiscal.
Les règles françaises, toujours selon la page du ministère de l'Économie citée plus haut, se résument en trois lignes. Pour les primes versées avant le 70e anniversaire de l'assuré, l'article 990 I applique un abattement de 152 500 euros sur la part reçue par chaque bénéficiaire, puis un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 euros et de 31,25 % au-delà. Pour les primes versées après 70 ans, l'article 757 B soumet aux droits de succession les primes qui dépassent 30 500 euros, un abattement unique partagé entre tous les contrats et tous les bénéficiaires, alors que les gains, eux, ne sont pas imposés. Le conjoint ou le partenaire de PACS reçoit le capital en franchise d'impôt.
La règle canadienne est plus courte. Le paragraphe 148(9) de la Loi de l'impôt sur le revenu exclut de la notion de disposition le paiement fait dans le cadre d'une police exonérée par suite du décès de la personne assurée. Le bénéficiaire reçoit le capital-décès, moins toute avance sur police et les intérêts que l'assureur déduit d'abord, et ne le déclare pas comme revenu. Le Canada ne perçoit aucun droit de succession sur ce paiement, quel que soit l'âge auquel les primes ont été versées. La façon de présenter la réclamation, le délai habituel et les documents que l'assureur demande sont décrits sur comment une réclamation au décès est payée au Canada, et le portrait fiscal complet se trouve sur l'assurance vie est-elle imposable au Canada.
Un point pratique vaut pour toute police canadienne, quel que soit votre parcours: la personne que vous désignez compte. Désigner un bénéficiaire dans la police, plutôt que de laisser le capital à la succession, tient ce paiement à l'écart du processus propre à la succession. Après un déménagement d'un pays à l'autre, relisez les désignations de chaque contrat, parce que les personnes qu'une famille veut protéger, et l'ordre dans lequel elle veut les protéger, changent souvent avec le déménagement.
J'ai quitté la France et je détiens toujours un contrat d'assurance-vie. Que faire maintenant?
Prenez votre temps avant d'agir. Une personne qui devient résidente fiscale du Canada est généralement imposée au Canada sur son revenu de toutes provenances, et la France peut encore imposer certains événements touchant un contrat français. Savoir si votre contrat est traité comme une police exonérée selon les règles canadiennes, ce qui doit être déclaré chaque année et comment s'applique la convention fiscale entre la France et le Canada, ce sont des questions auxquelles seuls des professionnels des deux côtés peuvent répondre pour votre propre contrat.
Les questions canadiennes sont bien réelles, parce que les règles canadiennes n'ont pas été rédigées en pensant aux contrats français. Un contrat français placé surtout en unités de compte, avec un faible capital-décès, peut ne pas se présenter aux règles canadiennes comme il se présentait aux règles françaises. S'il n'est pas traité ici comme exonéré, sa croissance annuelle pourrait devoir être déclarée au Canada selon le paragraphe 12.2(1), même si rien n'a été retiré. Cette seule possibilité justifie d'obtenir un avis avant votre première déclaration de revenus canadienne, et non après.
Trois gestes vous protègent en attendant cet avis. Gardez le contrat tel quel jusqu'à ce que les deux analyses soient écrites. Demandez à l'assureur français un relevé des primes versées, de leurs dates et de la valeur actuelle, parce que votre comptable canadien en aura besoin. Et notez la date à laquelle vous êtes devenu résident du Canada, puisque plusieurs règles canadiennes en dépendent.
Ne rachetez pas un contrat français pour souscrire une police canadienne la même semaine, dans le but de « simplifier ». L'impôt français sur le rachat, l'impôt canadien sur un éventuel gain, la perte de l'antériorité française et les coûts des premières années d'une nouvelle police canadienne peuvent tous arriver en même temps. Chaque décision mérite ses propres chiffres, établis par écrit, avant que l'une d'elles ne soit prise.
Une police canadienne peut-elle faire ce que faisait pour vous une assurance-vie française?
cinq produits, une seule décision
Les contrats permanents et temporaires
- L'assurance vie temporaire, à durée fixe et sans valeur de rachat
- L'assurance vie entière, permanente avec valeur garantie
- L'assurance vie entière avec participation
- L'assurance vie universelle, où le titulaire décide davantage
- La rente viagère, du capital échangé contre un revenu à vie
En partie, et autrement. Un contrat français était surtout un outil d'épargne et de transmission. Une police d'assurance vie entière avec participation, spécialement conçue et à valeur de rachat élevée, est d'abord une assurance: un capital-décès permanent assorti de valeurs garanties, une valeur de rachat sur laquelle vous pouvez obtenir une avance de l'assureur, et des participations qui ne sont jamais garanties. Ce n'est pas un placement, et elle ne devrait pas être achetée pour en remplacer un.
Une partie de ce que les épargnants français appréciaient se retrouve bien ici. La croissance à l'intérieur d'une police exonérée n'est pas imposée chaque année. La valeur de rachat est accessible de votre vivant, par une avance sur police, par un retrait ou par un rachat, chacun avec le résultat fiscal décrit plus haut. Et le capital-décès parvient au bénéficiaire désigné sous la forme d'un paiement unique, libre d'impôt.
D'autres éléments ne se retrouvent pas. Vous ne choisissez pas de supports. Vous ne voyez pas une valeur de marché chaque jour. Les premières années coûtent plus qu'elles ne rapportent. Et les participations d'un contrat avec participation dépendent du compte de participation de l'assureur et de la décision annuelle de son conseil, si bien que la colonne projetée d'une illustration est une hypothèse et non une promesse. Pourquoi une police reste une assurance et non un placement, même lorsqu'elle porte une importante valeur de rachat, est expliqué sur l'assurance vie n'est pas un placement. La façon dont les contrats avec participation partagent leurs résultats se trouve sur l'assurance vie avec participation.
La comparaison honnête ne met donc pas en face le contrat français et la police canadienne. Elle met en face le travail à faire. Si ce travail est de protéger une famille sur un long horizon, avec une valeur de rachat accessible, une police permanente canadienne peut convenir. Si ce travail est de disposer d'une enveloppe d'épargne souple que vous viderez peut-être dans cinq ans, la réponse canadienne se trouve habituellement ailleurs, dans les régimes enregistrés et l'épargne ordinaire.
Ce que cette page ne vous dira pas
Elle ne vous dira pas ce que votre propre contrat français doit à la France, ni comment le Canada le traitera. Les deux dépendent des clauses du contrat, de ses dates, de votre historique de résidence et de la convention fiscale, et demandent un professionnel qui exerce dans chacun des deux pays. Les chiffres français ci-dessus sont ceux du gouvernement français, lus le 16 octobre 2026, et la France peut les modifier dans n'importe quelle loi de finances.
Elle ne vous donnera pas non plus de chiffre fiscal canadien pour votre police. Le CBR, le produit et le montant déclaré viennent de votre assureur, et l'effet sur votre déclaration, de votre comptable. Rien ici n'est la projection d'un contrat, et les participations d'une police avec participation ne sont jamais garanties. Le portrait d'ensemble de la couverture permanente, telle qu'elle fonctionne ici, est réuni dans l'assurance vie entière au Canada.
À qui cela ne convient pas
Une police permanente canadienne ne convient pas à quiconque cherche le modèle français d'une enveloppe d'épargne: de l'argent dont vous pourriez avoir besoin d'ici quelques années, placé dans des supports que vous choisissez, avec un taux d'imposition qui baisse à mesure que vous attendez. Elle ne convient pas à un ménage qui ne peut pas continuer à payer la prime sur une longue durée, parce que les premières années sont les plus coûteuses et qu'une sortie hâtive peut rendre moins que ce qui a été versé.
Elle ne convient pas non plus à la personne qui vient d'arriver de France et qui est tentée de tout fermer pour tout recommencer d'un seul coup. Obtenez d'abord les deux analyses fiscales, par écrit. Puis décidez, un contrat à la fois, avec les chiffres sous les yeux et le temps de les comprendre.
Rencontre découverte de trente minutes
Une première conversation sert à établir si cela vous convient. Aucune illustration n'est préparée et rien n'est arrangé.
Il arrive souvent que la réponse soit non, et vous l'entendrez pendant l'appel plutôt que dans une proposition ensuite.
Ce formulaire est acheminé au Centre canadien de création de patrimoine inc. Toute rencontre, tout conseil et tout produit d'assurance sont fournis par le Centre canadien de création de patrimoine inc., par l'entremise de ses représentants autorisés dans la province de résidence du client. Financière CBI est le site éducatif de la société: elle ne distribue aucun produit ni service financier et ne donne aucun conseil individualisé.
Questions fréquentes
La règle des 8 ans de l'assurance-vie française s'applique-t-elle au Canada?
L'assurance-vie française est-elle le même produit que l'assurance vie au Québec?
Comment un retrait d'une police d'assurance vie est-il imposé au Canada?
Le capital-décès d'une police canadienne est-il imposé comme une assurance-vie française au décès?
Je suis arrivé au Canada et je détiens toujours un contrat d'assurance-vie français. Que faire?
Pourquoi une police canadienne met-elle des années à prendre de la valeur s'il n'y a pas de règle des 8 ans?
Sources
- Ministère de l'Économie (France), Quelle est la fiscalité de l'assurance-vie?, economie.gouv.fr, page écrite le 17 septembre 2026: rachats avant et après 8 ans, abattement de 4 600 et 9 200 euros, seuil de 150 000 euros, prélèvements sociaux de 17,2 % pour les contrats comportant une valeur de rachat, articles 990 I et 757 B, vérifié le 2026-10-16
- Loi de l'impôt sur le revenu, L.R.C. 1985, ch. 1 (5e suppl.), paragraphes 148(1), 148(4) et 148(9) (définitions de disposition, alinéa j), et de valeur de rachat), Justice Canada, à jour au 21 septembre 2026, dernière modification le 18 juin 2026, vérifié le 2026-10-16
- Loi de l'impôt sur le revenu, paragraphe 12.2(1), inclusion annuelle pour une police qui n'est pas exonérée, Justice Canada, à jour au 21 septembre 2026, vérifié le 2026-10-16
- Règlement de l'impôt sur le revenu, C.R.C., ch. 945, article 306, police exonérée, Justice Canada, à jour au 21 septembre 2026, dernière modification le 18 juin 2026, vérifié le 2026-10-16
- Agence de la consommation en matière financière du Canada, Assurance vie, canada.ca, page modifiée le 16 octobre 2025: le capital versé au décès est un paiement unique, libre d'impôt; les polices temporaires n'incluent pas de valeur de rachat, vérifié le 2026-10-16
- Autorité des marchés financiers, Comment utiliser une valeur de rachat sans mettre fin à son assurance: souvent, il n'y a pas de valeur de rachat pour les premières années, vérifié le 2026-10-16
Dernière révision: 2026-10-16. Par José Salloum, conseiller en sécurité financière au Québec. En Ontario, Life and Accident & Sickness Insurance Agent. En Colombie-Britannique, Life Insurance Agent.
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