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Désigner un bénéficiaire ou la succession: frais d'homologation, délais et créanciers, province par province

Un capital-décès versé à un bénéficiaire désigné ne fait pas partie de la succession; il échappe donc à l'homologation, et aux créanciers de la succession dans les provinces dont la loi le prévoit. Versé à la succession, le même argent rejoint les biens que le liquidateur doit administrer. En Ontario, en Colombie-Britannique et au Nouveau-Brunswick, cela peut augmenter l'impôt ou les frais d'homologation; le Québec n'en perçoit pas, mais exige la vérification de certains testaments.

Quand une personne désigne un bénéficiaire sur une police d'assurance vie, cela peut sembler une petite formalité. Une ligne sur un formulaire, un nom, un pourcentage. C'est pourtant l'une des rares décisions de la planification successorale dont l'effet est presque immédiat et presque entièrement mécanique. Un bénéficiaire désigné reçoit habituellement l'argent directement de l'assureur. La succession ne le reçoit que si la police la désigne, ou si aucune des personnes désignées n'est en vie pour le recevoir.

La différence se manifeste à trois endroits: ce que la province exige pour confirmer l'autorité de la succession, le temps que l'argent met à atteindre la famille, et les autres personnes qui peuvent le réclamer en premier. Chaque province répond à ces questions à sa façon, et les réponses sont écrites dans ses lois et sur ses pages gouvernementales.

Cette page présente la différence, province par province, pour les six provinces où ce cabinet place des affaires: le Québec, l'Ontario, l'Alberta, la Colombie-Britannique, le Manitoba et le Nouveau-Brunswick. C'est de l'information générale fournie par un professionnel de l'assurance titulaire d'un permis. Ce n'est pas un conseil juridique ou fiscal. Les frais et les taux sont cités tels que chaque province les publie, et les exemples utilisent des valeurs illustratives arrondies, présentées comme telles.

Commençons par ce que fait réellement une désignation de bénéficiaire.

Que change le fait de désigner un bénéficiaire?

Il place le capital-décès hors de la succession. En Ontario, le paragraphe 196(1) de la Loi sur les assurances prévoit que, lorsqu'un bénéficiaire est désigné, les sommes assurées ne font pas partie de la succession de l'assuré et échappent aux réclamations de ses créanciers. Au Québec, l'article 2455 du Code civil précise que la somme assurée payable à un bénéficiaire ne fait pas partie de la succession de l'assuré.

L'inverse est aussi écrit. L'article 2456 du Code civil prévoit que l'assurance payable à la succession, ou aux ayants cause, héritiers, liquidateurs ou autres représentants légaux d'une personne en vertu d'une stipulation employant ces expressions ou des expressions analogues, fait partie de la succession de cette personne. Une police qui désigne « ma succession » ou « mes héritiers » en termes généraux ramène donc l'argent dans la succession.

Tout le reste de cette page découle de cette seule différence. L'argent hors de la succession est versé par l'assureur à la personne désignée. L'argent dans la succession est versé au liquidateur ou au fiduciaire de la succession, qui l'administre avec tous les autres biens, paie ce que la succession doit et distribue le reste selon le testament ou selon la loi.

Une désignation se fait dans le contrat ou dans une déclaration écrite distincte. La Loi sur les assurances de l'Ontario permet à l'assuré de désigner un bénéficiaire dans le contrat ou par une déclaration, et une désignation peut figurer dans un testament. L'article 2446 du Code civil du Québec permet de faire la désignation dans la police ou dans un autre écrit, revêtu ou non de la forme testamentaire. La façon dont la forme d'une désignation peut changer ce qu'un créancier peut atteindre est expliquée sur la désignation et ce qu'un créancier peut atteindre.

Que disent réellement les désignations courantes?

Le libellé du formulaire décide où va l'argent; il vaut donc la peine de le lire comme le ferait un étranger. Quelques modèles reviennent sans cesse.

  • Une personne nommée. « Mon conjoint, [nom] », avec une part. C'est la désignation la plus claire. Elle fonctionne tant que cette personne est en vie au moment du décès et que le nom ne laisse aucun doute.
  • Une personne nommée et un bénéficiaire subrogé. La première personne reçoit l'argent; si elle est décédée avant, la seconde le reçoit. C'est le modèle qui garde le paiement hors de la succession dans le cas que la plupart des gens oublient.
  • Un groupe décrit par un lien de parenté. « Mes enfants à parts égales. » C'est utile, mais demandez à l'assureur comment il interprète ces mots si un enfant décède avant, si un enfant naît plus tard ou si un enfant est mineur. La réponse dépend du libellé et de la province.
  • « Ma succession », « mes héritiers » ou « mes représentants légaux ». Ces mots ramènent l'argent dans la succession, avec tout ce que décrit cette page.
  • Aucune désignation. Une police sans désignation valide est habituellement payable à la succession du titulaire.

Lisez la désignation que l'assureur a réellement au dossier, et non celle que vous vous souvenez d'avoir signée. Demandez-la par écrit. Si les mots du formulaire et vos intentions diffèrent, c'est le formulaire que l'assureur appliquera.

Combien coûte l'homologation dans chaque province?

Cela dépend de la province, et dans certaines, cela dépend beaucoup de la valeur de la succession. Le tableau résume ce que publie chaque province. « Homologation » désigne ici la confirmation, par le tribunal, du testament ou de l'autorité du représentant de la succession; le nom des documents varie d'une province à l'autre.

Province Ce qui est exigé Comment c'est calculé
Ontario Impôt sur l'administration des successions Aucun impôt si la succession vaut 50 000 $ ou moins; 15 $ par tranche de 1 000 $, ou fraction de 1 000 $, au-delà de 50 000 $
Colombie-Britannique Frais d'homologation selon la Probate Fee Act Aucuns frais jusqu'à 25 000 $; 6 $ par tranche de 1 000 $ de 25 000 $ à 50 000 $; 14 $ par tranche de 1 000 $ au-delà de 50 000 $
Alberta Frais de la Cour du Banc du Roi Un montant fixe de 35 $ à 525 $ selon la valeur nette des biens situés en Alberta; 525 $ au-delà de 250 000 $
Manitoba Aucuns Les frais d'homologation ont été supprimés à compter du 6 novembre 2020
Nouveau-Brunswick Impôt d'homologation 200 $ de base jusqu'à 20 000 $; 5 $ par tranche de 1 000 $ sur la partie de 20 000 $ à 100 000 $; 15 $ par tranche de 1 000 $ sur la partie qui dépasse 100 000 $, pour les demandes déposées à compter du 12 juin 2026
Québec Aucun impôt d'homologation Le testament olographe ou devant témoins doit être vérifié par un notaire ou par la Cour supérieure, moyennant des frais; le testament notarié n'a pas à l'être

Deux provinces de cette liste ont changé leurs règles récemment. Le Manitoba a supprimé ses frais d'homologation en novembre 2020. Le Nouveau-Brunswick a augmenté son impôt d'homologation pour les demandes déposées à compter du 12 juin 2026. Des règles comme celles-ci changent, et c'est la page de la province à la date du décès qui s'applique.

Que coûte la différence en Ontario?

quatre règles souvent confondues

L'impôt lorsqu'une prestation est versée au décès

  1. 01Le capital-décès au bénéficiaire désigné n'est pas imposé
  2. 02La prestation de décès du régime public est imposable
  3. 03Les prestations de l'employeur sont exonérées jusqu'à une limite
  4. 04Le Canada n'a pas d'impôt successoral
  5. 05La disposition réputée au décès peut être lourde
Aucun impôt successoral ne veut pas dire aucun impôt au décès, et la différence est la disposition réputée.

En Ontario, l'impôt sur l'administration des successions se calcule sur la valeur de la succession. La page de la province cite l'assurance payable à un bénéficiaire désigné comme exemple d'un bien qui passe hors de la succession; elle n'est donc pas comptée. Versée à la succession, la même assurance est comptée.

La province donne son propre exemple: une succession de 240 000 $ ne paie rien sur les premiers 50 000 $ et paie 15 $ par tranche de 1 000 $ sur les 190 000 $ restants, pour un total de 2 850 $.

Exemple illustratif. Supposons une succession ontarienne de 500 000 $ avant toute assurance vie, et une police dont le capital-décès est de 300 000 $. Ce sont des chiffres arrondis, choisis pour le calcul.

Où l'assurance est versée Valeur de la succession aux fins de l'impôt Impôt sur l'administration des successions
À un bénéficiaire désigné 500 000 $ 6 750 $
À la succession 800 000 $ 11 250 $

Dans cet exemple, désigner la succession plutôt qu'une personne ajoute 4 500 $ d'impôt: 15 $ pour chaque tranche de 1 000 $ des 300 000 $. Le calcul applique, dans les deux cas, 15 $ par tranche de 1 000 $ sur la valeur qui dépasse 50 000 $.

L'impôt n'est pas le seul coût. Tant que l'assurance se trouve dans la succession, elle attend le certificat de succession et l'administration par le fiduciaire de la succession. La page de l'Ontario explique que l'impôt est versé en dépôt au moment où la succession demande son certificat.

Que coûte la différence en Colombie-Britannique?

La Probate Fee Act de la Colombie-Britannique mesure la valeur de la succession d'après les biens qui passent au représentant successoral au décès. L'assurance versée à un bénéficiaire désigné passe directement à cette personne; elle ne fait donc pas partie de cette valeur. L'assurance versée à la succession passe au représentant successoral; elle en fait donc partie.

Exemple illustratif. Reprenons les mêmes chiffres arrondis: une succession de 500 000 $ avant l'assurance et un capital-décès de 300 000 $.

Où l'assurance est versée Valeur de la succession aux fins des frais Frais d'homologation
À un bénéficiaire désigné 500 000 $ 6 450 $
À la succession 800 000 $ 10 650 $

Les frais sont de 6 $ par tranche de 1 000 $ sur la partie de 25 000 $ à 50 000 $, soit 150 $, plus 14 $ par tranche de 1 000 $ sur la partie qui dépasse 50 000 $. Sur 500 000 $, cette seconde partie donne 6 300 $; sur 800 000 $, elle donne 10 500 $. Désigner la succession ajoute 4 200 $ dans cet exemple, soit 14 $ pour chaque tranche de 1 000 $ des 300 000 $.

Qu'est-ce qui change en Alberta, au Manitoba et au Nouveau-Brunswick?

Les frais comptent beaucoup moins dans deux de ces provinces, et davantage dans la troisième.

Alberta. Les frais de la Cour sont un montant fixe établi selon la valeur nette des biens situés en Alberta. Ils sont de 35 $ pour 10 000 $ ou moins et montent par paliers jusqu'à 525 $ au-delà de 250 000 $. Pour une succession qui vaut déjà plus de 250 000 $, ajouter l'assurance à la succession ne change rien aux frais. Les raisons de désigner un bénéficiaire en Alberta tiennent donc surtout à la rapidité et aux créanciers, plutôt qu'aux frais.

Manitoba. Il n'y a plus de frais d'homologation depuis le 6 novembre 2020. Comme en Alberta, les raisons de désigner un bénéficiaire tiennent aux délais et aux créanciers.

Nouveau-Brunswick. L'impôt d'homologation s'applique à raison de 15 $ par tranche de 1 000 $ sur la partie de la succession qui dépasse 100 000 $, pour les demandes déposées à compter du 12 juin 2026. Pour une succession qui dépasse déjà ce niveau, chaque tranche de 1 000 $ d'assurance versée à la succession ajoute environ 15 $ à ce taux. Sur 300 000 $ d'assurance, cela représente environ 4 500 $, un coût du même ordre qu'en Ontario.

Que se passe-t-il au Québec?

trois mécanismes, dont un fatal

Comment le patrimoine traverse une génération

  1. Ce qui passe hors succession par désignation
  2. La disposition réputée qui impose presque tout le reste
  3. Les liquidités dont dispose la succession pour payer l'impôt
  4. Vendre des actifs pour payer l'impôt est l'échec courant
L'impôt est prévisible. C'est la vente forcée qui l'acquitte qu'un plan cherche à éviter.

Le Québec ne perçoit pas d'impôt d'homologation comparable à ceux de l'Ontario ou de la Colombie-Britannique. Il prévoit plutôt la vérification du testament. Québec.ca explique que le testament olographe et le testament devant témoins doivent être vérifiés après le décès du testateur, par un notaire ou par la Cour supérieure, et que des frais s'appliquent à la demande. Le testament notarié est un acte authentique et n'a pas à être vérifié.

Au Québec, désigner la succession plutôt qu'un bénéficiaire n'augmente donc aucun impôt provincial. Cela change la destination de l'argent et le moment où il arrive. Selon l'article 2455 du Code civil, la somme assurée payable à un bénéficiaire ne fait pas partie de la succession. Versée à la succession, elle est administrée par le liquidateur avec tout le reste, après la vérification du testament lorsqu'elle est requise. La façon dont la vérification touche un capital-décès est décrite sur la vérification du testament et le capital-décès.

Deux règles québécoises méritent une attention particulière. L'article 2449 du Code civil rend irrévocable, à moins de stipulation contraire, la désignation de l'époux ou du conjoint uni civilement à titre de bénéficiaire lorsqu'elle est faite dans un écrit autre qu'un testament. Et les règles du patrimoine familial peuvent atteindre certaines valeurs du contrat lors d'une séparation ou d'un décès. Les deux sont présentées sur le patrimoine familial et la désignation de bénéficiaire.

Comment la désignation touche-t-elle les créanciers de la succession?

Elle décide s'ils sont payés à même l'assurance avant que votre famille n'en voie la couleur. Une succession paie ses dettes avant de distribuer quoi que ce soit. L'argent qui se trouve dans la succession est à la disposition de ces créanciers, comme tout autre bien. L'argent versé à un bénéficiaire désigné ne l'est pas, là où la loi le prévoit.

L'Ontario le dit directement: le paragraphe 196(1) de la Loi sur les assurances prévoit que les sommes assurées payables à un bénéficiaire désigné échappent aux réclamations des créanciers de l'assuré. Le Québec arrive à un résultat voisin en deux étapes. L'article 2455 garde la somme assurée hors de la succession. L'article 2457 rend insaisissables les droits conférés par le contrat lorsque le bénéficiaire désigné est l'époux ou le conjoint uni civilement, un descendant ou un ascendant du titulaire, tant que le bénéficiaire n'a pas touché la somme assurée.

Cette protection a des limites importantes. Elle protège l'argent contre les créanciers de la personne assurée, et non contre les propres créanciers du bénéficiaire une fois l'argent versé. Elle peut être écartée en cas d'insolvabilité lorsqu'une désignation a été modifiée pour frustrer des créanciers. Et elle dépend de la validité de la désignation au jour du décès. Le portrait complet, province par province, se trouve sur la désignation et ce qu'un créancier peut atteindre.

Comment la désignation touche-t-elle le temps que l'argent met à arriver?

Un bénéficiaire désigné présente habituellement sa réclamation directement. L'assureur demande la preuve du décès et son formulaire de réclamation, vérifie le bénéficiaire dans ses dossiers, puis paie. Le cheminement d'une réclamation chez un assureur est décrit sur comment une réclamation au décès est payée au Canada.

Lorsque la succession est bénéficiaire, l'assureur paie la personne autorisée à agir pour la succession. Cette personne doit parfois d'abord prouver son autorité. En Ontario, cela veut habituellement dire le certificat de succession, pour lequel l'impôt est versé en dépôt. Au Québec, cela peut vouloir dire un testament vérifié, lorsque le testament est olographe ou fait devant témoins. C'est seulement alors que l'argent est reçu, et il attend ensuite le reste de l'administration: l'inventaire, les dettes, les déclarations de revenus du défunt et de la succession, puis la distribution.

Pour une famille qui compte sur cet argent pour payer une hypothèque, garder une entreprise en marche ou couvrir ses dépenses des premiers mois, cette différence de délai peut compter davantage que n'importe quels frais.

Quand est-il sensé que la succession reçoive l'argent?

Cela arrive, et sur ce point le conseil de « toujours désigner une personne » est trop simple. Il existe de vraies raisons de verser l'argent à une succession, et elles méritent d'être dites clairement.

Une succession peut avoir d'importants impôts à payer au décès, par exemple sur la disposition réputée de biens dont la valeur a augmenté, avec peu de liquidités pour les payer. L'assurance versée à la succession donne au liquidateur ou au fiduciaire de la succession l'argent nécessaire pour régler ces dettes sans devoir vendre un chalet ou une entreprise à la hâte. Le compromis entre ces liquidités et les coûts décrits plus haut fait l'objet de une succession sans liquidités.

Un testament peut aussi créer une fiducie testamentaire qui reçoit l'argent pour un enfant mineur, une personne handicapée ou un bénéficiaire qui ne devrait pas recevoir une somme forfaitaire. Elle peut être créée au moyen du testament. La Loi sur les assurances de l'Ontario, à son paragraphe 193(1), permet aussi à l'assuré de nommer un fiduciaire pour un bénéficiaire dans le contrat ou par une déclaration; dans cette province, l'argent peut donc atteindre un fiduciaire sans passer par la succession. Le fonctionnement est expliqué sur capital-décès et fiducie testamentaire.

Ce sont des choix délibérés, faits avec un juriste et un comptable, où le coût supplémentaire achète quelque chose dont la famille a besoin. Le cas problématique est différent: une succession qui reçoit l'assurance par défaut, parce que le formulaire indiquait « succession », désignait une personne décédée avant ou n'a jamais été rempli.

Que se passe-t-il quand aucun bénéficiaire n'est en vie pour recevoir l'argent?

L'argent va habituellement à la succession. Si chaque bénéficiaire désigné est décédé avant la personne assurée et qu'aucun bénéficiaire subrogé n'a été désigné, il n'y a personne hors de la succession à qui payer. L'assureur paie alors la succession, et tout ce que cette page dit de l'homologation, des délais et des créanciers s'applique.

Voilà pourquoi un bénéficiaire subrogé compte. Désigner une seconde personne, qui reçoit l'argent seulement si la première est décédée, garde le paiement hors de la succession dans le cas que la plupart des gens oublient de prévoir. Le fonctionnement d'un bénéficiaire subrogé est présenté sur le bénéficiaire subrogé, et ce qui arrive lorsqu'un bénéficiaire est mineur ou introuvable est expliqué sur un bénéficiaire mineur, un bénéficiaire introuvable et la succession par défaut.

Comment trois successions différentes se comparent-elles?

la garantie, c'est le contrat lui-même

Ce qu'une avance fait au capital-décès

  1. 01Le solde impayé est déduit tant qu'il est en cours
  2. 02L'intérêt impayé se capitalise et le solde grossit
  3. 03La réduction suit le solde, non l'avance initiale
  4. 04Le capital-décès n'est pas fixe si le contrat est utilisé
  5. 05Le remboursement rétablit le montant versé au bénéficiaire
Ce n'est pas une pénalité. C'est la conséquence ordinaire d'une avance garantie par le contrat.

La bonne réponse dépend de ce que la succession possède et de ce qu'elle doit. Trois situations courantes montrent comment les mêmes règles mènent dans des directions différentes. Elles décrivent des successions, et non des personnes, et ce sont des modèles généraux plutôt que des recommandations.

Une succession qui a assez de liquidités pour payer ses dettes et ses impôts. Ici, l'assurance n'est pas nécessaire dans la succession. La verser à un bénéficiaire désigné la garde hors du calcul de l'homologation en Ontario, en Colombie-Britannique et au Nouveau-Brunswick, la tient à l'écart des créanciers de la succession là où la loi la protège, et lui permet d'atteindre la famille sans attendre l'administration. Dans la plupart des cas, c'est la situation où désigner une personne est le choix le plus clair.

Une succession qui a d'importants impôts au décès et peu de liquidités. Ici, la succession peut avoir besoin de l'argent. Si l'assurance est versée à une personne, la succession devra peut-être vendre des biens pour payer ses impôts, pendant que l'assurance se trouve entre les mains de quelqu'un qui n'a aucune obligation d'y contribuer. Verser l'assurance à la succession, ou désigner une personne qui est aussi la principale héritière et qui comprend le plan, peut régler la question. Le coût supplémentaire d'homologation, lorsqu'il existe, peut être le prix à payer pour ne pas vendre à la hâte un bien de famille.

Une succession dont les héritiers comprennent un mineur ou une personne qui ne devrait pas recevoir une somme forfaitaire. Ici, la question est de savoir comment l'argent sera détenu, et pas seulement où il sera versé. Une fiducie créée par testament, ou un fiduciaire nommé pour le bénéficiaire là où la province le permet, peut gérer l'argent pour cette personne. Le choix entre les deux tient au coût d'homologation, au délai et aux conditions de la fiducie, et il se fait avec un juriste.

Dans chaque cas, la première étape est la même: notez ce que la succession devra au décès, ce qu'elle aura en liquidités, et qui dépend de cet argent. La désignation découle de ces trois faits.

Qu'est-ce qui change quand une société est titulaire de la police?

La question du bénéficiaire ou de la succession ne se pose souvent pas de la même façon. Lorsqu'une société est titulaire d'une police sur la vie d'un actionnaire et se désigne elle-même comme bénéficiaire, le capital-décès est versé à la société, et non à la succession de l'actionnaire. Les frais d'homologation de la succession de l'actionnaire ne s'appliquent pas à ce paiement, puisqu'il n'entre jamais dans la succession.

Ce qui compte alors, c'est la façon dont l'argent sort de la société. Lorsqu'une société privée reçoit le produit d'une assurance vie par suite d'un décès, l'alinéa d) de la définition de compte de dividendes en capital, au paragraphe 89(1) de la Loi de l'impôt sur le revenu, ajoute la somme par laquelle ce produit dépasse le coût de base rajusté de la police immédiatement avant le décès. Ce compte peut permettre à la société de verser un dividende en capital à ses actionnaires, selon les règles expliquées sur le compte de dividendes en capital. Les actions de la société, elles, peuvent encore passer par la succession, avec leurs propres conséquences d'homologation.

La détention par une société comporte ses propres compromis, présentés sur la détention personnelle ou par la société du contrat. Le seul point à retenir ici est qu'une police détenue par une société change les questions successorales qui s'appliquent.

Comment modifier une désignation?

Habituellement au moyen du formulaire de l'assureur, signé par le titulaire de la police et envoyé à l'assureur. La modification prend effet selon le contrat et selon la loi provinciale; demandez donc à l'assureur de confirmer par écrit qu'il a inscrit la nouvelle désignation, et à quelle date.

Trois mises en garde s'appliquent. D'abord, une désignation peut aussi se faire dans un testament, en Ontario comme au Québec; un testament ultérieur peut donc interagir avec une désignation au dossier. Demandez à votre juriste de lire les deux ensemble. Ensuite, au Québec, la désignation de l'époux ou du conjoint uni civilement faite dans un écrit autre qu'un testament est irrévocable à moins de stipulation contraire, selon l'article 2449 du Code civil; le titulaire ne peut donc pas la changer seul. Enfin, une désignation modifiée à un moment où le titulaire est insolvable peut être contestée par les créanciers.

Gardez la confirmation de l'assureur au dossier de la police, et mettez à jour la page de résumé que votre famille lirait. Une modification qui n'existe que dans votre mémoire ne protège personne.

Le choix change-t-il l'impôt sur le revenu?

un compte théorique, pas un solde détenu

Le compte de dividendes en capital

  1. 01Un compte fiscal théorique d'une société privée canadienne
  2. 02Il inscrit les sommes reçues par la société sans impôt
  3. 03Un capital-décès moins le coût de base rajusté peut le créditer
  4. 04Un solde disponible peut être versé en dividendes en capital
  5. 05Le crédit dépend entièrement de la structure de propriété
Le compte inscrit un droit de distribuer, non de l'argent que la société détient.

Pas sur le capital-décès lui-même. Le capital-décès d'une police exonérée n'est pas un revenu imposable, qu'il soit versé à un bénéficiaire désigné ou à la succession. Le choix change l'impôt ou les frais d'homologation, les délais et les créanciers. Il ne change pas le fait que l'assurance elle-même soit imposée ou non.

Il peut changer qui supporte les autres impôts de la succession. L'argent versé à la succession peut servir à payer la déclaration finale du défunt. L'argent versé à un bénéficiaire désigné ne le peut pas, à moins que le bénéficiaire ne choisisse d'y contribuer. Lorsque la succession a d'importants impôts et que l'assurance devait servir à les payer, désigner une personne plutôt que la succession peut laisser la succession à court. La place du capital-décès à côté de la disposition réputée au décès est expliquée sur la disposition réputée au décès et où se situe le capital-décès.

Que faut-il vérifier dans vos propres polices?

Cinq vérifications, chacune simple, et chacune plus facile à faire maintenant qu'à démêler plus tard par votre famille.

  • Qui est désigné. Demandez par écrit à l'assureur quels bénéficiaires et quels bénéficiaires subrogés il a au dossier, et dans quelles proportions.
  • Si la succession est désignée. Cherchez les mots succession, héritiers, ayants cause, représentants légaux ou liquidateur. Chacun d'eux peut ramener l'argent dans la succession.
  • Si une personne désignée est décédée. Si c'est le cas, sa part peut tomber dans la succession, à moins qu'un bénéficiaire subrogé ne soit désigné.
  • Si un mineur est désigné. Un mineur ne peut pas simplement recevoir un capital-décès. Décidez avec un juriste de la façon dont l'argent devrait être détenu.
  • Si la désignation concorde avec votre testament. Un testament qui laisse tout d'un côté et une désignation qui pointe de l'autre peuvent surprendre tout le monde. Apportez les deux à votre juriste.

Refaites ces vérifications après chaque événement qui change une famille: un mariage ou une séparation, une naissance ou une adoption, un décès, un nouveau testament, la vente d'une entreprise ou un déménagement dans une autre province. Un déménagement compte plus qu'on ne le pense. Les frais, la protection contre les créanciers et les règles sur les désignations décrits dans cette page sont provinciaux; la province qui régit la succession et le contrat peut donc changer celles qui s'appliquent. Demandez à votre juriste si un déménagement exige une nouvelle désignation ou un nouveau testament.

Une désignation fait aussi partie d'un contrat d'assurance vie; les règles propres au contrat s'appliquent donc. Au Québec, la désignation de l'époux ou du conjoint uni civilement peut être irrévocable, ce qui veut dire que vous ne pouvez pas la changer seul. Renseignez-vous avant de supposer que vous le pouvez.

Qui devrait vous aider à décider?

Un juriste ou, au Québec, un notaire pour la succession et la désignation, un comptable pour les impôts au décès, et le professionnel titulaire d'un permis qui s'occupe de la police pour les formulaires et les dossiers de l'assureur. Chacun voit une partie différente de la même question.

Apportez-leur les mêmes papiers: les désignations de bénéficiaires telles que l'assureur les confirme, votre testament, une liste de vos principaux biens et de vos dettes avec des valeurs approximatives, et la province où vous habitez. Avec ces documents en main, ils pourront vous dire si verser l'argent à une personne désignée ou à la succession sert mieux votre famille, et ce que coûte chaque choix dans votre province selon les règles d'aujourd'hui. Le portrait plus large de la planification successorale se trouve dans la section planification successorale.

Ce que cette page ne vous dira pas

Elle ne vous dira pas qui désigner. Cela dépend de votre famille, de vos dettes, de vos impôts et de votre testament. Elle ne citera pas les frais des provinces autres que les six où ce cabinet place des affaires, et elle ne calculera pas l'impôt ou les frais exacts d'une vraie succession, qui dépendent de la façon dont chaque province évalue la succession et de la date du décès. Et elle ne vous dira pas que désigner un bénéficiaire l'emporte toujours. Parfois, la succession a besoin de l'argent.

Ce qu'elle vous dit, c'est que le choix a un prix dans certaines provinces, un délai dans toutes, et des conséquences pour les créanciers partout où la loi protège l'argent versé à un bénéficiaire. Le savoir suffit pour faire ce choix délibérément.

À qui cette page ne convient pas

Elle est moins utile à la personne dont la police désigne déjà des bénéficiaires vivants et des bénéficiaires subrogés, dont le testament concorde avec ces désignations, et dont le juriste a revu les deux récemment. Le travail est fait.

Elle ne remplace pas non plus un conseil pour une succession qui comprend une entreprise, des biens dans plusieurs provinces, une famille recomposée ou un bénéficiaire ayant des besoins particuliers. Ces successions exigent des choix que cette page ne peut pas peser, et elles méritent un juriste et un comptable qui connaissent le portrait complet.

Rencontre découverte de trente minutes

Une première conversation sert à établir si cela vous convient. Aucune illustration n'est préparée et rien n'est arrangé.

Il arrive souvent que la réponse soit non, et vous l'entendrez pendant l'appel plutôt que dans une proposition ensuite.

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Questions fréquentes

L'assurance vie versée à un bénéficiaire désigné fait-elle partie de la succession?

Non, dans les provinces dont la loi le dit en toutes lettres. En Ontario, le paragraphe 196(1) de la Loi sur les assurances précise que les sommes assurées payables à un bénéficiaire désigné ne font pas partie de la succession de l'assuré. Au Québec, l'article 2455 du Code civil prévoit que la somme assurée payable à un bénéficiaire ne fait pas partie de la succession de l'assuré. Les autres provinces ont des règles comparables dans leurs propres lois sur les assurances, qu'un juriste de la province confirme.

Paie-t-on des frais d'homologation sur une assurance vie en Ontario?

Pas sur l'assurance versée à un bénéficiaire désigné. La page de l'Ontario sur l'impôt sur l'administration des successions cite l'assurance payable à un bénéficiaire désigné parmi les biens qui passent hors de la succession. Si la police désigne la succession, ou si aucun bénéficiaire ne survit, l'argent s'ajoute à la valeur de la succession, et l'impôt est de 15 $ par tranche de 1 000 $, ou fraction de 1 000 $, au-delà de 50 000 $.

Y a-t-il des frais d'homologation au Québec?

Il n'y a pas au Québec d'impôt d'homologation comparable à celui de l'Ontario. Le Québec prévoit plutôt la vérification du testament: un testament olographe ou un testament devant témoins doit être vérifié par un notaire ou par la Cour supérieure après le décès, et des frais s'appliquent. Le testament notarié n'a pas à être vérifié. L'assurance vie versée à un bénéficiaire désigné ne fait pas partie de la succession, selon l'article 2455 du Code civil.

Les créanciers de la succession peuvent-ils prendre l'assurance vie?

Pas l'assurance versée à un bénéficiaire désigné en Ontario: le paragraphe 196(1) de la Loi sur les assurances la soustrait aux réclamations des créanciers de l'assuré. L'assurance versée à la succession est un bien de la succession comme les autres; elle sert donc à payer les dettes de la succession avant que les héritiers ne reçoivent quoi que ce soit. Au Québec, l'article 2457 du Code civil rend insaisissables les droits conférés par le contrat lorsque le bénéficiaire est l'époux, un descendant ou un ascendant, tant qu'il n'a pas touché la somme assurée.

Est-il parfois judicieux de désigner la succession comme bénéficiaire?

Parfois, lorsque la succession a besoin de l'argent. Une succession qui doit payer d'importants impôts au décès et qui a peu de liquidités peut avoir besoin d'argent comptant, et une assurance versée à la succession peut le lui fournir. Un testament peut aussi créer une fiducie testamentaire qui reçoit l'argent pour un enfant ou une personne vulnérable. Ce sont des choix délibérés, faits avec un juriste et un comptable. Désigner la succession par défaut, ou parce que personne n'a mis le formulaire à jour, n'en est pas un.

Désigner un bénéficiaire fait-il arriver l'argent plus vite?

Habituellement, oui. Un bénéficiaire désigné présente sa réclamation directement à l'assureur, avec la preuve du décès et le formulaire de réclamation. Lorsque la succession est bénéficiaire, l'assureur paie le liquidateur ou le fiduciaire de la succession, qui doit parfois d'abord prouver son autorité, par exemple au moyen d'un testament vérifié au Québec ou d'un certificat de succession en Ontario, puis qui administre l'argent avec le reste de la succession avant de le distribuer.

Sources

  • Ontario, Estate Administration Tax (impôt sur l'administration des successions). Aucun impôt si la succession vaut 50 000 $ ou moins; 15 $ par tranche de 1 000 $ au-delà de 50 000 $ (exemple: succession de 240 000 $, 2 850 $); l'assurance versée à un bénéficiaire désigné passe hors de la succession. Mise à jour le 24 juin 2026., vérifié le 2026-10-18
  • Ontario, Loi sur les assurances, L.R.O. 1990, chap. I.8, paragraphe 196(1) (les sommes assurées payables à un bénéficiaire désigné ne font pas partie de la succession de l'assuré et échappent aux réclamations de ses créanciers), paragraphes 190(1), 192(1) et 193(1). Lois-en-ligne de l'Ontario, lues le 18 octobre 2026., vérifié le 2026-10-18
  • Colombie-Britannique, Probate Fee Act, articles 1 et 2: aucuns frais jusqu'à 25 000 $; 6 $ par tranche de 1 000 $ de 25 000 $ à 50 000 $; 14 $ par tranche de 1 000 $ au-delà de 50 000 $; la valeur de la succession vise les biens qui passent au représentant successoral. À jour au 6 octobre 2026., vérifié le 2026-10-18
  • Alberta, Court fees: frais de la Cour du Banc du Roi pour l'octroi d'une homologation ou de lettres d'administration, de 35 $ à 525 $ selon la valeur nette des biens situés en Alberta. Publiée le 23 septembre 2026., vérifié le 2026-10-18
  • Manitoba: frais d'homologation supprimés à compter du 6 novembre 2020 par modification de The Law Fees and Probate Charge Act, aujourd'hui The Court Services Fees Act (Manitoba Law Library, 11 novembre 2020)., vérifié le 2026-10-18
  • Nouveau-Brunswick, Cour des successions: impôt d'homologation de 200 $ de base jusqu'à 20 000 $, de 5 $ par tranche de 1 000 $ sur la partie de 20 000 $ à 100 000 $ et de 15 $ par tranche de 1 000 $ sur la partie qui dépasse 100 000 $, pour les demandes déposées à compter du 12 juin 2026. Page modifiée le 10 août 2026., vérifié le 2026-10-18
  • Québec.ca, Vérification du testament: le testament olographe et le testament devant témoins doivent être vérifiés par un notaire ou par la Cour supérieure, moyennant des frais; le testament notarié n'a pas à l'être. Mise à jour le 15 avril 2026. Code civil du Québec, articles 2446, 2449, 2455, 2456 et 2457, LégisQuébec, lus le 18 octobre 2026., vérifié le 2026-10-18

Au sujet de l'auteur

José Salloum, conseiller en sécurité financière

José Salloum est conseiller en sécurité financière certifié par l'Autorité des marchés financiers au Québec, Life and Accident & Sickness Insurance Agent auprès de la Financial Services Regulatory Authority of Ontario, et Life Insurance Agent auprès de l'Insurance Council of British Columbia. Titulaire d'un permis depuis 2001.

Il pratique l'Infinite Banking depuis 2015 et a fondé en 2016 le Centre canadien de création de patrimoine Inc. De 2020 à 2024, il a été IBC (Infinite Banking Concepts™) Authorized Practitioner du Nelson Nash Institute, une certification privée et non un permis délivré par un organisme de réglementation.

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Dernière révision: 2026-10-18. Par José Salloum, conseiller en sécurité financière au Québec. En Ontario, Life and Accident & Sickness Insurance Agent. En Colombie-Britannique, Life Insurance Agent.

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